Le tabou de la 1re (bonne) expérience

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Membre désinscrit
- Modification par Bomur le 16/11/2018 - 20:47:31

Salut à tous,

Je voudrais vous parler des mauvaises expériences. On n'en parle jamais dans la gay community, née du marketing, car celui-ci ne s'adresse qu'aux consommateurs enthousiastes. La liberté sexuelle est formidable, mais comme toute bonne chose, elle est gâchée par des sans-gêne qui s'en réclament :

  • à un extrême, des barebackers, qui fantasment sur la contamination de leur partenaire ;
  • à l'autre extrême, les chauffards du sexe, centrés sur leur seul plaisir, totalement incapables de patience et d'indulgence pour le débutant qui se casse les dents sur eux.

Et que répond-on à ce débutant ? « tu te prends trop la tête » « je n'ai pas eu ce problème, donc il n'y a pas de problème » « il suffit de rencontrer la bonne personne » « reste positif ».

Bref, on ne veut pas en parler. Parce que ça heurte la vision pornographique de la liberté sexuelle - belle, bandante ! -, mais uniquement faite d'un théâtre de mecs avenants, disponibles sans attente ni efforts.

Pourrait-on en parler sérieusement ? Quels conseils donneriez-vous à un mec introverti qui, peinant à faire de premières bonnes rencontres, est moqué, désarmé, en perte de repères et de motivation pour recommencer ?

Merci d'avoir lu mon histoire !

Marc


Date de publication : 16/11/2018 à 20:30
#287964
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Roidecoeur59
Homme de 40 ans

Bonsoir Marc,

Je suis moi même dans cette situation. Avec quelques années de + au compteur..

Je suis moi même introverti sur ce terrain , avec un tempérament très prudent , et qui + est très soucieux du safe sexe.

Du coup, je n'ai pas de solution, sinon je n'en serais pas à la case départ....

Je tenais néanmoins à écrire pour dire que tu n'es pas seul à faire face à cette difficulté pesante...

Pour ma part, je ne parlerai pas de moquerie, mais + d'un côté "interrogatoire pesant" : "ah mais comment çà se fait que tu en sois là à ton âge? " avec toujours la désagréable impression de devoir se justifier par rapport à un parcours "non standard" ....


 0 vote #287968
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Romangel
Homme de 34 ans

Salut Mister,

Alors effectivement ce n'est pas évident et parfois c'est à te dégouter d'espérer avoir une vie sentimentale.

Même sur des sites "sérieux", je suis tombé sur des gens qui à un moment m'ont ghosté, me laissant sans nouvelle alors que tout allait bien et que j'avais fait plusieurs centaines de kilomètres pour les voir, que l'on s'écrivait ou s'appelait tous les jours...

Cette petite souffrance, qui devient une angoise, d'être sens cesse pris pour un con n'est pas encourageante mais pourtant je suis toujours là. Soit j'aime ça, soit j'y crois. Je ne sais pas.

J'ai de plus en plus peur de finir seul mais je ne veux pas devenir comme tous ces mecs qui se vendent sur des applications de sexe facile.

A part te conseiller d'être patient, téméraire et chanceux, je n'ai rien d'autre à te dire ^^


 0 vote #287982
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Membre désinscrit
- modifié par Bomur le 18/11/2018 - 02:17:24

Salut et merci pour vos réactions, Roidecoeur59, Steph41190, Romangel,

Vos trois confirmations raffermissent encore un peu plus le fait que nous sommes face à une vraie difficulté : les ruraux manquent d'occasions, les citadins en ont trop, les trop prudents se heurtent aux trop impatients...

J'ai hâte de lire d'autres témoignages et je vous souhaite de progresser plus vite que moi :-)

PS pour Steph41190 : tu as sûrement raison de déconseiller les applications basées sur l'instantanéité, car elle nous rend tous impatients, cyniques ou anxieux. Mais voilà, le marketing, qui est derrière tout ça, nous veut captifs de nos besoins, prêts à consommer sa camelote. :-)

#288044
photo de l'auteur Robot
Membre désinscrit
- modifié par Bomur le 18/11/2018 - 16:08:37

Steph41190,

Romangel,

Maintenant que nous savons nos comportements - et nos perceptions - manipulés par le marketing, je voudrais partager avec vous comment son manque de vision nous nuit :

  • dans les années soixante, le marketing faisait monter sur scène les Rolling Stones devant un public hurlant et adolescent, convaincu mordicus que leurs paroles et musiques ne s'adressaient qu'aux « jeunes », que leurs « vieux croulants », dépassés et imbaisables, n'auraient pas comprises ;

  • aujourd'hui, les mêmes Stones chantent (d'une voix chevrotante) devant un public de quatre générations.

C'est le marketing qui a créé une frontière jeunes-vieux pour une raison purement vénale. Pour ce faire :

  • il exploite la candeur d'un jeune public en le flattant entre autres par la mode ;

  • il se détourne des plus âgés parce que ce sont des employés moins corvéables ou des consommateurs moins manipulables que les jeunes.

Toute personne nomalement constituée sait que :

  • limiter la jeunesse à un âge est aussi subjectif qu'immature ;

  • la libido continue dans le deuxième âge et jusque dans le troisième âge ;

  • il existe maintenant des jeunes qui, en recherche de substance, ne la trouvent pas dans leur génération et la recherchent dans d'autres, chose que le marketing n'a pas du tout prévue comme l'avenir multigénérationnel des Stones.

Je pense que l'intérêt du marketing, d'autant plus insistant quand il s'essoufle, est de nous rendre seuls face à nos désirs et face à lui. Par exemple, le fameux « Il faut se faire violence » est une façon de nous dire « Bottez-vous le derrière, suivez nos règles du jeu, vous n'avez pas le choix, et ça les légitimera » : obtempérer passivement est néfaste à nos intérêts.

Romangel, définis ce que tu aimes, voudrais, ne voudrais pas, dis-le le plus explicitement possible, afin d'être entendu par quelqu'un qui sera digne de toi, car - contrairement à ce que nous martèle le marketing -, une rencontre réussie n'est pas un acte individuel, mais le résultat de deux perceptions qui s'accordent.

En espérant avoir donné une note d'espoir :-)

#288066
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Romangel
Homme de 34 ans

Steph41190 & Bomur,

Merci de vos encouragements.

Oui rencontrer un homme qui n'est pas sujet au marketing et à la recherche du "toujours mieux" n'est pas aisé.

Après je suis un naïf, donc tant pis pour moi. J'ai mal un moment puis ça passe. J'apprends...

Un jour, j'apprendrai à deux ;-)


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