Bloomyk a écrit : Dans l'inconscient collectif, on entend les gens dire:" ah mais l'opéra, c'est la dame qui crie..." ou encore " c'est long un opéra et c'est ennuyant ..."c'est un peu ce qu'en pensait mon copain avant que je commence à l'emmener en voir... et maintenant il aime beaucoup ça ! Même si effectivement la barrière de la langue peut être un problème, le plus souvent les spectacles sont surtitrés (et même pour des opéras en français ça peut être appréciable, en fait ^^). Certes ça oblige à lire un peu en même temps que l'on écoute si on veut pouvoir bien suivre l'intrigue, mais ça n'empêche pas du tout les émotions de passer ! (et pour les franciliens : un cliché qu'on entend souvent, c'est "l'opéra c'est cher et pour les bourges". Donc oui, c'est clair que si on veut être super bien placés, ça coûte la peau du c... mais pas trop bien placé il y a des places à peine plus cher qu'un ticket de ciné, et si on voit moins bien la mise en scène la musique est la même ^^)
Bonjour à tous, je fais du chant lyrique depuis l'âge de 19 ans...j'en ai 60 aujourd'hui et je chante toujours avec autant de plaisir. C'est Papageno de la Flûte enchantée de Mozart qui m'a donné le déclic. Et je continue de chanter avec un immense plaisir. J'aime le répertoire comique et léger mais j'aime aussi chanter le répertoire plus sombre et sentimental comme certains airs de Verdi. Par exemple l'air de Philippe II "Ella giammai m'amo" ou l'air de la mort du marquis di Posa de Don Carlos. J'adore et j'adorerai toujours chanter et écouter certaines voix.
Bonjour Bloomyk,
Je me suis inscrit il y a peu sur ce site et ce matin en explorant les sujets sur le forum je suis tombé sur le tien. Alors oui il est pas récent mais oh surprise! je découvre un amateur lyrique. Alors non je ne pense pas que ce soit un truc de vieux. Maintenant, pour revenir à ton sujet de discussion, je me rappelle avoir découvert il y a plus de dix ans de cela un merveilleux reportage que j'ai aujourd'hui en DVD, qui vient des États-Unis et qui s'appelle "The Audition" et qui était organisé par le Metropolitan Opera de New York. Tous les ans, cette maison part à la recherche de jeunes talents lyriques dans toutes les écoles de musique des États-Unis. Et là, que des jeunes, de milieux simples et divers, il n'y a pas là de question de classe sociale ou de question d'âge. Lorsque j'assistais à des opéras à Paris, j'ai pu aussi observer quelque chose dans l'assistance. Il y avait là des gens qui avaient 50, 60, 70 ans, des gens importants, qui arrivaient avec tout leur statut social. Mais j'observais alors dans leur regard, leur attitude, l'enfant qu'ils ont été et qu'ils portent en eux. Et là, il y avait comme une forme de rajeunissement de leur être. Récemment, dans le petit village où je suis maintenant, il y avait eu un concert avec des chanteurs de l'Opéra de Bordeaux. Ils avaient quoi, une trentaine d'années? Donc effectivement, il y a une croyance populaire qui a la peau dure, opéra = élitiste, opéra = vieux. Mais si on regarde par exemple la culture italienne, bien sûr qu'il peut y avoir cette question d'âge et d'élitisme, c'est vrai, mais il n'y a pas que ça. Aujourd'hui, j'ai 52 ans, et depuis un an, j'ai commencé à prendre des cours de chant. Depuis longtemps, on me disait que j'avais une belle voix, mais aussi très souvent, je me suis entendu dire "arrête de chanter, c'est affreux", "arrête de chanter, il va pleuvoir", ou moqueries diverses. Donc, par manque de confiance, j'avais fini par ne plus chanter (en cadre privé j'entends). Mais aujourd'hui, franchement, je prends mon pied. Et le chant a en plus une vertu extraordinaire, une vertu thérapeutique, parce que peut-être en as-tu fais l'expérience, moi en tout cas je l'ai faite: chanter la première fois seul devant un groupe de personnes, c'est une expérience sur un plan psychique extraordinaire, parce que j'ai vraiment l'impression d'être nu; mes jambes tremblaient et je ne pouvait pas les contrôler. Je ne pouvais pas me cacher derrière un rôle comme dans une pièce de théâtre. C'est un merveilleux exercice d'apprentissage de confiance en soi, d'expression de soi. Et honnêtement, il y a une découverte de ce que je porte dans mon corps, que j'ai reçu, je n'ai aucun mérite, et un outil extraordinaire pour travailler aussi sur tous les blocages psychologiques de tensions, de notions de contrôle, de difficulté à lâcher prise. Il y a donc le bonheur de chanter et une plus grande liberté intérieure. Ça, c'est l'expérience que je fais. Et puis honnêtement, il y a des airs d'opéra qui m'ont bouleversé ou réjouit pour l'écriture musicale, mais je dirais aussi qu'à travers les épreuves que j'ai pu traverser ces dernières années, il y a des airs d'opéra que j'aurais même du mal à entendre tellement ils vont me remuer, parce qu'ils touchent à des situations humaines qui, lorsqu'elles sont vécues, peuvent remuer plus que profondément. Voilà ce que je peux te dire de mon témoignage.
J'adore la musique du XVIIIe siècle, et tout particulièrement de la musique vocale (opéras, oratorios, messes, cantates, etc.).
Citation de Bloomyk #191664
"L'opéra a osé tout aborder dans ses œuvres: Amour, colère, paix, religion, sexe, adultère, séduction, pauvreté, magie, maladie, mort, pacte, humour, vengeance, et même l'homosexualité (un Don Giovanni de Mozart a été transformé et actualisé en version gay, cherchez le baryton Duncan Rock qui a interprété le rôle)"
Je me souviens aussi d'une version gay de "Cosi fan tutte" à Berlin. Mais dans ce cas comme dans celui que tu cites, c'est le metteur en scène qui aborde aujourd'hui le thème de l'homosexualité en invertissant les rôles masculins et féminins, pas l'œuvre originale.
Cette nuit, sur Arte, je suis tombé sur une adaptation pas inintéressante d'Iphigénie en Aulide, puis en Tauride. Gluck étant mon compositeur préféré, j'ai vu beaucoup de versions de ses œuvres. Ici, Oreste et Pylade étaient présentés comme deux amis, mais il n'est pas interdit de les considérer comme amants. Le mythe même y invite, l'opéra autorise aisément cette interprétation (Oreste et Pylade, enchaînés l'un à l'autre, ne cessent d'alterner disputes et étreintes passionnées).
Mais l'ambiguïté sexuelle est surtout la marque de fabrique de l'opéra baroque, avec ses castrats, ses travestis et ses rebondissements improbables. En plus, de nos jours, les rôles de castrats sont souvent interprétés par des femmes, qui se retrouvent ainsi à chanter leur amour à d'autres femmes ; cela fait les délices de certaines de mes amies lesbiennes.
Citation de Tatras #557257
Je te souhaite beaucoup de joie dans ton apprentissage de l'art lyrique. Comptes-tu te produire sur scène ?