une de mes histoires à découvrir - Mascarade

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KaLee
07/08/2026 à 00:01 - 08/08/2026 à 01:31

Je vous laisse découvrir les premiers chapitres d'une de mes histoires courtes terminée (actuellement publiée en ligne sur Wattpad sous un autre de mes pseudo, elle fait 14 chapitres, plus un aparté). Et n'hésitez pas à laisser des commentaires. Qu'ils soient positifs ou négatifs, du moment qu'ils sont constructifs, ça permet de progresser !

Et si vous voulez lire la suite, il suffit de demander (ou d'aller sur wattpad si vous ne voulez pas attendre entre les publications).

Le titre: MASCARADE

Le pitch:

Une rencontre...un mensonge...un jeu de séduction...une situation complètement incontrôlable.

Qui fera tomber les masques dans cette mascarade?

Découvrez Alex, Vanessa et d'autres personnages qui évoluent au gré de leurs envies, de leurs désirs dans mes récits

Prêt?! Alors... je vous laisse continuer. Bonne lecture.


intro musicale: https://youtu.be/qk_yUP3ykGY?si=H4L4veESWHD01ciT

Chapitre 1- Une rencontre surprenante

Casquette bordeaux enfoncée sur la tête. Lunettes de soleil sur le nez. Jeans et blouson de cuir de coupe simple. Silhouette longiligne. Des mains aux doigts longs et fins qui compulsent les CD sur le présentoir. Hésitation : une main frotte la nuque, tandis que l'autre soulève un boîtier, le retourne pour que les yeux puissent identifier les titres des chansons. Le CD est remis à sa place. La tête se relève. Visage juvénile.

Elle n'a pas le temps de réfléchir à ce qu'elle va faire. Pour elle, c'est ce qui ressemble le plus à celui qu'elle a imaginé. Peut-être un peu efféminé, pas très large de carrure. Mais c'est ça...ou l'obèse quinquagénaire de l'autre côté du présentoir.

Il est seul, semble abordable et si...inoffensif.

Elle l'accoste brutalement, sans lui laisser le temps de réagir :

« J'ai besoin d'aide. Vous pouvez m'aider ? »

Un timide oui du bout des lèvres, un peu hésitant.

« Embrassez moi ! Tout de suite ! »

Même si elle ne voit pas ses yeux derrière les verres fumés, elle perçoit sa surprise, son interrogation. Alors, avant qu'il ne fuît, c'est elle qui se penche vers son visage, qui capture ses lèvres et, de ses mains, le retient.

Un baiser appuyé qui lui monte à la tête.

Quasiment aussitôt retentit à ses oreilles un appel : « Vanessa ! »

Elle se détache presque à contrecoeur des lèvres parfumées à la cerise, et murmure : « Mes parents. S'il vous plaît, faîtes comme si vous étiez mon petit ami ! » Un sourire qui se veut rassurant, mais reste suppliant.

De l'autre côté, une moue un peu ironique, alors que l'inconnu répond tout bas, penaud :« Cela va être difficile...je suis une fille », le blouson entrouvert dévoile des formes facilement identifiables sous le t-shirt bordeaux.

Une pâleur mortelle s'installe sur le visage de Vanessa. C'est sans espoir. Maintenant, ses parents allaient croire qu'elle était lesbienne, alors que tout ce qu'elle cherchait, c'était quelqu'un pour se faire passer pour son petit ami, juste un instant, juste une seconde.

Regard paternel insistant devant l'embrassé, presque fulgurant. Qui a osé leur voler leur petite fille ?

« Vanessa, nous ne pensions vraiment pas te croiser en ville, tu nous avais dit sortir avec ton petit ami aujourd'hui. Qui aurait cru que nous allions nous rencontrer ici? »

Certainement pas elle. Si elle ne les avait pas aperçus la première, elle n'aurait pas sauté au cou de la première personne qui se présentait.

Sa mère tendit la main pour saluer son« ami ».

La jeune femme, essayant d'user de son androgynie, pour abuser les parents de Vanessa, se présenta :« Alex » dans un souffle presque inaudible. Un prénom sans conséquence. Elle pourrait donner le change quelques minutes, mais sa voix trop douce la trahirait si elle parlait trop. Même son visage...Vanessa comprit que l'ombre de la visière avait estompé les traits fins et réguliers, l'arrondi du menton, les yeux pétillants aux cils si fins.

Vanessa présenta ses parents et leur suggéra d'aller prendre un verre quelque part. Elle les laissa partir devant pour choisir le bar, le temps d'une explication succincte à son otage involontaire.

Alex suspendit les explications, elles n'avaient pas le temps de grands discours.

-Ecoutez, s'ils croient qu'on sort ensemble et l'acceptent, ils arrêteront de jouer les entremetteurs comme vous me l'avez décrit. S'ils n'apprécient pas « notre couple », dites-leur que c'était une blague, un pari, ou ce que vous voulez, et retentez le coup avec un mec à la première occasion. Une jolie fille comme vous ne devrez pas avoir de problème...

-Vous acceptez toujours de m'aider ? Demanda Vanessa, surprise.

-Pourquoi pas ? De toute façon, je n'avais rien prévu pour l'après-midi...à part me faire kidnapper par une belle brune en cuir pour des cours de langue...mais elle a eu peur en vous voyant me sauter dessus! ironisa Alessandra.

Alors que la jeune femme la regardait interrogative, ne sachant comment prendre cette remarque, après quelques secondes, un sourire éclaira son visage.

-Merci, fit Vanessa en lui serrant affectueusement la main avant de rejoindre, rayonnante, ses parents qui venaient de s'installer à la terrasse d'un café.

Sous les assauts chaleureux du soleil, Alex dut rapidement retirer son blouson. Et, si les parents de la jeune femme furent surpris de découvrir son sexe véritable, ils n'en dévoilèrent rien et continuèrent de les interroger sur leur sortie.

Alex prit part à la conversation comme on l'attendait d'elle, calquant son comportement sur ce qu'elle apprenait de Vanessa et ses parents sur « leur relation » sans pour autant en révéler trop sur elle et sa véritable identité.

Quand les parents de Vanessa lui demandèrent pourquoi leur fille ne les avait présentés plus tôt, Alessandra leur expliqua que ses horaires étaient assez compliqués et que, généralement, elle restait sur S. quand elle était en congés.

A la question de sa profession, comme Vanessa n'avait encore rien "inventé", elle répondit naturellement « agent de gardiennage et de sécurité à S3Security ». Pour être crédible, un mensonge devait reposer sur un fond de vérité. Elle n'avait pas la carrure d'un videur, mais était capable de maîtriser un individu en moins de cinq secondes. Elle n'expliqua pas que son poste actuel consistait surtout à coordonner les équipes et à veiller au bon fonctionnement des missions qu'on confiait à l'agence, qu'elle n'était pas un simple agent comme elle voulait le faire croire. Elle ne dit pas, non plus, que ses premières missions étaient d'installer des systèmes d'alarme, mais que ses aptitudes d'analyse et d'adaptation lui avaient valu une rapide promotion, qu'au départ, elle avait rencontré les responsables de la compagnie en raison de ses compétences en électronique et informatique. Elle insista sur l'aspect musclé du métier pour voir jusqu'où les parents de Vanessa étaient prêts à aller pour accepter la « nouvelle compagne » de leur fille.

Elle était en train de leur raconter une anecdote sur la vie à l'agence quand son portable vibra. Le numéro de l'agence s'afficha avec un SMS pressant : « pb. RDV SEC ». Pas besoin de signaler l'urgence du message, si on osait l'appeler lors de son jour de repos. Mais en même temps, on l'avait embauché pour ça: gérer les urgences.

Alex s'excusa auprès de tous, récupéra son blouson et s'empressa de sortir de cette histoire.

Mais c'était sans compter sur l'entêtement de Vanessa : elle sentit la jeune femme la saisir par le bras. Elle se retourna, interrogative.

« Vraiment, merci pour tout... Mais j'aurai encore un dernier souhait : pour la galerie, vous pouvez m'embrasser à nouveau? » supplia doucement Vanessa à son oreille.

Avec un sourire moqueur, Alex accéda à sa requête. « D'accord. Mais, c'est bien parce que nous ne nous reverrons plus » , souffla-t-elle alors que sa main saisissait sa nuque, que sa bouche s'emparait de celle de la jeune femme. Du bout de la langue, elle l'effleura. De surprise, Vanessa entrouvrit les lèvres. Leurs souffles se mêlèrent, et une douce chaleur s'insinua dans sa gorge et se propagea dans son corps quand leurs langues se touchèrent. Alex se retira, et avec un regard narquois ajouta: « Vous devriez perdre cette mauvaise habitude que vous avez d'embrasser des inconnues, vous risqueriez d'avoir des surprises! ».

Elle tourna les talons sur cette réplique sans attendre une quelconque réaction des différents protagonistes de cette petite mascarade.

Vanessa poussa un soupir. Heureusement qu'elles ne se reverraient jamais.


Chapitre 2 - L'invitation

Ne jamais la revoir, cela aurait si facile. Retourner à sa petite vie toute simple. Oublier cette rencontre et cette sensation troublante quand leurs lèvres s'étaient touchées, quand leurs souffles s'étaient mêlés... Essayé d'oublier!

Mais ses parents en avaient décidé autrement : maintenant qu'ils avaient rencontré l' « amie » de leur fille, ils souhaitaient faire plus amples connaissances et les invitaient toutes deux à déjeuner samedi chez eux.

Vanessa aurait aimé refuser, mais elle ne pouvait utiliser l'excuse du travail, Alex ayant révélé que ses jours de repos tombaient ce week-end justement. La jeune femme sentit une migraine horrible s'installer.

Que faire ?

Si elle acceptait l'invitation et se présentait sans Alex, ses parents s'interrogeraient sur leur relation. Si ce jour-là, elle leur confiait qu'elles avaient rompu, elle se retrouverait à la case départ. Si elle refusait l'invitation tout simplement, elle vexerait ses parents, surtout si elle ne leur fournissait pas une explication qui tienne la route. La grand-mère d'Alex avait toujours le temps de décéder jusqu'à samedi, non?! Mais elle n'était pas une meurtrière, même pour rire, et elle s'en voudrait s'il arrivait vraiment quelque chose à la vieille dame - si elle ne gisait pas déjà dans une tombe. Elle n'était pas non plus bonne menteuse, elle se sentait déjà défaillir à la pensée de ce qu'elle avait fait. Si elle en rajoutait, elle s'embrouillerait et se planterait, c'était sûr. La meilleure solution consistait à recontacter la jeune femme et lui demander cet énième service.

Mais Alex accepterait-elle ?

Vanessa ne connaissait quasiment rien de la jeune femme: ni son adresse, ni son numéro de téléphone. Elle avait appris son nom quand elle s'était présentée à ses parents ; sa profession et ses horaires au cours de la conversation. C'est donc sur ce peu d'élément qu'elle fonda tous ses espoirs quand elle se présenta au siège de la société qui employait Alessandra, le lendemain matin à 9 heures moins le quart.

L'agence était naturellement fermée. Elle sonna, néanmoins, et ne fut pas surprise de voir qu'un agent en uniforme sombre s'approchait de la porte vitrée. Après que ce dernier lui eut signalé que le bâtiment n'ouvrait pas avant 9 heures, Vanessa lui raconta que, de passage dans la région, elle avait voulu rendre visite à une amie mais, ayant oublié son adresse à Paris, elle avait pensé la cueillir directement sur son lieu de travail. Voulait-il bien lui confirmer que son amie travaillait bien ici afin qu'elle lui laisse un message ?

L'homme la fit patienter le temps d'aller récupérer le renseignement. Il lui assura que c'était effectivement le cas, et lui annonça que Madame Souttone étant attendue pour une réunion sur place, elle ne devrait pas tarder à arriver, et qu'elles pourraient, donc, se voir si elle patientait un peu. Vanessa acquiesça à sa proposition : plus vite elle la verrait, plus vite l'affaire serait réglée.

Lorsque Alessandra arriva, elle ne sembla nullement surprise. Elle la fit entrer dans le bâtiment. Après avoir signé un registre et être passées sous les portiques de sécurité, elles gagnèrent un bureau. Vanessa fut stupéfaite d'y découvrir le nom de la jeune femme : « Je ne savais pas que les agents avaient des bureaux. ». Alex éluda la question.

Une fois enfermées dans la pièce, elle s'inquiéta du motif de cette visite impromptue.

Vanessa expliqua l'invitation à déjeuner et conclut :

-Si vous acceptiez contre une petite compensation financière...

Alex interrompit la discussion en levant la main :

-Je ne voudrais pas vous vexer, mais je crois, d'après ce que je sais, que je gagne beaucoup plus que vous. Et je n'attache pas vraiment d'importance à l'argent, du moins pas trop. Je ne suis pas intéressée par votre proposition. Vous vous êtes fourrée toute seule dans cette position, c'est à vous de vous en sortir. Vous devriez leur dire de vous laisser tranquille. En voulant leur faire plaisir, vous risquez de vous mettre dans des situations bien plus dangereuses qu'actuellement, vous pouvez me croire.

-Rien ne vous fera changer d'avis ! Insista Vanessa. Il s'agit juste d'un déjeuner. Cela ne vous intéresse même pas de savoir si mes parents ont vraiment cru à cette histoire ou s'ils n'attendent que ce repas pour démanteler toute cette mascarade.

-Vous avez trouvé le mot juste. Ce n'est qu'une mascarade, une histoire pour rire que vous devriez arrêter tant que vous le pouvez encore sans blesser personne. Vous vous rendez compte que vous êtes en train de jouer avec les sentiments de personnes qui vous sont proches. Cela ne vous fait rien ? demanda la jeune femme.

-Si. Je n'aime pas leur mentir, mais leur attitude est une gêne permanente. A chaque fois que je vais chez eux, c'est pour subir un interrogatoire en règle sur mes flirts ou les écouter raconter les tribulations des enfants de leurs voisins qui se sont mariés ou qui vivent en ménage, quand je ne dois pas subir les assauts à peine masqués d'un veuf, ou d'un divorcé, du fils d'un de leurs amis auxquels ils veulent me présenter. Je n'en peux plus... Je vous en prie, aidez-moi ! Je vous en supplie... Une dernière fois !

Son regard capta celui de la jeune femme. Etrangement, il lui sembla que le vert de ses yeux s'assombrissait. Ils changeaient de couleur. Elle essaya de se ressaisir.

-Vous n'avez jamais vécu ça ? Cette impression que tout le monde veut décider de votre vie à votre place...que vous ne maîtrisez plus rien...que...Oh, peut-être, êtes-vous avec quelqu'un ?... Je suis désolée, je n'aurais pas dû...excusez-moi...oubliez ce que je viens de vous dire...je trouverais une autre solution...je...

Alex aurait pu acquiescer à cette porte de sortie.

Cela aurait été si facile. Mais, elle n'avait que faire de la facilité, la vie n'était pas un long fleuve tranquille. Alors, elle se laissa porter par le courant... Elle lui répondit juste qu'elle n'avait pas de proches pour s'inquiéter de sa situation maritale, ou plutôt d'absence de vie maritale. Et puis, ce regard...Elle n'avait jamais croisé un regard aussi désespéré –si ce n'est dans le Cinquième élément de Luc Besson quand Leeloo demande de l'aide à Bruce Willis pour échapper à la police. Et comme lui, elle se laissa entraîner.

Elle avait déclaré forfait, non sans se défendre : « Si je vous aide, c'est parce que vos parents ont l'air très sympa et qu'une invitation à déjeuner ne se refuse pas » . Cet argument était peu convainquant lui souffla sa conscience, surtout au regard de toutes les invitations des femmes de ses collègues qu'elle avait refusées depuis son arrivée à l'agence. Alex ne dit pas qu'elle succombait à la curiosité : quelle fin aurait cette histoire ? Jusqu'où Vanessa serait-t-elle prête à aller avant de se résigner à dire la vérité ? Lever le voile sur les mystères, dévoiler les manœuvres frauduleuses, c'était une partie de son métier. Avait-elle un moyen de l'obliger, sans rompre sa promesse de l'aider, à révéler la vérité ?


chapitre 3 - Un déjeuner mouvementé

Sourire aux lèvres, un peu moqueur, Alex sortit du véhicule. Vanessa était passé la chercher à la sortie du boulot. Elle avait juste eu le temps de se changer avant de quitter les lieux. La journée allait être longue, pensa-t-elle en retenant avec peine un bâillement. Si encore elle n'avait pas promis de venir, elle serait déjà sous sa couette pour rattraper la nuit stressante qu'elle venait de passer : un concert qui avait failli finir en pugilat lors de la sortie des spectateurs. Elle avait du, avec une partie de son équipe, maintenir à distance les antagonistes, pendant que l'autre partie faisait sortir les artistes et surveillait le départ du public. Sa joue la brûlait encore du coup qu'elle n'avait pu éviter, malgré la glace qu'elle avait appliqué quelques heures plus tôt. C'était douloureux, mais heureusement pas trop visible. D'ailleurs, la conductrice ne lui avait rien dit à ce propos.

Vanessa avait fait le tour de la voiture et se dirigeait, maintenant, vers la maison. Alex la rattrapa et lui prit la main d'autorité. Elles finissaient juste de frapper que la porte s'ouvrait sur la mère de la jeune femme.

Elle s'écria en voyant le visage d'Alessandra :

-Mon dieu, qu'est-ce qui t'es arrivé ? Ça va ?

La jeune femme dissimula un sourire devant l'inquiétude de son hôte, et pour ne pas l'alarmer davantage, elle lança avec humour :

-Ce n'est rien ! J'ai juste eu envie de pimenter ma nuit, et j'ai voulu embrasser une voiture, mais elle n'était pas très consentante, malheureusement.

-Comment ?!! Son interlocutrice ne sembla pas avoir saisi la plaisanterie.

-La prochaine fois, j'embrasserais plutôt votre fille, ce sera moins risqué ! Ajouta-t-elle avec un clin d'oeil. Ne vous inquiétez pas, ce n'était qu'un léger accident ! Un peu de pommade, un bon massage, et ça sera passé dans deux-trois jours.

Margareth leur fit signe d'entrer, avant de leur demander si elles voulaient boire quelque chose. Les deux jeunes femmes déclinèrent l'invitation.

Maggie –pour les intimes- s'excusa, elle avait un plat dans le four, et si Vanessa faisait visiter la maison à son amie en attendant, ce serait une bonne idée, non ?

Cette dernière acquiesça alors que sa mère s'éclipsait dans la pièce du fond.

Alex relâcha la main qu'elle tenait encore et suivit sa pseudo compagne.

Alors qu'elles montaient à l'étage, Alex admira la structure de l'escalier et la vue contre plongeante qu'il lui offrait. Vanessa sembla ressentir le poids de son regard car elle se retourna vers elle, interrogative.

Sur le palier, la jeune femme ouvrit une première porte qui donnait sur une salle de bains aux teintes crème. La porte d'en face était celle de la chambre de leurs hôtes. Celle d'à côté était une ancienne chambre d'ami transformé en bureau. Puis, venait un dressing. Et, enfin, la dernière porte s'ouvrait sur la chambre de la jeune femme –son ancienne chambre.

Alessandra entra à sa suite, consulta d'un oeil rapide les titres des livres et les peintures accrochées aux murs, et se laissa tomber bruyamment sur le lit. Vanessa lui fit signe, en s'approchant, de faire moins de bruit.

Alex ne l'entendait pas vraiment ainsi. Un son quasi imperceptible avait alerté la jeune femme, on les observait. Tout à son rôle, elle saisit la jeune femme par la taille et la fit s'écrouler avec elle sur la literie qui gémit de plus belle sous le poids conjugué de leurs deux corps.

Vanessa se débattit, mais Alex avait pris le dessus, bloquant ses hanches entre ses genoux. Figée, Vanessa rougit lorsque la jeune femme repoussa du doigt une mèche qui avait glissé sur sa joue. Alors qu'Alex se penchait vers son visage, elle sentait son souffle caresser ses lèvres.

La porte ouverte étant cachée par le corps d'Alex, Vanessa n'avait rien remarqué, mais la vue qu'avait leur observateur ne devait être que trop explicite.

Alessandra se pencha un peu plus vers la jeune femme et lui murmura : « La couleur de tes yeux est vraiment trop bizarre », avant d'éclater de rire et de se redresser en la laissant sans voix.

Un froissement de tissu lui apprit le départ précipité du voyeur.

Elle aida une Vanessa écarlate à se relever et, d'un air insouciant et indifférent au malaise de la jeune femme, elle retourna sur le palier pour continuer la visite.

Si Vanessa ne voulait pas dévoiler volontairement la mascarade, Alex allait forcer les allusions et les gestes de façon à l'obliger à la repousser, ce qui ne manquerait pas d'alerter les parents de la jeune femme.

Vanessa, revenue de son trouble, rejoignit son « amie » dans la salle à manger en lui lançant un regard féroce. Heureusement, l'explication fut détournée par l'arrivée de son père.

Elles passèrent à table. Placées l'une en face de l'autre, Alex sentit que la situation allait encore l'inspirer.

Alors que Maggie les servait, Robert s'enquit de la fin de semaine de sa fille. Celle-ci lui répondit, enjouée, que sa patronne lui avait proposé de prolonger son contrat pour une durée indéterminée. La conversation s'orienta, ensuite, vers le temps, le jardin et les légumes.

Alex avait retiré sa chaussure et, à l'insu de tous, mit son plan à exécution. L'effet fut immédiat et explosif : elle se retrouva arrosée de sauce tomate. Ce n'était pas du tout -vraiment pas du tout- comme dans le film qu'elle avait vu l'autre jour avec une de ses amies.

Inquiète, Maggie demanda à Vanessa si elle allait bien. Alex avait retiré son pied de la jambe de la jeune femme et remis sa chaussure, avant même que Vanessa ne réussisse à retrouver sa voix pour s'excuser : elle s'était engouée.

D'une voix encore enrouée, elle siffla à sa complice : « Tu devrais nettoyer ton Tee-shirt. La tomate, ça tâche. Si tu veux, je dois avoir des rechanges en haut. ». Alex hésita, peut-être avait-elle été un peu loin sur ce coup là. Même si elle n'avait pas peur de grand chose, le coup d'œil insistant de la jeune femme n'était pas pour la rassurer. Malheureusement, la sauce tomate allait sécher et laisser une auréole, elle la sentait déjà imprégner son soutien-gorge. Elle n'avait pas vraiment le choix, elle accepta donc de la suivre au premier.

A peine la porte de la chambre refermée que Vanessa s'excitait : « ça ne va pas la tête ! Qu'est-ce qui vous prends ? J'ai failli avoir une attaque. » « J'ai vu ça », répondit placidement Alex, en cherchant du regard les rechanges promis. Vanessa les lui sortit en continuant sa diatribe : « Qu'est-ce que vous comptiez faire tout à l'heure ? Me mettre mal à l'aise ? Je vous ai demandé de m'aider, pas de... de... ». Elle en bégayait d'indignation.

Alex rétorqua sans s'offusquer :« Ohla ! Si on est censé sortir ensemble, ce n'est pas en se tenant gentiment par la main que cela paraîtra crédible. Il va falloir entrer dans l'arène, si vous voulez qu'ils y croient. Et faire semblant de réagir de façon favorable, et un peu plus pondéré, à mes gestes d' attention », ajouta-t-elle alors qu'elle commençait à soulever son T-shirt, dévoilant un ventre plat. Vanessa détourna brusquement les yeux. Sa pudeur était depuis longtemps resté dans un placard, elle avait l'habitude des vestiaires collectifs; aussi, elle retira le vêtement humide et se changea sans même s'éloigner dans la salle de bain que Vanessa lui avait désigné. Néanmoins, consciente du malaise qu'elle avait suscité chez la jeune femme, elle eut un sourire satisfait, avant de toussoter pour lui signaler qu'elle était prête.

Perdue dans ses pensées, Vanessa avait acquiescé mentalement: elle avait sans doute raison, s'il fallait en passer par-là, mais n'empêche, qu'est-ce qu'il lui avait pris de faire ce truc tout à l'heure ?

Alex se posait exactement la même question en nettoyant rapidement la tâche sur son Tee-shirt à l'eau froide. Le jeu risquait de devenir périlleux.

Une fois, les affaires mises à la machine, les deux jeunes femmes rejoignirent la table pour terminer le déjeuner. Et, quand Alex lui envoya un sourire, Vanessa y répondit aussitôt. Le dessert clôtura le repas. Après avoir débarrassée la table, Vanessa s'enquit auprès de sa mère si elle avait besoin d'aide. Roger leur dit qu'il allait faire une petite sieste et, devant les bâillements incontrôlables d'Alex, il lui conseilla de faire de même. Maggie approuva son mari. Alex assura que c'était un simple petit coup de barre, que cela allait passer. Vanessa proposa à la jeune femme d'aller dehors prendre un peu l'air, cela la réveillerait.


chapitre 4 - Echanges

Vanessa la conduisit dans le jardin où une balancelle leur tendait les bras. Sitôt installée, Alex sentit les mouvements de l'appareil l'engourdir.

D'abord, elle se sentit flottée, légère. Puis, les ombres entrèrent dans ses songes, en envahir l'espace. Son sommeil se fit agité.

Vanessa avait mis ses écouteurs et laissait le soleil dorer sa peau, profitant du calme de ce coin de campagne, loin des avertisseurs et des bruits de la circulation.

Quand Alessandra commença à marmonner, Vanessa baissa le volume de sa musique et elle l'entendit s'énerver. « Arrêtes! Pose-ça !...Non...Stop ! Arrêtes ! Ne fais pas ça ! ».

Elle retira ses écouteurs et se rapprocha de la jeune femme.

« Arrêtes ! ».

Elle se figea. Voyant qu'Alex était toujours plongé dans le sommeil, elle lui toucha légèrement l'épaule droite pour la réveiller.

Elle sentit qu'Alessandra baissait sa tête du côté opposé, puis, sans comprendre comment, elle fut saisi à la ceinture et Alex la tira vers elle.

Surprise, elle vit soudain la paume de la main de la jeune femme s'approcher de son menton. Violemment repoussée en arrière alors qu'Alex se relevait, elle se trouva déséquilibrée et commença à chuter.

Par réflexe, Vanessa attrapa le coude de sa partenaire. De la main droite, Alex recouvra et maintint cette main sur son bras, tout en la lui retournant le pouce vers le haut ; puis, son bras gauche amorça un arc de cercle par l'extérieur. Alors qu'elle se penchait légèrement en avançant d'un pas et en tournant le buste vers la droite, Alex imprima une torsion du poignet à son adversaire l'obligeant à mettre un genou à terre.

Soudain, elle tira une arme d'un holster à sa cheville, et la braqua sur Vanessa qui écarquilla les yeux et poussa un petit cri surprise par la rapidité et la fluidité des mouvements de la jeune femme.

Alex sembla soudain prendre conscience du lieu où elle se trouvait. Elle rengaina son arme après avoir remis le cran de sureté et vérifier qu'il n'y avait pas de balle chargée dans la chambre.

-Je croyais que les agents de sécurité n'étaient pas armés?!

-Je ne suis pas vraiment un agent de sécurité.

-Alors, qui êtes-vous ?

-Je crois que c'est une des premières choses que vous auriez du demander quand nous nous sommes rencontrées. Mais, vous ne l'avez pas fait...

-Je vous le demande aujourd'hui, insista Vanessa.

-Aujourd'hui, il est trop tard pour s'inquiéter de qui je suis. Vous devriez plutôt réfléchir à ce que je serais capable de faire s'il m'en prenait l'envie, avoua Alessandra en la fixant dans les yeux.

-Vous n'oseriez pas...tout leur révéler.

-Sur ce point, vous avez raison. Je tiens toujours mes promesses et je vous ai promis de ne rien dire, alors je ne dirai rien.

-Je n'ai donc pas à m'inquiéter.

-Vous devriez pourtant, souffla Alex en s'éloignant.

Vanessa la perdit de vue durant quelques minutes.

Elle commençait à se demander où la jolie brune avait filé quand elle entendit des rires dans la cuisine.

Alors qu'elle poussait la porte, elle découvrit Alessandra juchée sur un des tabourets de l'îlot central face à sa mère. Elles ne l'entendirent pas approcher. Elles étaient en pleine discussion, Maggie lui racontait comment, lors de son sixième anniversaire, alors qu'elle jouait à cache-cache, elle était resté enfermée quatre heures dans un placard car elle n'avait pas voulu dévoiler sa cachette et préférait gagner la partie par abandon des autres joueurs.

C'est Alex qui l'aperçut en premier. Avec un clin d'oeil, elle lui lança :

-Alors, comme ça, tu n'aimes pas perdre, tu es prête à tout pour gagner. C'est drôle ! Moi, je gagnes toujours...quelque soit le jeu.

-Alors il ne faudrait pas que vous jouiez ensemble, cela pourrait mal finir, rétorqua Maggie. En attendant, que diriez-vous d'une petite gâterie ? Des cookies, ça vous convient ?

Vanessa acquiesça par gourmandise, non sans entendre le murmure d'Alessandra « en attendant mieux... ».

Maggie sortit les ingrédients et proposa à Alex de lui faire partager sa recette. Des cookies moelleux à souhait, fondants.

Un plaisir pour les papilles, avoua cette dernière quand elle croqua dans la pâte encore chaude.

Alex prenait un malin plaisir à s'éclipser. Disparaître discrètement était un des atouts de son métier, et elle en usait régulièrement pour souffler un peu, déambuler dans la place. Cela rendait le jeu aussi beaucoup plus amusant, puisque alors Vanessa s'interrogeait sur ses disparitions. Où était-elle allée ? Qu'avait-elle fait ? A qui avait-elle parlé ?

Sa fuite l'avait conduite dans le jardin.

Elle entendit un drôle de bruit venant d'une sorte de grand cabanon et découvrit le père de Vanessa en train de tailler ce qui ressemblait à un pied de chaise. Quand il se rendit compte de sa présence, il posa son ciseau, arrêta le tour, et retira ses gants et lunettes de protection. L'odeur de bois flottait dans l'air.

Alex effleura de ses doigts l'objet: cela avait la douceur d'une peau de femme.

-Belle pièce, constata Alex devant la finesse du travail.

-Oui, disons que cela fait un moment que je m'exerce, répondit Robert.

-Vous êtes menuisier ?

-Non, je suis à la retraite.

-Ahh...

Il y eu un long silence. Puis, Robert repris la conversation :

-Et vous, vous faites quoi quand vous ne travaillez pas ?

-A part sortir avec votre fille, vous voulez dire ? répondit Alessandra avec un sourire. Et bien souvent, je caresse, je taquines, je fais vibrer les cor...des de ma guitare.

Le père de Vanessa éclata de rire. Un rire chaud et communicatif. Il avait apprécié son humour décalé.

-Vous pincez juste votre instrument, ou vous poussez aussi la chansonnette ?!

-Cela m'arrive d'accompagner de ma voix quelques accords effectivement, mais uniquement quand je suis en bonne compagnie.

-J'espère qu'un jour, nous aurons la possibilité de vous entendre, vous et votre guitare.

-Ce sera avec plaisir.

Il y eut un nouveau moment de silence.

Robert nettoya ses outils et les rangea dans leurs emplacements. Ensuite, il proposa à la jeune femme de lui montrer ses productions. Il y en avait des petites, comme des pièces d'échecs, mais aussi de grandes tel ce cheval à bascule sur lequel il travaillait depuis quelques jours. Il lui parla de sa passion pour le bois, de son ancien métier aussi.

Alors qu'ils s'étaient assis dans un coin de son atelier avec une bière qu'il avait été cherché dans un petit frigo dissimulé dans son atelier, il recentra la conversation sur sa fille et la jeune femme.

-Cela fait longtemps que vous êtes...ensemble ? demanda finalement le père de Vanessa après avoir tourné un moment autour de la question qui le tracassait.

-Non pas vraiment, avoua Alex.

-Comment vous êtes-vous connues ? Vous n'évoluez pas tout à fait dans les mêmes sphères.

-Oui, ce n'est rien de le dire. En fait, c'est la musique qui nous a rapprochées. Répondit-elle après une seconde d'hésitation.

-Ahh, vous vous êtes rencontrées lors d'un concert...

-Euh...oui, c'est ça.

Comme Alex ne connaissait pas vraiment les goûts musicaux de Vanessa, elle répondit succinctement.

Ils finirent leurs boissons, et Robert déposa les bouteilles dans un bac avant qu'Alessandra l'informe qu'elle allait rejoindre Vanessa.

Robert opina de la tête et la regarda s'éloigner vers la maison.


chapitre 5- Mener le jeu

Alex avait passé un bon moment.

Malgré tout ce que lui avait raconté Vanessa, sa famille semblait compter pour elle. Et la jeune femme se demandait vraiment si cette comédie était nécessaire. Pourtant Alex sentait comme une pression de l'air quand Vanessa et ses parents se trouvaient dans la même pièce. Et puis, c'était Vanessa qui avait organisé tout cela. C'était elle la responsable de toute cette mascarade.

Cependant, Alex savait que cette histoire allait mal se terminer. Dans un sens comme dans l'autre, il y aurait de la casse. Et elle, elle allait tout faire pour qu'il y en ait le moins possible. Le seul atout qu'elle possédait était le décor que Vanessa avait dressé pour sa comédie. Puisque la jeune femme avait voulu jouer, elle allait jouer, mais à sa manière et selon ses règles.

Alex afficha un grand sourire en descendant l'escalier de la véranda, pensant au plan machiavélique qui se mettait en place dans sa tête. Vanessa serait obligé de jouer le jeu ou de dévoiler ses cartes, et Alex avait toujours réussi à bluffer ses partenaires de poker, même quand elle n'avait rien dans ses mains. Elle allait prendre complètement le contrôle de la situation.

Il lui fallait établir une stratégie. Elle repensa aux enseignements de "L'art de la guerre" de Sun Tzu qu'elle avait relu récemment. Pour lui, la plus belle des victoires est celle qui se fait sans effusion de sang: l'art de la guerre, c'est soumettre l'ennemi sans combat. Qui excelle à la guerre dirige les mouvements de l'autre et ne se laisse pas dicter les siens. Ainsi, il faut faire vouloir à autrui tout ce que vous voulez qu'il fasse, et de lui fournir, sans qu'il s'en aperçoive, tous les moyens de vous seconder pour le duper et gagner la partie. Il faut agir avec rapidité, profiter de ce que l'autre n'est pas prêt, surgir à l'improviste. Tout le succès d'une opération résidait dans sa préparation.

Alors, d'abord la 1ère étape : afficher un total désintérêt. C'était en feignant l'indifférence qu'on avait le plus de chance de voir sa proie approchée. « c'est pour mieux te manger mon enfant. » Endormir sa méfiance, faire comme si cela ne l'intéressait pas. Mais pas du tout même. Et puis quand le poisson est bien ferré, retirer la ligne pour ne lui laisser aucune chance. C'est toujours les belles indifférentes qui intéressent les garçons -et les filles aussi, d'ailleurs. La chasse est d'autant plus passionnante quand le gibier ne veut pas se laisser prendre. C'était tout l'enjeu de la partie : arriverait-elle à remonter sa ligne sans perdre son appât ?

Puis, la 2ème étape : l'entourer d'une toile inextricable. Lui faire croire qu'elle est tout. En faire des tonnes, en rajouter des tartines de compliments, d'attentions. Mais toujours lui montrer que c'est son choix, qu'elle a une possibilité de faire marche arrière –même si, en réalité, il n'en est rien.

Et enfin, la Dernière étape : faire tomber le voile. Une fois le poisson ferré, il ne reste plus qu'à le remonter, frétillant, pour le passer à la casserole. Conclure cette histoire et passer à un autre poisson. Ou mieux, ne pas conclure et le laisser s'agiter, seul, au bout de la ligne.

Mmm...ce plan lui plaisait. Beaucoup même.

Allez, c'était le moment d'avancer ses pions. La partie ne faisait que commencer, mais elle comptait bien prendre la reine rapidement pour garder l'avantage.

Alex avait profité d'une accalmie pour tenter de comprendre un peu mieux cette hurluberlue qui l'avait entraîné ici. Elle feuilleta du regard les titres de la bibliothèque, ouvrit un ou deux tiroirs pour y découvrir des classeurs et des cahiers. Dans le placard, les piles s'alignaient : pulls, shorts, et. Un album bleu ciel avec un tournesol sur la couverture attira son attention.

Elle l'ouvrit, curieuse. Des photos en vrac s'échappèrent aussitôt du volume. Elle les ramassa et s'assit sur le lit pour les contempler : Vanessa sur une pente de ski reconnaissable à son sourire, Vanessa à douze ans en maillot de bain rose fushia, Vanessa à une boum, Vanessa allongée sur une plage.

La jeune femme entra. Alessandra releva la tête de sa découverte et, taquine, lança en montrant les photos, notamment celle en maillot de bain :

-Tu as pris un peu de forme depuis, non ?

Confuse et un peu gênée, la jeune femme voulut s'emparer des images, mais déjà Alex faisait un bond de côté pour s'écarter de la main tendue.

-Rends-moi ça ! Tu n'as pas le droit...

Alex continuait de feuilleter la pile : Vanessa et une jolie petite blonde avec une plage en arrière plan ; les mêmes avec des verres à la terrasse d'un café, vraisemblablement. Pas d'indication de date, ni de noms, mais les photos semblaient récentes car Vanessa avait la même coupe de cheveux, même s'ils étaient un peu plus longs.

-Oh, intéressant ! Plutôt mignonne ta copine !

-Rends les moi, j't'dis ! grinça Vanessa en ceinturant Alex.

Celle-ci se tortilla pour empêcher la jeune femme de se saisir des clichés. Une main posée en haut de son buste, l'autre battant l'air, Vanessa tentait vainement de récupérer les photos, sans se rendre compte de leur proximité.

Alors qu'elle se hissait sur la pointe des pieds, l'angle de son cou attira le regard d'Alex. Nicher son nez dans le creux si proche, humer son parfum, embrasser sa peau jusqu'à la faire rougir...les pensées d'Alessandra dérivaient dangereusement. Mais, pas de regret, ce serait pour une autre fois.

Vanessa continuait à s'agiter, la frôlant, la touchant, l'obligeant à reculer.

Quand ses jambes butèrent contre le bord du lit, elle se sentit partir en arrière sans pouvoir se retenir à autre chose que le bassin de son assaillante. Elles tombèrent toutes les deux sur le matelas.

Dans la chute, les clichés échappèrent des mains d'Alex et s'éparpillèrent sur le sol sans que cela n'ait plus vraiment d'importance pour Vanessa.

Le souffle coupé pour le combat et la chute, le visage a quelques centimètres de celui d'Alessandra, elle fixait ses lèvres, une vague de chaleur se répandait le long de son épiderme. Etrangement, elle avait soudain conscience de chaque zone de contact : leurs jambes emmêlées, ses seins comprimés contre sa poitrine, la main d' Alex sur ses hanches et sa propre main entre elles bloquée par leurs deux corps.

Quand Alessandra vint taquiner sa bouche de son souffle, Vanessa ferma les yeux pour savourer cet instant où elle allait accueillir à nouveau ses lèvres sur les siennes.

Mais, l'attente se prolongeant, elle releva ses paupières : Alex la scrutait, semblait l'étudier. Puis, La jeune femme se dégagea de dessous son corps, se redressa en rajustant son t-shirt dans son pantalon.

-Je ne suis pas...

Sa phrase resta en suspens.

-Vous n'êtes pas quoi? Qui êtes-vous exactement ? demanda Vanessa après quelques minutes de silence.

-Difficile à dire, avoua Alex. Si vous demandez à mes collègues, ils vous diront que je suis quelqu'un de responsable, sur qui on peut compter, qui sait tout, à qui on peut tout demander et en qui on peut avoir confiance. Si vous demandez à ma famille, ils vous diront que je n'ai pas de tête ou qu'elle est souvent ailleurs, que je ne sais pas faire grand chose, que je suis immature, à prendre la vie comme un jeu et jamais avec sérieux. Alors, à qui voulez-vous parler pour savoir qui je suis ?

-Et vous, vous me diriez quoi sur vous ?

-Je ferais comme tout le monde, je mentirais. Personne n'aime se dévoiler. On se cache derrière des apparences, des masques. On s'invente un personnage, quelqu'un d'intéressant au regard des autres...

-Mais... Il y a un mais, n'est-ce pas ?

-Mais je ne suis pas intéressante. Et je sais très bien mentir, lança Alessandra avant de tourner les talons et de sortir de la chambre.


chapitre 6 - La Toile se tisse

Après avoir collectées les informations, les avoir analysées, Alessandra commençait à se faire une idée assez précise de Vanessa : fille unique choyée par ses parents, étudiante studieuse mais qui aimait s'amuser et sortir. La raison de cette comédie lui échappait encore, malgré ce que Vanessa lui avait confié, la jeune femme ne comprenait toujours pas pourquoi elle était là. Elle était plutôt jolie, intelligente, alors pourquoi s'embêtait avec un faire-valoir ? Où étaient ses amoureux ou amoureuses ? En dépit de la remarque qu'elle lui avait sorti lors de leur première rencontre, pourquoi n'aurait-t-elle pas une amoureuse cachée comme cette jolie petite blonde de la photo? Il devait lui manquer une donnée. Mais qu'importait, Vanessa voulait qu'elle se fasse passer pour sa petite-amie, son contrat serait respecté.

Alex avait l'impression que cela devenait chaque fois plus facile. Il lui suffisait de faire un geste, de dire un mot pour sentir aussitôt le regard de Vanessa sur elle. La jeune femme avait remarqué que Maggie les couvait du regard quand elles étaient toutes les deux dans la même pièce.

Durant l'aprés-midi, Vanessa s'était absenté durant quelques minutes. Sa mère avait confié à Alex, qu'elle avait invité des voisines à déjeuner le lendemain, elle avait espéré que les deux jeunes femmes seraient encore avec eux, mais qu'apparemment cela ne faisait pas parti de leur projet. Alex lui répondit, conformément aux directives de Vanessa, qu'effectivement elles devraient reprendre la route en fin d'après-midi.

Mais, entre temps, elle avait encore la possibilité de s'amuser, se dit-elle intérieurement.

Et elle ne se gêna pas...

Dès que Vanessa fut revenue, elle lui sauta au cou. Quand la jeune femme se dégagea, avant qu'elle ne s'échappe, Alex passa sa main dans son dos en descendant le long de sa colonne vertébrale lentement jusqu'à atteindre le creux de ses reins, faisant rougir sa complice.

Quand elle passait prés d'elle dans les couloirs, en présence de ses parents, elle laissait négligemment ses doigts frôler sa main ou son bras, faisant courir un frisson sur sa peau. Quand Vanessa parlait, elle fixait sa bouche, ses lèvres. Un regard tendu, en attente. L'air devenait plus dense. Une tension qu'elle entretenait avec plaisir, pour lui montrer que ce que Vanessa pensait contrôler si facilement n'était en rien manipulable. On ne peut pas tout contrôler, surtout les gens...et elle, encore moins !

Vanessa ne semblait pas apprécier ses talents de comédienne. Pourtant, ses parents paraissaient vraiment avoir mordu à cette mascarade. Cela ne pouvait que signifier qu'elle remplissait son contrat, non ?

Néanmoins, Vanessa avait ce petit air constipé qu'elle avait appris à connaître au fil de cette journée. Cet air qui signifiait : Attends une seconde qu'on soit seules, j'ai deux mots à te dire. Alex n'aimait pas trop cet air là, même si elle se réjouissait intérieurement que son plan fonctionne aussi bien. Il suffirait peut-être de quelques heures supplémentaires pour qu'elle craque et révèle tout, Alex le sentait.

Alors qu'elle était confortablement installée dans le salon, elle entendit la jeune femme entrer dans la pièce et s'approcher d'elle dans un froissement de tissu. Alex s'attendait à une explosion, la tempête avait couvé tout l'aprés-midi, l'électricité entre elles ne pouvaient que faire des étincelles à un moment ou à un autre. Elles étaient seules, c'était le moment fatidique.

-Qu'est-ce que tu fais ? Demanda Vanessa en découvrant Alessandra.

-Rien. Je lis.

-Et tu lis quoi ?

-Un livre.

-D'accord. Mais qu'est-ce qu'il y a dedans ?

-Des mots.

-Ok ! De quoi parle-t-il ton livre ?

-D'abord, ce n'est pas mon livre, je l'ai trouvé. Et ensuite, un livre ça ne parle pas, cela raconte des histoires...

-Ahh....et quelle histoire te raconte-t-il ?

-C'est l'histoire d'une petite fille qui rencontre un loup et qui ne s'en rend compte qu'au moment où il va la manger...

-C'est une histoire pour les enfants, ça ?

-Pas seulement...murmura-t-elle avec un sourire carnassier, en regardant s'éloigner Vanessa.

Finalement, le calme du lieu et du moment avaient désamorcé l'orage.

Mais, ce n'était que partie remise, surtout avec ce qu'elle prévoyait pour la suite de la journée.

Mutine, Alessandra réfléchit à ce qu'elle allait faire. Pourquoi pas ? C'était une chose qu'elle n'avait jamais faite et elle aimait innover.

Quand l'après-midi sonna dix-neuf heures, Vanessa lui dit de récupérer ses affaires, elles allaient partir. Elle-même avait déjà installé son sac dans la voiture et embrassé ses parents. Alex les remercia pour cette journée très agréable et, éclairée par la lumière du porche, rejoignit le véhicule que Vanessa tentait, depuis quelques secondes, de démarrer.

Alex se retint de sourire quand la jeune femme jura en tournant en vain la clef de contact. Elle appuya sur le mécanisme d'ouverture du capot et sortit. Alex la suivit, bientôt rejointe par le père de Vanessa. La pénombre naissante empêchait de distinguer quoi que ce soit et la lampe torche que la mère de Vanessa avait été chercher n'était pas assez puissante pour éclairer le moteur.

Maggie conclut qu'il n'y avait pour l'instant rien à faire pour la voiture, ils y jetteraient un œil au matin quand il fera plus clair pour voir le problème. Elle les reconduisit à l'intérieur de la maison.

Ce petit incident allait modifier la donne. Comment Vanessa allait-elle réagir ? Si, jusqu'ici, elle s'était plutôt bien sortie des pièges que lui avaient tendus Alex, cette nuit allait être l'apothéose de la journée. Surtout si la suite se déroulait comme le projetait logiquement Alessandra.

Le dîner se passa dans une ambiance conviviale, même si Alex sentait Vanessa un peu tendue ; d'autant plus, qu'elle n'hésita pas à lui lancer des « chérie », « mon coeur »,« amour » à chaque échange de paroles. Ce qui semblait ravir les parents de la jeune femme.

C'est la mère de Vanessa qui aborda le problème du couchage, même si cela n'en était pas vraiment un. Elle prépara la literie dans la chambre de Vanessa, annonça d'emblée qu'elle ne voyait aucun souci à ce que sa fille et son amie couchent dans le même lit.

Vanessa expliqua qu'elle comprenait parfaitement que cela gêne ses parents, qui venaient d'apprendre que leur fille vivait avec une femme, et qu'elles pouvaient très bien passer une nuit séparées.

Son père approuva sa mère: aucun inconvénient pour lui à ce qu'elles vivent comme elles le faisaient d'habitude.

Une habitude toute nouvelle, pensa Alex qui ne comprenait pas vraiment le trouble qu'elle sentait chez Vanessa : coucher dans le même lit n'engageait à rien, ce n'était pas comme si elles couchaient ensemble malgré ce qu'imaginaient ses parents. Encore que...

A moins que Vanessa ne commence à s'enferrer sérieusement dans sa toile, songea Alessandra. Rien à redire, cela se passait exactement selon son plan. En tout cas, les deux premières étapes. Elle allait continuer à jouer les indifférentes en provoquant des situations ambiguës, et quand Vanessa craquerait enfin, elle laisserait filer la ligne ou la prendrait dans ses filets.

Dormir dans l'ancienne chambre de Vanessa, pas de souci pour elle, répondit Alex à l'interrogation de leurs hôtes.

-L'une de nous peut très bien dormir sur le canapé du salon, protesta Vanessa dans une dernière tentative.

Sa mère rétorqua : « Je comprends que vous préfériez rester ensemble... »

Comme Vanessa allait refuser, sa compagne lui fit un discret signe avant d'accepter la proposition de la chambre commune.

Quand elles furent seules, Alex tenta de faire comprendre la situation à sa "petite amie" :

-Tu as failli tout faire foirer. On est sensé être ensemble, donc n'hésites pas quand ta mère nous donne une seule chambre. Ce n'est pas la mer à boire de coucher dans la même pièce. Je vais dormir par terre, et toi, dans ton lit. Cela me rappellera le camping. Et, il n'y a pas besoin d'en faire tout un plat, O.K !

Vanessa acquiesça. Effectivement ce n'était pas si compliqué.

Si ce n'est que, n'ayant pas prévu de dormir sur place, elles se trouvèrent sans tenue de nuit. Vanessa s'en inquiéta et proposa de demander un pyjama à sa mère.

-Pas d'inquiétude...je dors nue ! Rétorqua malicieusement Alessandra avant de passer dans la salle de bain pour se laver les dents avec le matériel que leur avait apporté Margareth.

Vanessa alluma la lampe de chevet et retira ses vêtements ne gardant que son t-shirt et sa culotte avant de se glisser sous la couette. La porte de la salle de bain se réouvrit quelques minutes plus tard. Curieuse, la jeune femme tourna la tête vers la lumière: dormait-t-elle vraiment nue?!

Elle vit, en contre-jour, une silhouette longiligne s'avancer vers elle. Eblouie par la lumière, elle ne distingua d'abord que des formes floues. Quand la jeune femme se rapprocha, sa vision se stabilisa sur les ombres, sur ses jambes nues...

-Finalement, je vais garder mon t-shirt, il ne fait pas si chaud que cela, ici. annonça Alex en tirant sur le bas de son t-shirt, ce qui attira le regard de Vanessa plus haut vers ses cuisses et le shorty noir qu'elle portait, caché en partie par ses mains et le tissu.

Vanessa avait récupéré une couverture épaisse qu'elle avait posé au sol en guise de matelas et des coussins. Alex se glissa sous la seconde couverture.

Elles s'étaient installées, quand on frappa à la porte.

Elles se regardèrent quelques secondes, il n'y avait pas de verrou à la porte, et tandis que Vanessa criait : « deux secondes ! » Alex rejeta couvertures et coussins sous -et sur- le lit, et sauta aux côtés de sa "dulcinée".

La porte s'ouvrait au moment où elle se recoiffait. Signe que la mère de Vanessa perçut et interpréta comme les conséquences d'une interruption dans leurs ébats amoureux, surtout avec la literie en pagaille. « Désolé, je voulais juste savoir ce que vous mangeriez au petit-déjeuner. »

Vanessa répondit dans un souffle :« On verra demain matin, hein ! Bonne nuit ! »

Sa mère referma la porte.

Alessandra faillit éclater de rire en se prenant les pieds dans le drap et la couette pour ressortir du lit.

Dix minutes plus tard, elle était allongée sur le sol au chaud sous la couverture, et commençait à s'assoupir, quand des pas assez lourds grimpèrent l'escalier et s'arrêtèrent devant la porte de la chambre.

Elles avaient oubliées d'éteindre la lampe. Un rai de lumière devait certainement passer sous la porte. Indice que le curieux prit comme signe qu'elles ne dormaient pas encore. Alex réagit aussitôt en reprenant ses affaires et s'écroula sur le lit quand trois coups résonnèrent.

-Oui ? demanda Vanessa.

La porte fut entrebaîllée.

-Je voulais juste vous souhaiter une bonne nuit.

-Bonne nuit !, répondirent en chœur les deux jeunes filles à leur hôte.

La porte se referma et les pas s'éloignèrent.

Elles entendirent une autre porte se fermer.

Alessandra regarda sa colocataire :

-Y a-t-il des risques que quelqu'un essaie d'entrer à nouveau ?

-Mon père a tendance à se lever la nuit, pourquoi ?

Alex redressa l'oreiller, poussa un soupir, réajusta la couette et annonça :

-Je n'ai pas l'intention de jouer à cache-cache toute la nuit avec tes parents. Bonne nuit !

Elle se retourna et ne fit plus attention à Vanessa qui allait protester, mais qui laissa tomber devant le dos qui lui faisait face. Elle avait déjà dormi dans le même lit avec sa meilleure amie... ce sera la même chose et ce n'était que pour une nuit, se dit Vanessa.

Vanessa s'était collée au mur comme un lèche-vitre sur un aquarium. Aucune chance qu'elles se rencontrent au creux du lit. Elle avait peut-être peur que celui-ci soit trop petit pour les accueillir toutes les deux, malgré ses cent soixante centimètres de large. Alex sourit dans l'obscurité: elle qui avait l'habitude de bouger pendant son sommeil, elle aurait de la place. Et puis, elle ne risquait pas de pousser Vanessa hors du lit par inadvertance.

Par contre, ce qu'elle n'avait pas prévu, c'était la fraîcheur du matin sur ses jambes nues et le rayon de soleil qui lui faisait de l'œil à travers les volets. Pas plus qu'elle n'avait prévu de se retrouver avec un bras autour de sa taille –nue, elle aussi (le t-shirt qu'elle portait ayant eu la bonne idée de remonter pendant son sommeil). De même qu'elle n'avait pas prévu de se réveiller avec un souffle chaud sur sa nuque. Elle n'avait pas non plus prévu le bond en arrière que fit Vanessa quand elle se réveilla à son tour pour découvrir leurs positions, et le choc contre le mur de celle-ci qui fit résonner toute la chambre.

Elle n'avait pas prévu tout cela, mais c'était quelque chose qui, tout de même, arrangeait bien ses plans.

Surtout, quand Vanessa retomba, à moitié assommée, contre elle dans les draps encore tout enchevêtrés et que les parents de celle-ci entrèrent sans frapper, alertés par le bruit, pour les trouver l'une sur l'autre à moitié nues. Vanessa rougit aussitôt en essayant de se couvrir sans trop bouger son épaule meurtrie, et de retenir les larmes de douleur qui montaient à ses yeux.

Madame détourna le regard dans un petit cri en essayant de retenir son air choqué.

Monsieur bafouilla avant de pousser sa femme hors de la pièce et de refermer la porte en s'excusant pour l'interruption.

Et Alessandra, cachée par le drap qu'avait remonté Vanessa, faillit éclater de rire avant que tout le monde ne soit sorti.


Chapitre 7 - Triptyque attraction

Alex s'enquit de Vanessa qui n'avait pas bougé depuis le départ de ses parents.

-Ne me touches pas, répondit celle-ci en repoussant la main qu'Alex posait sur son bras. Ne m'approches pas ! Ajouta-t-elle en s'éloignant vers le pied du lit après s'être dégagée de la couette.

Alex ne comprenait plus rien. L'avait-elle vexée ? Alors que Vanessa s'était enfermé dans la salle de bain, elle essaya de trouver une raison à ce brusque changement d'attitude. Mais, refusant de perdre trop de temps et d'énergie sur cette énigme féminine, elle sortit du lit et enfila son pantalon pour descendre.

Dans la cuisine, elle retrouva Maggie qui préparait le petit-déjeuner. Devant le silence gênant qui régnait dans la pièce, elle s'excusa de les avoir réveillés. La mère de Vanessa répondit qu'ils étaient déjà réveillés depuis longtemps, qu'ils avaient juste été surpris par le bruit, mais qu'ils ne pensaient pas les déranger en plein...Alex la coupa en changeant de sujet : n'aurait-elle pas par hasard des rechanges à lui prêter, un t-shirt ou une chemise lui suffirait. La jeune femme apprit alors que lors de sa dernière venue, à peine un mois plus tôt, Vanessa avait laissé quelques affaires, mais malheureusement Maggie ne se souvenait pas d'y avoir vu une chemise ou un t-shirt.

Elle alla chercher la panière, et tendit à la jeune femme une robe légère. Vanessa pourrait toujours s'en vêtir pour repartir. Margareth en profita pour insister une nouvelle fois : pourquoi ne partiraient-t-elles pas plutôt après le déjeuner, elles seraient un peu plus reposées et , en plus, Sophie l'amie d'enfance de Vanessa serait présente avec sa mère. Cela ferait certainement plaisir à celles-ci de se retrouver, cela faisait quelques mois qu'elles ne s'étaient pas revues, alors qu'avant, à chaque fois que l'étudiante venait, elles disparaissaient ensemble pendant de longues heures. Comme elle insistait, Alex donna son accord : elles déjeuneraient ici, puis reprendraient la route si la voiture voulait bien redémarrer. Elle indiqua à Maggie qu'elle allait en parler à sa fille.

Après que Maggie lui ai trouvé une vieille chemise à son mari qui devrait être à sa taille, Alex entra dans la chambre. Elle donna la robe à Vanessa et, avant d'aller à la salle de bains, elle lui demanda si elle n'aurait pas des sous-vêtements à lui prêter.

Vanessa chercha dans ses tiroirs. Elle finit par trouver quelques éléments de lingerie.

-Tu rigoles. Je ne vais pas porter ça ! Dit Alex en prenant la culotte blanche en coton. Tu n'as rien de mieux à me proposer...un truc un peu moins euhhh...enfin un peu plus sexy ?!

-Je n'habites plus chez mes parents...donc ma lingerie sexy n'est pas livrée ici ! Répondit Vanessa. Je n'ai rien de plus à te proposer, donc c'est ça ou rien...

-Mmmm...

Vanessa comprit rapidement et en resta bouche bée : elle n'allait pas oser...déjeuner avec ses parents et leurs invités sans sous-vêtements !

La jeune femme posa les affaires sur son lit et elle s'enferma dans la salle de bains avant de ressortir quelques minutes plus tard, les cheveux humides. Enveloppé par un parfum fruité d'orange, elle passa devant Alex faisant voleter sa robe écarlate, la laissant faire son choix face au dilemme des sous-vêtements.

Après une bonne douche, Alex finissait d'enfiler la chemise que lui avait prêté Maggie, relevait le col et glissait les pans dans son pantalon quand la sonnette retentit. Elle entendit des éclats de voix, des embrassades joyeuses et des bruits de portes avant que le silence finisse par revenir. Elle prit son temps avant de descendre découvrir les invités de ses hôtes.

Installées dans la balancelle, Vanessa était en train de discuter avec Sophie, quand Alex fit son apparition. Habillée d'une chemise blanche à col large dont elle n'avait pas fermé le dernier bouton et de son pantalon noir, avec ses lunettes de soleil sur le nez, elle traversa le jardin pour les rejoindre.

En la voyant, Sophie se pencha vers Vanessa et lui souffla sans détacher ses yeux de la silhouette:

-Waouuu...! T'as décroché le pompom...c'est un vrai canon ta copine !!

A cette réflexion, Vanessa leva les yeux à son tour. Elle allait répliquer, mais effectivement, Alex était vraiment sexy dans cette tenue. Et sa démarche féline n'enlevait rien à cette impression de conquérante qu'elle dégageait.

Alessandra s'approcha rapidement. Vanessa fit les présentations:

-Sophie, une amie d'enfance. Alessandra, mon amie dont tu as déjà entendu parler par mes parents si j'ai bien tout compris.

Alex baissa ses lunettes et lui lança un bref coup d'oeil par-dessus la monture. Sophie fut fascinée par les prunelles vert émeraude qui la jaugeaient.

« Ainsi, donc voilà la jolie blonde de la photo », se dit Alex. En pensant à ça, elle eut un flash. Sa mémoire photographique lui jouait-t-elle un tour ou avait-t-elle vraiment vu ce qu'elle pensait sur le cliché ? Il fallait qu'elle en ait le cœur net. Elle s'excusa auprès des deux amies prétextant avoir oublié quelque chose à l'intérieur et repartit comme elle était apparue, ne laissant dans son sillage qu'une douce senteur de vanille.

Quand elle fut dans la chambre, Alex chercha, parmi les photos découvertes précédemment le cliché où on voyait la jeune femme en terrasse avec la blonde. Elle finit par tomber dessus. Oui, c'était bien ce qu'elle avait cru voir. Ce n'était pas flagrant car la prise de vue était axée plus vers les visages des deux jeunes femmes éclairés par un éclat de rire et leurs regards complices. Mais, c'était bien là : en bas du cliché, dans l'ombre de la table, leurs deux mains enlacées. Alex ne s'était pas trompé, il y avait – ou il y avait eu- quelque chose entre elles, et récemment selon tout vraisemblance. Maggie lui avait indiqué qu'avant Vanessa venait régulièrement leur rendre visite le week-end et que cela faisait un peu plus d'un mois qu'elle n'avait pas mis les pieds chez ses parents, prétextant des préparations d'examen et ensuite sa rencontre amoureuse -rencontre inventée de toute part par la jeune femme pour une raison encore inconnue. Sauf si l'hypothèse échafaudée par Alessandra se révélait exacte : Sophie était la clef de l'énigme, elle en était sure. Cela n'allait pas changer sa stratégie ; par contre, elle comptait bien changer de tactique pour arriver à ses fins.


(à suivre)

Commencer à faire des rencontres ?
avatar contributeur de Alyß
Alyß
07/08/2026 à 19:15

Oui elle est vraiment bien!

J'ai eu la chance de la lire intégralement sur wattpad. 14 chapitres qui se dévorent

C'est 1 super synopsis pour 1 court-metrage. 👏🧡

( j'espère recevoir 1 chèque 🙄😎)

avatar contributeur de KaLee
KaLee
11/08/2026 à 15:18

Citation de Alyß #556402

Pour ceux/celles qui ne connaissent pas Wattpad, c'est une plateforme de lecture/écriture, vous pouvez y accéder gratuitement ou avec un compte gratuit (pour pouvoir laisser des commentaires sur les histoires que vous avez lu et aussi créer votre bibliothèque) ou un compte payant pour accéder à des histoires payantes. La mienne est en accès gratuit: https://www.wattpad.com/story/266104421-mascarade .

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