L’Edito de Black : Le candidat impersonnel

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L’Edito de Black : Le candidat impersonnel

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Il est un candidat, temporairement réunionnais, qui dans les îles d’Outre-mer plie mais ne cède point. Un homme qui, de ses propres dires, est la seule image crédible de la droite aux élections présidentielles. Un homme issu d’une primaire, issu d’un parti, d’un mouvement, d’une idée.  Un homme tourmenté qui tempête et menace que, s’il devait renoncer, c’est la
stabilité même de nos institutions qui en serait menacée. Parlons-en.

Pourquoi François Fillon a-t-il été élu candidat par les électeurs de la droite et du centre ? Je n’évoquerai ni la proportion réelle d’électeurs français que cela représente, ni de l’âpre sujet du principe même des primaires. Je ne parlerai ni de ces fameux 4 millions de français, ni même des voiles au loin descendant vers Harfleur. Peut-être qu’un jour, sur sa tombe (politique), cet édito aura le goût de houx vert et de bruyère en fleur. Non, je ne parlerai pas non plus des véritables raisons de sa victoire aux primaires, mais bien de celles que le candidat évoque lui-même pour justifier sa persistance à demeurer candidat.

Selon lui, François Fillon n’a pas été désigné pour sa simple personne, âme désincarnée au service de la France (avec un grand F et en roulant les r, comme dans « frrrraude fiscale ») mais bien parce qu’il est le dépositaire humble et concerné d’un programme conçu pour sauver notre pays de l’ornière – ou dirait-il le gouffre – où le socialisme l’aurait plongé.
Un programme donc, et non pas un homme. Renoncer à sa candidature serait alors priver notre si grand pays de sa seule voie de salut. Que ne voilà donc point une preuve, s’il en fallait, de son abnégation ! Pour le programme, oublions l’homme. Pour la France, pardonnons-le ! (Amen ?)

Sauf que… à bien y réfléchir, si l’unique chose qui justifie le maintien de sa candidature est, comme il le prétend, ce si grand et si nécessaire programme, alors pourquoi ce projet aurait-il besoin de lui ? N’y a-t-il pas, comme il l’assure avec vigueur, un parti, un peuple, une force qui se tient debout derrière ses idées ? Des femmes et des hommes prêts à les défendre et à les mettre en œuvre contre les vents et marées issus de la tempête idéaliste de la gauche ? Puisqu’il doit être élu du simple fait de son programme, n’y a-t-il point, parmi ses proches, sa famille politique, un autre être capable de le porter jusqu’à la victoire ? Pour ne pas "confisquer" cet élection à la droite. Après tout, ce n’est pas François Fillon qui est candidat, c’est son projet.

…Non ?

Ou alors… ou alors sa victoire à la primaire de la droite neserait pas tant due à ses idées qu’à sa personne ? A lui, lui François Fillon, ce parangon de vertu, la probité incarnée, la droiture, l’honnêteté dans tout ce qu’elle représente ? Lui, le bon père de famille, le chrétien, ... le juste.

Oooh, que ça lui ferait mal d’admettre qu’il a été désigné non pas tant pour son projet que pour lui-même… voire contre les autres. Parce qu’à ce compte là… « Qui pourrait imaginer le général De Gaulle mis en examen ? ».

Impersonnel le candidat Fillon ? Vous croyez ?
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