Les perturbateurs endocriniens influencent-ils l'identité transgenre ?

Publié le 23/03/2024 à 07:46 - Édité le 23/03/2024 à 08:07
Les perturbateurs endocriniens influencent-ils l'identité transgenre ?
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Points clés à retenir :

  • Ségolène Royal soulève la question d'un lien possible entre les perturbateurs endocriniens et l'accroissement des jeunes s'identifiant comme personnes transgenres.
  • Ces propos sont soutenus par Olivier Vial qui constate une augmentation notable du nombre de jeunes transgenres.
  • Arnaud Alessandrin, sociologue du genre, conteste cette hypothèse, mettant en avant l'absence d’études prouvant une telle relation.
  • Une étude parue dans Diogenes met en lumière le manque de preuves scientifiques prouvant la causalité entre les perturbateurs endocriniens et l'identité de genre.
  • Alessandrin alerte également sur le potentiel pathologisant de ces discours, qui risquent de soutenir une vision stigmatisante de l'expression des genres non conventionnels.
  • Devant la controverse suscitée, Ségolène Royal précise que ses commentaires initiaux concernaient principalement l'impact des perturbateurs endocriniens sur l'âge de l'apparition de la puberté, et non sur l'identité de genre en soi.


Ségolène Royal et Olivier Vial : Un discours controversé

Récente source de débats, Ségolène Royal, dans une entrevue avec BFMTV, a soulevé la possibilité que les perturbateurs endocriniens jouent un rôle dans l'augmentation observée des jeunes s'identifiant comme transgenres. Tenant les rênes d'un laboratoire d'idées conservateur, Olivier Vial a mis en lumière un bond « de plus de 2000% » de jeunes transgenres au cours des dernières années.

Cette hypothèse a été rapidement contestée par Arnaud Alessandrin, sociologue du genre, qui n'a pas manqué de souligner l'absence d'études prouvant un lien entre le taux de perturbateurs endocriniens et le nombre croissant de jeunes trans. Selon lui, l'accroissement observé serait davantage le fruit d'une visibilité et d'une acceptation grandissantes.


Les perturbateurs endocriniens et le genre : mythes et réalités

Définis par l'Organisation mondiale de la santé comme des substances altérant le fonctionnement du système endocrinien de manière néfaste, les perturbateurs endocriniens font l'objet de nombreuses spéculations. Cependant, toute affirmation d'un lien de cause à effet entre ces substances et l'identité de genre doit être soigneusement examinée.

Dans une optique de clarification, un article paru cette année dans la revue Diogenes des Presses universitaires de Cambridge passe à la loupe l'hypothèse soulevée par Royal et Vial. Les résultats de ces recherches révèlent l'absence de preuves prouvant une telle causalité.

Les scientifiques soulignent que bon nombre d’études sur le sujet s'appuient sur des extrapolations de résultats obtenus avec des cobayes animaux, une méthodologie qui omet l’importance de la construction sociale de l’identité de genre dans l'espèce humaine.

Retournant au discours suggérant une problematisation de l'identité genre, Arnaud Alessandrin pointe le caractère pathologisant d'une telle perspective.

En effet, il est à craindre que l’idée d’une relation entre perturbateurs endocriniens et transidentité soutient tacitement la notion dépassée d'anormalité associée à l'expression de genres non conventionnels chez les jeunes.

Devant la polémique, Ségolène Royal a tenu à préciser sur les réseaux sociaux que ses commentaires initiaux étaient concernaient principalement la baisse de l'âge de l'apparition de la puberté, plutôt que le nombre croissant de jeunes se déclarant trans.

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Carbonell Wilfried
Je suis le fondateur de cette communauté. Je suis amoureux de mon chat Joseph et j'adore l'odeur du Whisky. J'essaie de temps à autre d'écrire des petites chroniques afin de tenter d'égayer le monde LGBT.



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Commentaires de la communauté

avatar de Vavavi
Vavavi
23/03/2024 à 14:45

Le transgenrisme est lié à des facteurs sociaux ou psychologiques plus qu'autre chose... C'est lié un problème de représentation des identités de genre et une vision archétypale de celles-ci... Par contre cela pourrait avoir une influence sur l'homosexualité, ce n'est pas à balayer d'un revers de main. Il y a toujours des homosexuels bien avant l'omniprésence des perturbateurs dans notre environnement. Le fait qu'il y ait plus de visibilisassions des homosexuels dans nos sociétés plus ouvertes explique beaucoup plus simplement cette impression de certains de voir plus d'homosexuels mais le facteur perturbateur endocrinien n'est pas à omettre et peut avoir une très légère influence...


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