Orientation sexuelle : "quand il y a un doute, il n'y a pas de doute"?

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Clairecmoi
Femme de 20 ans
Caen
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Que pensez vous de ce dicton ?

Par là je veux dire, quand on commence à se poser des questions sur son orientation sexuelle, et que ces questions prennent de l'ampleur si bien qu'on y pense régulièrement, cela signifie-t-il, à votre avis, qu'on a en quelque sorte déjà la réponse ?

Cela vous est il déjà arrivé, ou connaissez vous des gens à qui c'est arrivé, de se demander s'ils étaient gays assez fortement, et de se rendre compte finalement que non, ils étaient hétéros ?

Le "quand il y a un doute, ya pas de doute", c'est quelque chose qui revient assez régulièrement et je me demandais quels étaient vos avis là dessus :)


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Daraen
Homme de 19 ans
Versailles

Bonjour !

C'est une question intéressante qui peut se poser aussi bien pour l'orientation sexuelle, pour l'identité de genre, mais aussi pour plein d'autres choses !

Je serais assez nuancé : on pourrait se dire qu'un doute, ce n'est pas un 100 pour 100 de quelque chose, mais pour moi, un doute, c'est une incertitude (félicitez-moi pour cette déclaration qui relève de l'évidence, trouver un synonyme était une tâche ardue). Je veux dire, hésiter, c'est se dire "Peut-être que oui, peut-être que non". C'est un peu comme si on vous demandait si vous préférez le fastfood ou le japonais : pour certain.e.s, la réponse sera évidente, pour d'autres, ce sera plus délicat. Certain.e.s feront un choix, d'autres non. Certain.e.s donneront une réponse définitive, d'autres diront une chose à un moment donné, et peut-être une autre plus tard... Ca dépend !

Pour donner un exemple plus terre-à-terre qui invaliderait l'axiome "Quand il y a un doute, il n'y a pas de doute", ma meilleure amie s'est demandée à un moment donné si elle n'était pas lesbienne, étant trop découragée par les garçons. Finalement, c'était plus une réfléxion qu'elle a eu par "désespoir", car elle est clairement attirée par la gente masculine - en particulier par Tom Hiddleston dont elle est gaga, mais bref - et ne s'en cache pas. Après, peut-être qu'un jour, elle fera un coming-out, qui sait ! Mais pour l'heure, elle se considère hétéro.

Enfin voilà, pour moi, un doute entraîne juste une remise en question de nous-même... un peu comme si on doutait du résultat d'un calcul qu'on referait pour vérifier notre réponse : si ça se trouve, on a vu juste, ou peut-être qu'on s'est trompé.e ! :)


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StOrmye
Femme de 24 ans
Saint Denis, Ile de la Réunion

Je n'étais même pas au courant de ce dicton. Après je suis de l'ile de la réunion et du coup.. on a surement pas les mêmes.

Pour moi, quand il y a un doute c'est qu'il a déjà quelque chose qui se travaille et que des fois, le fait de douter a conclu à etre + sûr de soi ou au contraire à se poser encore + de questions

Un doute pour moi ça se réfère soit à un instinct soit à une angoisse

Genre, je suis quelque part que je connais pas. Je cherche mon chemin et yen a 2... je vais jauger et prendre celui sur lequel j'aurais le moins de doute. Hum.. c'est pas un bon exemple.

Pour revenir à l'orientation sexuelle, un doute ça serait juste à un moment donné, suite à des faits ou à un cheminement, tu as des questions qui apparaissent.

Moi pendant très longtemps, j'ai douté que j'étais lesbienne et il s'est avéré que je le suis.

Actuellement, je doute que je sois pansexuel mais en même temps, une personne trans me plait alors je me mets à douter.

Un doute c'est être dans une situation et se dire "ok, est ce que ça me correspond cette situation. Oui ou non ?"

Alors du coup, moi je suis pas d'accord avec ce dicton, un doute c'est un "témoin d'alerte" qui faut prendre en compte mais ne pas psychoter dessus. Si ton doute disparait, il est parti, inutile de psychanalyser, ça coûte trop d'énergie !


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Clairecmoi
Femme de 20 ans
Caen

Merci pour vos réponses ! Elles sont toutes très intéressantes, et avoir des témoignages d'expériences sur le sujet est assez édifiant.

Je pense aussi qu'en effet, il ne faut pas tirer de conclusions hâtives à partir du moment où on se pose la question, mais qu'il faut quand même essayer de comprendre pourquoi on doute comme ça pour avancer.


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AposJk
Non binaire de 27 ans
Toulon

Bonjour,

Je suis plutôt d'accord avec ce qui a été dit.

Il arrive de douter par qu'on a l'impression d'être dans une impasse mais pour autant ne pas s'être "tromper de chemin". Pour donner une situation différente, imaginons que ça se passe mal au travail pour X raisons (patrons, collègues, mauvaise ambiance, surcharge de travail...). On peut (et la plupart des gens en arrive là) douter de son choix de carrière et penser à se reconvertir. Alors que le problème ne vient pas forcément du type de poste mais du contexte. En matière d'amour, ça revient à cette phrase de Daraen :

ma meilleure amie s'est demandée à un moment donné si elle n'était pas lesbienne, étant trop découragée par les garçons. Finalement, c'était plus une réfléxion qu'elle a eu par "désespoir"

J'ai déjà entendu des réflexions comme ça aussi, alors que le problème relève plus a priori dans ce type de cas du choix de partenaire que de son sexe.

Mais aussi... tout n'est pas toujours tout blanc ou tout noir, donc si on "doute", c'est peut-être que la réponse est plus nuancée et que ni une réponse ni son contraire n'est la bonne, tout en étant pas la mauvaise 🙂

J'aime bien l'idée de "témoin d'alerte", comme dit StOrmye.

Mais je pense aussi qu'on peut "douter" volontairement (se remettre en question), sans pour autant qu'il y ait matière, juste pour valider son projet de vie au quotidien et ne pas se fermer de porte. Ce n'est peut-être pas forcément mauvais d'imaginer des possibilités alternatives sans avoir à y être confronté de force ?! Conclusion, je suis relativement peu d'accord avec cet adage 🙂


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