120 bpm ou l'amour-médicament

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Damien93
Homme de 37 ans
Saint-Denis

3 remerciements
J'ai été bouleversé par le visionnage du film de Robin Campillo 120 battements par minute .
En tant qu'homosexuel, réservé, pas trop moche (si j'accepte d'être séduisant), sérieux et soignant, je me suis fortement identifié. J'ai réussi à contenir la fontaine de pleurs, mais ça coulait vraiment sur les joues. Bouuuuuh ! C'est un film dur. C'est un beau film, mais dur.

Et vous ?


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Mimi60
Femme de 25 ans
Avignon
J'ai eu la chance de le voir en juillet lors d'une avant première. J'ai rarement vu un film aussi poignant par sa sincérité et sa justesse !! Les acteurs ont un talent à couper le souffle, on a du grand Adèle Haenel (elle est juste top cette fille !! 😀 )
L'atmosphère dans la salle était incroyable sur la fin, comme si on sentait une connexion entre tous les spectateurs !
Courrez, le voir !! au plus vite (et prévoyez vos kleenex) 🙌 👌

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K33000
Homme de 24 ans
Bordeaux
Bonsoir :)
Je me permet d'écrire sur ce film qui est pour un coup de cœur en cette rentrée ... et je crois même mon coup de cœur cinématographique de l'année 2017.

Ce film est dur, ce film est touchant, bouleversant et j'en passe (en témoigne mes larmes ...) mais alors, qu'est-ce qu'il est beau et quelle histoire et surtout, quel message ! Mention spéciale aux acteurs, qui sont fantastiques et tellement vrais !
Comme quoi, les actions passées ont permis de faire évoluer le regard sur le SIDA, mais aussi sur la prévention, la protection.
C'est un film qui a mon sens devrait être diffusé et conseillé pour beaucoup de monde, car aujourd'hui, la protection est encore plus de rigueur ... même si les recherches ont évolué il est important, pour les gens, de comprendre le combat contre une maladie, comment il a été mené ...

Enfin bref, je n'en dirai pas plus, juste foncez voir ce film !

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Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements
Je m’attendais à un film émotionnellement insupportable car le VIH a été très dur avec ses victimes, et pas seulement en 2h20 mais pendant les années de souffrances physiques des séropositifs jusqu’à épuisement du corps conduisant encore à une mort quasiment certaine à l’époque. Mais la qualité du scénario qui romance le témoignage, la colère des militants de Act Up contre la prudence des pouvoirs publics et les stratégies commerciales des laboratoires pharmaceutiques (il y en avaient d’autres plus tournés vers la prévention), le courage des victimes et de leurs amis ou membres de leur famille, l’extraordinaire casting et engagement des jeunes acteurs (je soupçonne Nahuel Perez Biscayart d’avoir été jusqu’à modifier son apparence physique pour entrer dans son rôle), fait sonner très juste ce film.

L’action se passe au moment où une molécule, l’AZT, permet de ralentir la réplication des cellules infectées, mais sans la stopper, et pas chez tout le monde. Et avec des effets secondaires lourds et parfois aussi épuisants et douloureux que les maladies opportunistes graves à répétitions et leurs traitements très lourds entraînés par le VIH au stade sida, outres les attaques du virus lui-même sur le système nerveux difficilement soignables. Ultérieurement à quelques années près, parfois à quelques mois près, des séropositifs ont pu bénéficier de bithérapie puis des trithérapies telles qu’actuelles capables généralement de bloquer totalement le virus, et témoignent de cette époque.

Mais si ce film permet de toucher du doigt la réalité de ce que fut la coupe pleine, il ne devrait pas occulter que si de nos jours on nous la présente à moitié vide, c’est qu’elle est en réalité encore à moitié pleine. Si le situation n’est plus désespérée elle n’est pas pour autant glorieuse, tous les ingrédients de l’époque existent encore peu ou prou, et nous vivons toujours dans l’urgence sanitaire. Il y a encore en France des gens qui meurent du VIH même si on nous en cache pudiquement le nombre considérablement plus faible, y compris des jeunes, car des dépistages sont trop tardifs et des virus sont devenus résistants à certaines molécules, de nombreux séropositifs souffrent plus fréquemment de maladie graves liées au vieillissement, de très nombreuses personnes ne se protègent pas que ce soit par négligence ou par méconnaissance des risques ou bien parce qu’elles sont préoccupées par leur survie immédiate, la stigmatisation des séropositifs et les complications administratives existent toujours même si elles se cachent, être séropositif reste médicalement compliqué même si généralement plus insupportable ni mortel, les laboratoires pharmaceutiques continuent à donner la priorité à leurs intérêts financiers, les associations de prévention et de lobbying continuent à se battre contre la prudence des pouvoirs publics, en France la prévention officielle est poussive par manque de moyen et de stratégie, dans le monde seulement la moitié des séropositifs sont soignés, et les stratégies mondiales restent largement trop optimistes même si cet optimisme est le moteur pour avancer.

Finalement c’est peut-être cela l’humanité ressentie dans ce film, c’est son optimisme et la force des attachements humains dans une situation dramatique. Que je compare volontiers à l’optimisme actuel, que j’aimerais parfois un peu plus vigilent : trop de peur nuit, mais pas assez nuit aussi. La peur raisonnée a été inventée par la biologie du vivant pour nous maintenir en vie. Nous qui n’avons plus de prédateurs autres que des êtres microscopiques invisibles (si l’on oubli la prédation de nos semblables) avons tendance à l’oublier.

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