Le victim-blaming

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Urukan
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Le victim-blaming (ou pourquoi j’ai grondé mon chat après lui avoir marché sur la queue)
source : https://dansmontiroir.wordpress.com/2016/09/22/le-victim-blaming-ou-pourquoi-je-gronde-mon-chat-apres-lui-avoir-marche-sur-la-queue/

Je trouve cette infographie intéressante et de circonstance sur un site comme Betolerant.





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C'est tellement présent ! Partout ! Je me souviens d'une agression au couteau que j'ai subie pour mon téléphone... En allant porter plainte, la flic n'a pas cherché à savoir "Mais en même temps, fallait pas emmener ton portable au lycée !". Mais oui, donc sans même que je te raconte les faits, c'est de ma faute :o

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On peut se dire que le monde serait plus beau si il n'y avait ni vol ni violence ni d'insécurité, ou on peut être conscient du monde dans lequel on vit.

Si vous marchez en équilibre sur un fil au dessus d'un précipice, personne n'aura l'idée de blâmer la gravité ou le précipice si vous y tombez. Eh bien là c'est pareil, en effet les gens qui volent/violent/sont nazis sont des méchants (oui je voulais direct avoir le point Godwin), c'est très bien d'en être conscient, mais c'est aussi très bien si tu comprends que, tiens, se balader avec le dernier IPhone, la nuit, dans une ville plus réputée pour son insécurité que pour ses chocolats, c'est pas l'idée du siècle, et qu'éviter cette situation ça tient plus du bon sens qu'autre chose.

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Oui, enfin quand je dis "sans même connaître les faits"... Pour le coup, c'était en allant au gymnase de mon lycée, en pleine matinée, sur une rue assez fréquentée (par les élèves et certains profs) avec le portable caché dans une poche intérieure. Alors oui, le danger existe, mais je trouve ça assez fou que l'on incrimine systématiquement la victime (surtout que souvent, les victimes sont prises pour des débiles, ce qui est encore plus agaçant...).

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Citation de Patroklos78 : Oui, enfin quand je dis "sans même connaître les faits"... Pour le coup, c'était en allant au gymnase de mon lycée, en pleine matinée, sur une rue assez fréquentée (par les élèves et certains profs) avec le portable caché dans une poche intérieure. Alors oui, le danger existe, mais je trouve ça assez fou que l'on incrimine systématiquement la victime (surtout que souvent, les victimes sont prises pour des débiles, ce qui est encore plus agaçant...).


Je suis d'accord, parfois c'est juste pas de chance. Mais parfois certains abusent quelque peu (cas de Kim K. par exemple).

Pour le viol c'est une autre affaire, difficile de savoir avec certitude si il y a eu consentement ou non, ou si sur le coup c'était oui parce que complètement torché(e) ou autre et qu'il y a des regrets. Je ne dis pas que dans beaucoup de situations il n'est pas clair et net que c'est un viol, je dis simplement qu'il est tout à fait possible de porter plainte pour viol pour "laver son honneur", ou simplement ne pas assumer le rapport en quelque sorte. Et que les faux témoignages existent (cf Outreau) et peuvent ruiner la vie des accusés qui sont finalement les victimes.

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Urukan
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Citation de Serval Si vous marchez en équilibre sur un fil au dessus d'un précipice, personne n'aura l'idée de blâmer la gravité ou le précipice si vous y tombez. Eh bien là c'est pareil.


Et bien non. La gravité n'est pas une entité responsable de ses actes comme tout un chacun peut être responsable de ses actes.

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Citation de Urukan : Citation de Serval Si vous marchez en équilibre sur un fil au dessus d'un précipice, personne n'aura l'idée de blâmer la gravité ou le précipice si vous y tombez. Eh bien là c'est pareil. Et bien non. La gravité n'est pas une entité responsable de ses actes comme tout un chacun peut être responsable de ses actes.


C'est bien là dessus que nous avons un désaccord. Tant qu'on a pas attrapé le coupable, il n'y a pas de responsable. Mr "X" contre qui on porte plainte, tant qu'il n'a pas de nom il est indifférenciable d'une force naturelle (ou sociale si on veut). Dans la plupart des cas il ne sera ni attrapé ni puni.

Donc comme je le disais, on peut soit s'en offusquer, taper des poings sur les murs, et se rouler par terre, assurer à la victime que c'est vraiment pas de chance, mais il n'en reste pas moins que la chance, ça se provoque, et la malchance aussi par corollaire.

Donc une fois le traumatisme passé on essaye quand même de se renseigner histoire de savoir si, tiens, y a pas un truc un peu imprudent que tu aurais fait et qu'il faudrait peut être éviter à l'avenir. Encore une fois je ne dis pas que c'est juste ou "normal", mais c'est simplement être conscient de la réalité qui nous entoure. s

Si tu marches droit devant toi sans jamais baisser les yeux, tu finis par marcher dans une merde de chien, ça n'est pas "bien fait", mais c'est dommage de ne pas l'avoir anticipé.

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Lindos
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Vous avez tous les deux raison…

Cela dépend de la capacité ou volonté de la société à résoudre le problème, je vais employer le mot «capacité» pour l’ensemble des deux. La bonne nouvelle est que cette «capacité» est variable et donc améliorable, mais la mauvaise c’est qu’elle atteint des limites.

L’exemple le plus typique est la jeune fille qui se fait violer parce qu’elle se ballade en jupe courtes. Il y a des sociétés comme la notre actuellement où la jeune fille est dans la cas général libre de se promener habillée comme elle veut, les sociétés très patriarcales (c’était le cas en France il y a un demi siècle) où les gens estiment que la jeune fille prend de risques, et même des sociétés répressives (la France n’est pas à l’abri de se rétrograder à cet état) où les gens ou tout au moins ceux qui détiennent le pouvoir estiment que c’est une punition méritée, voire en ajoute une autre à la victime. Exemple récent pour ce dernier cas, le groupe de marocains gays qui ont été surpris à se rencontrer et baisouiller ensemble par des habitants, ont dans un premier temps été brutalisés par la population et humiliés par la police, puis rapidement punis sévèrement par un juge, alors que les gens brutaux ont été moins puni et dans un second temps. Cet exemple est aussi intéressant parce qu’il y a quelques années les gays auraient été moins victimes à législation égale.

Cela dépend donc de l’évolution de la société, mais cela dépend aussi du comportement des gens.

Par exemple une tendance naturelle des gens est de prendre de plus en plus de risques au fur et à mesure que les médecins sont en capacité de les «réparer», et la société ou eux-mêmes à payer ces réparations. Ce qu’on appelle la prévention à pour objectif de rappeler que la résilience du corps et de la société a des limites, et qu’il est plus sage de limiter les prises de risques. Ce n’est pas choquant qu’un médecin sermonne un peu son patient si il a conscience de l’incapacité qu’il a de le soigner sans conséquence physique ou financière excessives, ou qu’un adulte référent donne des conseils de prudence à un jeune pour qu’il ne se fasse pas tirer son mobile si il a conscience de l’incapacité de la société à prévenir ce risque.

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très juste Lindos, comme prudence personnelle et prudence politique ne sont plus 'raccord" il y a une proportionnalité de chance pour que nous soyons, un jour ou l'autre, victime ou coupable ou les deux, d'une action nuisible...

ce phénomène est très bien analysé par Alain Supiot...dans ces cours au collège de France...

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Ancien membre
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Insupportable "victim-blaming" ou retournement de la causalité.
Lorsque j'étais écolier j'ai voulu aider une jeune fille qui était agressé et me suis retrouvé avec la moitié de l'école |j'exagère : tous les gros bras et autres terreurs de cours de récré]  décidée à me pourrir la vie à coup d'insultes, crachats, coups de pied etc.
Lorsque j'ai expliqué autour de moi que j'étais un chouïa contrarié et pas trop pressé  de sortir dehors ou d'arpenter certains trottoirs on m'a expliqué que "je n'avais qu'à pas les regarder ni leur répondre", càd avoir peur et la fermer, ce qui est un des pires conseils qu'on puisse recevoir bien sûr et qui n'a fait qu'empirer la situation : j'étais grand pour mon âge et typé premier de la classe avec des lunettes alors c'était un vrai bonheur pour eux  d'avoir un punching ball ambulant pour déverser leurs frustrations.
Dans la même catégorie "endurcis-toi/fais pas ta mauviette " marche moyen quand on a dix ans et qu'on est seul face à des petits groupes de plus âgés/plus musclés.
J'ai trouvé ma voie de sortie hors de tout ça en créant de nouvelles solidarités et de l'eau a coulé sous les ponts, mais je me suis bien promis de ne jamais faire partie des partisans de la peur et autres amis de la tête baissée; car pratiquer le déni de réalité c'est aussi une manière de baisser la tête devant la réalité.

Quand une agression ou un accident a eu lieu la première chose à faire, pour un adulte comme pour un petit enfant est d’accueillir et de consoler, de passer en mode compassion; ensuite d'établir un récit circonstancié des faits et à la fin seulement, et seulement si nécessaire de tirer une leçon ou de donner un avis. Or bien souvent les gens préfèrent commencer par donner leurs avis : mais quand on a le nez en sang ou autre urgence moins visible, l'"avis des gens" on s'en fout !
Il y aussi un problème de temporalité : la prudence c'est très bien avant la catastrophe; une fois que le pire est là la question n'est plus de l'éviter mais d'y faire face... Les grands discours révèlent alors leur nature creuse de paroles volatiles...
Je ne suis pas un grand fan de la série The Walking Dead mais j'adore les films de zombies pour ce qu'ils nous enseignent des mécanismes de survie en milieu hostile. il y a beaucoup à apprendre en regardant les différents comportements humains...

Je suis assez d'accord avec le dessin : faire son malin de la part de ceux qui pratiquent le victim-blaming est une manière de se protéger, de se croire supérieur au problème, mais aussi de se désolidariser de ce qui vient d'arriver, ce qui ajoute un effroyable sentiment de solitude chez Celle/celui qui parle ou subit.

Les dernières paroles d'un de mes récit préféré ( jim Grimsley, Les oiseaux de l'hiver) sont :

" Et tu sauras que les faits sont tes meilleurs amis".

Tous ceux qui ont eu à traverser une expérience de haute intensité dans leur vie sauront de quoi je parle.

Bonheur et joie à tous !

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Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

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Ton témoignage rappelle des faits douloureux, tels que celui du jeune Marin à Lyon qui était promis à un brillant avenir, et qui peine actuellement à sortir du coma pour avoir tenté de s'interposer lors de l'agression d'un couple. Là pas de blaming mais une immense compassion face à la gravité des faits.
Ce n'est pas le seul exemple de jeune qui par leur éducation n'ont pas hésité à s'interposer lors d'agressions, et en sont mort ou restés lourdement handicapés à vie, à la suite d'un coup de couteau dans le ventre, le cou tranché, ou la tête fracassé par un coup par derrière comme le petit Marin.

Lutter contre l'indiférence face aux agressions sans enseigner comment s'y prendre collectivement, c'est exposer des gens d'une grande compassion, lumineux, à de graves injustices. Voit-on des professionnels intervenir seuls et sans consignes ? Jamais, pourtant ils sont surentrainés. La vigilance collective ça s'organise, sinon on peut s'attendre au pire.


A propos de la temporalité c'est clair.
Mais là encore il peut exister des problèmes de compétence dans l'accompagnement. Ce n'est pas pour rien qu'on spécialise des psy, ce n'est pas facile pour le policier, le médecin, le pompier, etc, qui est concentré sur son métier complexe et entend ou voit des horreurs toute le journée, de tenir en plus le role d'un psy. C'est pourquoi ils sont astreints à des procédures, parfois ils suivent des formations,  qui visent à faire les choses au mieux. Mais au mieux n'est pas toujours la perfection, ce sont des humains comme nous, avec leurs compétences, fatigues, convictions, personnalité...

Personnellement je trouve que les choses se passent toujours bien mieux quand elles ont été pensées avant, apprises, expérimentées.

Et je trouve aussi que les choses se passent bien mieux quand on multiplie les filets de sécurité, à la fois du coté du risque (que ce soit d'agression, accident ou blaming,..), et du coté des victimes potentielles.

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Urukan
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bon sang...

Non ça ne dépend pas de la société dans laquelle on vit, non ce n'est pas une histoire de provoquer la malchance !

Nous avons tous le droit à être comme nous sommes, à nous habiller comme nous le voulons, que ce soit ici, dans des bourgades de cathos intégristes, dans des quartiers islamisés et même dans les régimes les plus totalitaires, les frontières ne comptent pas, nous sommes tous humains.

Quand une femme se promène en mini-jupe dans un endroit où c'est mal vu, se fait harceler, agresser par des salopards ce n'est pas elle qu'il faut blâmer, ce sont ces salopards qui sont responsables de leurs actes.
Elle, avait tout à fait le droit d'être en mini-jupe, partout ou ça la chante.
On ne va pas s'interdire de s'habiller comme on veut, d'être ce que l'on est pour des salopards, jamais.

Dire que je suis homosexuel ce n'est pas provoquer ma malchance, c'est mon droit.

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Bien sûr, tu as parfaitement le droit de te balader avec ton iPhone 7 et des billets qui dépassent des poches dans une banlieue défavorisée la nuit, seul. 

Il n'en reste pas moins que c'est complètement con et inconscient. Tes droits s'arrêtent aux moyens mis en place pour les protéger. Et si ils sont insuffisants c'est bien dommage mais c'est ce qu'on appelle la réalité. Et t'en offusquer ne changera rien. Et quand tu seras dans un caniveau, dans le meilleur des cas simplement avec quelques contusions, dans le pire des cas en train d'agoniser, ça te fera une belle jambe d'avoir choisi de "vivre selon tes droits" sans te soucier de ceux qui pourraient ne pas les respecter. 

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Citation de Serval : Bien sûr, tu as parfaitement le droit de te balader avec ton iPhone 7 et des billets qui dépassent des poches dans une banlieue défavorisée la nuit, seul.  Il n'en reste pas moins que c'est complètement con et inconscient. 


Non ce sont les autres les salopards qui n'ont pas à voler mon Iphone, on va pas inverser les rôles.

J'ai le droit d'ouvrir mon portefeuille sur un trottoir pour prendre ma carte de banque sans que quelqu'un vienne me le piquer.

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Tu as du mal à comprendre que certaines personnes sont tout à fait à l'aise avec le fait d'être des "salopards" et qu'au final le perdant de l'histoire c'est quand même celui qui se fait racketter son iPhone et pas celui qui l'a volé. 

Tu as l'air de considérer la vie comme un jeu dans lequel la triche est non seulement interdite mais aussi impossible et que les méchants seront punis. C'est tout à fait mignon de penser comme ça, moi aussi je l'ai fait pendant une période de ma vie, et puis un jour j'ai eu 7 ans et je me suis rendu compte que ça ne marchait pas tout à fait comme ça. 

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Que les salopards restent des salopards alors et qu'ils soient punis, ils sont responsables de leurs actes.

Une victime reste une victime.

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Ancien membre
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J'ai quantité de connaissances ou d'amis qui se sont fait racketter, voler, emmerder, sans compter les agressions sexistes quotidiennes à l'égard des femmes, homophobes à l'égard d'homos...

Combien y a-t'il eu de punis ? :)

0. 

Donc en attendant de vivre dans ce monde parfait qui n'existe que dans ta tête, il convient d'être conscient qu'user en toutes circonstances de toutes ses libertés n'est pas judicieux. C'est simplement légal. 

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Urukan
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Pour construire un monde parfait, il faut considérer les victimes pour ce qu'elles sont, des victimes.

Et punir les bourreaux car ils sont responsables de leurs actes.


Et pourquoi je fais un topic sur le victim-blaming si dans ma tête le monde est si parfait ?
loul, le trollage.

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Ancien membre
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Je te laisse le soin de constituer une milice destinée à punir les bourreaux dans le respect de la présomption d'innocence. 

Mais je vais stopper ici de te répondre puisque je vois que les arguments te manquent si tu en es à user de l'ad hominem.

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Urukan
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Oui troll, bye bye.

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