Japon : La désinformation anti-transgenre derrière l'apparent progrès

Publié le 22/07/2023 à 11:11 - Édité le 22/07/2023 à 11:15
Japon : La désinformation anti-transgenre derrière l'apparent progrès
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Le Japon, le pays du Soleil Levant, donne l'impression d'avancer vers la lumière en matière de droits LGBT+. Pourtant, il semble que cette impression soit trompeuse. Une victoire judiciaire récente et une nouvelle loi anti-discrimination ont suscité de l'espoir, mais l'ambiance générale reste tendue, notamment pour les personnes transgenres. Des discours alarmants, qui relient de manière erronée les femmes transgenres à des violences sexuelles dans les lieux publics, pullulent dans le pays. J-ALL , une organisation pro-LGBT+ japonaise, a tiré la sonnette d'alarme à ce sujet. Selon Minori Tokieda, femme transgenre, ces discours stigmatisants et faussés sont vécus comme une véritable blessure, une remise en cause de leur identité.


De nouvelles réglementations : entre avancées et mécontentements

Un débat n'est pas nouveau en Occident, mais il prend une ampleur particulière au Japon : celui de l'équilibre entre les droits des personnes transgenres et le maintien d'espaces réservés aux femmes, comme les toilettes publiques. Après de vifs échanges, une loi visant à favoriser la compréhension des personnes LGBT+ a été adoptée. Malheureusement, ce texte ne satisfait personne, jugé trop modéré pour certains, trop progressiste pour d'autres. Dans un pays où les bains publics sont très prisés, des rumeurs propagées laissent croire que des hommes pourraient désormais accéder aux zones réservées aux femmes.

"Si j'étais un pervers, je rôderais (ndlr: dans le vestiaire des femmes) en exhibant mon pénis – et je serais pardonné parce que je suis une «femme dans l'âme», c’est ça?"

Telle est l'interrogation d'un internaute japonais outré, exprimée sur Twitter.


Une situation complexe pour les personnes transgenres

Au Japon, la situation est paradoxale en ce qui concerne les droits des personnes LGBT+. Les agressions physiques sont rares, et aucune loi n'interdit à deux personnes de même sexe de vivre ensemble. Cependant, ni le mariage, ni l'union civile entre personnes de même sexe ne sont reconnus, contrairement aux autres pays du G7. De plus, pour les personnes transgenres, le processus de changement de sexe sur les documents officiels est particulièrement difficile. Elles doivent passer par un tribunal pour les affaires familiales, subir une chirurgie de réassignation sexuelle et prouver leur incapacité à procréer, ce qui implique généralement une stérilisation. En parallèle, des images présentant les femmes transgenres avec des traits physiques exagérément masculins sont diffusées en masse, créant l'idée qu'elles sont indistinguables des hommes, explique Aki Nomiya, spécialiste des études de genre à l'Université de Kanagawa et transgenre elle-même.

"Les opposants affirment que le fait d'autoriser les femmes transgenres (ndlr: dans les espaces réservés aux femmes) permettra aux hommes de se fondre plus facilement dans la masse, y compris ceux ayant des propensions criminelles", déclare-t-elle.

Une vision qui se retrouve d'ailleurs dans la récente loi anti-discrimination, qui est explicitement subordonnée à "la sécurité de tous les citoyens". La polémique continue de monter autour de la mise en place de "toilettes neutres" à Tokyo et de la décision d'une université pour femmes d'admettre des étudiants transgenres. Les détracteurs estiment que les femmes ne peuvent pas savoir qui, parmi les personnes admises à l'intérieur, a des intentions criminelles.

"Les violences sexuelles et le voyeurisme devraient être sanctionnés et réprimés, mais d’une certaine manière, ce sont les transgenres qui sont blâmés", s'indigne Minori Tokieda, déplorant l'ignorance qui se traduit par des messages haineux sur les réseaux sociaux.

Source : https://www.20min.ch/

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Carbonell Wilfried
Je suis le fondateur de cette communauté. Je suis amoureux de mon chat Joseph et j'adore l'odeur du Whisky. J'essaie de temps à autre d'écrire des petites chroniques afin de tenter d'égayer le monde LGBT.



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