François Hollande stagne contre le sida, les associations en colère

Publiée le 19/09/2016 à 14:33 - Mise à jour : 19/09/2016 à 14:35 - 735 vues

sida, François Hollande, Fonds mondial, AIDES, Aurélien Beaucamp

La France perd son rang de premier contributeur européen au Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

François Hollande l'avait déjà annoncé par un communiqué de presse à l'occasion du festival des Solidays en juin : la France maintient sa contribution envers le Fonds mondial* de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme à hauteur de 1,08 milliard d’euros pour la période 2017-2019, soit 360 millions d’euros par an.

Une annonce qui s'est retrouvée confirmée lors de la cinquième conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial, qui avait lieu ces 16 et 17 septembre à Montréal. Sous l'égide de Justin Trudeau, le premier ministre du Canada, l'ensemble des pays développés ont renouvelé leurs promesses de financement pour la lutte contre les trois maladies pandémiques pour les trois prochaines années. André Vallini, le secrétaire d'État chargé du Développement et de la Francophonie s'était rendu outre-Atlantique pour présenter les vœux de la France à cette occasion.

« La France doit passer à la vitesse supérieure »

Ce maintien en l'état de la contribution française n'est, hélas, pas une bonne nouvelle, selon la plupart des associations de lutte contre le sida. En effet, elle n'a pas été réévaluée depuis cinq ans, tandis que des pays comme l'Allemagne, le Canada et l'Italie ont annoncé des augmentations importantes (allant de 20% à 35%). L'Hexagone perd ainsi son rang de premier rang de plus gros donateur européen, supplanté par la Grande-Bretagne – le pays a augmenté sa contribution de 10%.

Dans un communiqué inter-associatif de la Coalition PLUS** le président de l'association AIDES, Aurélien Beaucamp (voir notre portrait réalisé l'année dernière), a estimé qu'« en refusant d'augmenter la contribution de la France, le président abandonne à la mort des milliers de malades du sida sans traitement. C'est pourtant dès maintenant que la France doit passer à la vitesse supérieure si l'on veut débarrasser la planète de la pandémie. » Il avait déjà déclaré en juillet 2016 à l'occasion d'une conférence mondiale à Durban (Afrique du Sud) – où la France avait été sifflée – que « le Président Hollande porte une lourde responsabilité dans la démobilisation de la France, qui a pourtant joué un rôle de leader pendant des années. »

Hakima Himmich, la présidente de Coalition PLUS, est, quant à elle, choquée : « Jusqu'en 2012, la France donnait l'exemple aux autres, mais sous la Présidence de François Hollande, elle refuse de participer à l'accélération de la riposte mondiale contre le sida. Il avait pourtant affirmé que la France voulait la fin de la pandémie et s'en donnerait tous les moyens. »

ACT-UP n'est pas en reste, et rappelle, dans un communiqué, qu'en 2010, le président en exercice Nicolas Sarkozy, malgré la crise financière, « avait annoncé une contribution en hausse de 20% de la contribution de la France au Fonds mondial. Ce qui a permis, entre 2011 et 2013, de sauver près de 370 000 malades du sida supplémentaires. »

#sérosolidaire, contre « l'épidémie d'indifférence »

Chaque jour dans le monde, 3300 personnes meurent du sida, ce dernier en infecte 5750 autres. Selon les Nations Unies, l'épidémie peut-être stoppée mais cela ne se fait pas sans volonté politique, ni financement adéquat : 6 milliards d'euros manquent au niveau mondial pour atteindre cet objectif.

Début septembre, une campagne de sensibilisation a été lancée par Coalition PLUS. Luttant contre « L'épidémie d'indifférence », elle interpelle François Hollande ainsi que l'ensemble de la classe politique sur les enjeux du maintien de la lutte contre le sida. Un hashtag, #sérosolidaire, a ainsi été créé pour l'occasion.

Aleksandr

* Créé en 2000,le Fonds Mondial sauve chaque année plus de deux millions de vies (22 millions au total estimés d'ici fin 2016). La stratégie du partenariat d'associations a atteint l'objectif de 140 à 180 millions d'infections évitées pour la période 2012/2016.

** La Coalition PLUS est un ensemble international d'associations de lutte contre le VIH/sida. Fondée en 2008 par Aides, ALCS, ARCAD SIDA et COCQ-Sida, elle a pour mission de faire reculer le sida à l'échelle de la planète, entre autres en replaçant les malades au cœur des dispositifs d'aide et de prévention, ainsi qu'en pesant auprès des grands financeurs internationaux. À ce jour, le regroupement compte 9 associations membres et 3 associations partenaires.

Crédit photo : François Hollande aux Solidays en 2014 - Détail - HuffPost/AFP 


Exprimer mon opinion
Pour partager son opinion il faut être obligatoirement inscrit.