"Vérité : Je n'ai jamais pu faire coïncider ce que je croyais être la vérité avec ce qui m'aidait à vivre."

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photo de l'auteur CrazyT
CrazyT
Homme de 26 ans
Ce sujet est un débat, échangez et partagez dans la bonne humeur

Cette citation de Jean Grenier m'a sauté aux yeux récement et depuis je repense à une histoire que j'ai racontée. A l'époque par plaisanterie du sujet, ensuite par êtonnement qu'une telle situation aie pu arriver... Mais maintenant que j'ai grandi, j'en tire un enseignement que j'ai envie de partager.

Il y à quelques années, un vendredi soir comme un autre à la capitale j'ai suivi deux amis dans un bar/boîte de nuit gay. Cette sortie c'était celle de Luc, 19 ans la veille et qui venait de nous réveler son homosexualité, et son désir de rencontrer ce monde de la nuit. Je n'étais pas un habitué, mais mon visage n'était pas inconnu de tous alors il à été facile d'entrer dans un endroit moins glauque que les boîtes pas chère avec backroom sales ou peu entretenues... Je m'en serais voulu que sa première immersion soit de ce côté là, même si je respecte ceux qui s'y plaisent.

Quelques verres plus tard, quelques plats à partager et plus de monde à l'interieur, Luc m'invita à venir deux semaine plus tard, il prévoyait un barbecue avec un peu de famille et d'amis pour faire son "vrai coming out" selon ses propres mots. Je n'avais jamais mis un pied chez lui mais je savais qu'il avait besoin de mon soutien alors j'ai accepté. Vers 22h il à suivi un gars qui semblait avoir sa confiance et est parti en me disant qu'il allait passer la nuit là bas, notre ami l'a suivi de loin pour veiller à sa sécurité malgré tout me laissant seul à mes pensées... J'avais encore envie d'un verre, et la nuit était encore jeune à mon goùt.

J'ai toujours fui les cercles de gros barbus fumeurs dans la rue devant le bar... Non pas que certains ne soient pas attirants mais le souci des cercles c'est qu'il est souvent dur d'y entrer, et une fois piégé au milieu il est pas si facile d'en sortir alors j'ai traîné sur la piste, mais je me suis souvenu que je ne sais pas danser, je me suis assis au bar et j'ai laissé la vie défiler... Vers 23h environ, le barman me tend un verre d'un cocktail que je ne connais pas, me dit que c'est un homme plus loin qui me l'a offert... Une première pour moi mais j'accepte, je souris à l'homme en question et l'observe... 45 ans environ, un jean banal et un tee-shirt jack daniel... Rien d'affolant à priori.

Je me retourne, bois mon verre et je sais qu'il me rejoint. Non pas que j'ai de super pouvoir, mais parce que j'ai choisi ce siège pour la petite glace derrière le bar qui me permet de voir derrière moi quand je commande ou bois. Il s'appelle Yvan, à 43 ans et m'a vu de loin...il n'a jamais payé un verre comme ça à qui que ce soit mais en me voyant il à eu envie de m'offrir son cocktail préféré. Je suis plutôt martini ou gin pour la base d'un cocktail mais je dois avouer que cet old fashioned n'était pas mauvais.

Après avoir longuement discuté et perdu la notion du temps je l'ai suivi chez lui, on à pris une douche et je l'ai suivi au lit. Il était passionné mais j'avais plus envie d'offrir que de recevoir alors nous avons joués longtemps, un peu fatigués mais pas épuisés il m'a proposé un dernier café avant de me rammener chez moi et on en à profité pour parler... et c'est là, assis à la table de sa cuisine que j'ai vu un cadre digital où défilais les moments phares de sa vie, posé sur le comptoir. Et une photo, prise un an et 2 jours plus tôt qui m'a sauté au visage comme une baffe peut surprendre. Comment le savais-je ? parce que cette photo je l'avais déjà vue, c'était Luc souriant avec un plâtre le jour de ses 18 ans.

Face à ma surprise soudaine il à tourné la tête, à vu la photo suivante qui était une photo de famille et s'est voulu rassurant... M'expliquant qu'il s'est découvert récement qu'il à quitté sa femme après lui avoir expliqué ses ressentis mais qu'il n'en avais jamais parlé à son fils...

Et c'est là en général que j'arrête mon récit alors que la suite est le plus important. Je n'ai jamais dit à cet homme que je connaissais Luc...et je n'ai jamais dit à Luc que je connaissais son père. Je ne suis jamais allé mangé à ce fameux barbecue et n'ai jamais su si il avais fait son coming out malgé mon absence... Parce que j'avais peur d'entrer dans un drame famillial, par peur de blesser un ami, de perdre un amant... J'ai fait ce qu'il y à de pire, je me suis effacé. Alors maintenant je raconte, je dénonce et je prône le dialogue...

La leçon que j'en ai tiré c'est que la vie n'est pas facile, la vie n'est pas droite, ni "toute tracée"... et personne ne devrait avoir peur du jugement d'autrui. J'aimerais vous dire que Luc et Yvan se sont parlés, qu'ils ont ris de nos mésaventures ou que chacun à accepté l'homosexualité de l'autre... Mais la vie à décidé qu'Yvan mourrait 3 ans plus tard, et que c'est vers moi que Luc tournerais sa rage de n'avoir pas su parler à son père.

J'ai reçu la colère, les larmes, et les coups, je les ai canalysés et je lui ai raconté ce que je vous dit là. A ce jour je ne fais plus parti de sa vie, j'ai déménagé et n'ai plus aucun contacts avec lui... Mais je ne peux m'empêcher de me dire que quelques mots ce soir là, le courage d'aller à un barbecue et d'être l'ami qu'il méritait auraient pû changer leurs vies.

Alors j'écris, ou je raconte oralement cette nuit, pour que les gens sachent qu'une parole qui n'est pas dite c'est une émotion qui se cache, c'est une douleur sourde qui viendra vous frapper plus tard... Oui, parfois ça fait peur de parler de ce qu'on ressent ou de s'affirmer...mais c'est pas quand il est trop tard qu'il faut avoir des regrets.

Si certaines personnes ont lus jusqu'ici merci, et si certaines personnes en tirent du courage, ou qu'elle peuvent se servir de cette histoire pour aider quelqu'un à leur tour...Merci beaucoup.


Date de publication : 15/05/2019 à 22:38
#299537
photo de l'auteur Lindos
Lindos
Homme de 37 ans
- modifié par Lindos le 16/05/2019 - 14:13:24

Ton histoire me rappelle le film "Ce que le jour doit à la nuit", repassé récemment à la tv : quand on est intègre, coucher avec la mère ou le père et aimer la fille ou le fils est inévitablement tragique. Si cela ne l'est pas pour l'amant dragué par tous les membres d'une famille et même la bonne, comme dans le Théoréme de Pasolini, c'est tragique pour l'ensemble d'entre eux.

En plus l'apétit sexuel des gays, et l'étroitesse de leur communauté surtout dans les provinces reculées de la civilisation, favorisent la proximité des relations.

C'est une fatalité...

Certe la légende raconte que des fils ont croisé leur père dans une back room, puis qu'ils ont opté pour le covoiturage pour avoir moins de mal à garer en ces lieux de perdition, le samedi soir, après avoir laissé une maman naive devant la télé. Mais il faut se méfier des légendes faites pour faire rêver les enfants.

Surtout ne pas culpabiliser. Ou bien avoir moins d'amants...


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photo de l'auteur franckright
Franckright
Homme de 44 ans

C'est le récit d'une tranche de vie, certes, peu ordinaire, mais comme il peut nous en arriver à tous. Merci de l'avoir partagé.


 1 vote #299599
photo de l'auteur CrazyT
CrazyT
Homme de 26 ans
- modifié par CrazyT le 16/05/2019 - 16:09:11

Merci pour vos avis et commentaires... @Lindos, pour le nombre d'amants, ça fait quelques années qu'il n'y à plus rien au compteur donc je suis safe de ce côté là... x) Et non, je n'avais pas de vue sur le fils, mais pour le reste je suis d'accord. Par contre je ne connais pas le film dont tu parle donc je l'ajoute à ma liste, merci.


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