Se reconstruire et assumer sa bisexualité


Auteur : Telema
Telema - 20 ans
De Nantes
  il y a 3 mois


Bonjour à tous, je m'excuse par avance pour le pavé qui va certainement suivre. Si vous êtes découragés par sa lecture, je ne vous en voudrais évidemment pas, d'autant plus que ça ne sera probablement pas marrant de bout en bout, et qu'à la relecture c'est plutôt fouilli... Mais il s'agit bien de parler de moi, sans mentir, donc trêve d'introduction, allons-y donc.

En me présentant brièvement d'abord, je suis un jeune homme de 20 ans qui s'apprête à entrer dans sa deuxième année de fac. J'évacue d'emblée cet aspect-là de ma vie, tout simplement parce qu'il joue pour une part infime dans mes problèmes, je crois : en tout cas, je m'en sors plutôt très bien, j'ai validé ma L1 haut la main, j'aime bien le système de la fac et je me suis fait plein de potes... tant et si bien que je suis pressé que la rentrée arrive.

Si je poste ici, c'est pour évoquer (ou plutôt détailler) un autre aspect de ma vie, autrement problématique et complexe à mes yeux : je suis bisexuel. Et, ô surprise ! je le vis plutôt mal. Je ne saurais dire avec exactitude depuis quand je le sais. Tout simplement parce que (je ne vous apprends rien sur le principe), ayant refoulé la chose peut-être depuis plus loin que remontent mes souvenirs, j'ai sans doute ellipsé plein de moments qui aujourd'hui me paraîtraient des indices évidents. L'acceptation de mon identité sexuelle est récente et encore en cours : on va dire que j'ai arrêté de me considérer comme hétéro depuis un peu moins de deux ans, soit au début de ma première année d'étude (j'ai tenté autre chose avant la fac), via le topic d'un forum qui à la base n'était pas du tout consacré à ce thème et sur lequel je me suis exprimé pour la première fois ; et ça m'avait fait du bien, sans régler quoi que ce soit, sinon par rapport à moi-même. Depuis, j'ai fait mon coming-out à mon frère, puis ma mère dans la foulée et, tout récemment, à ma soeur. Tous l'ont bien pris, et globalement tous s'en tamponnent, ce qui est bon signe.

Sauf que, sauf que. Ca fait un moment que j'ai pris conscience de la cause LGBT+, que je me bats à mon échelle (et avec le courage que j'ai) pour faire évoluer les mentalités de ceux que je fréquente : j'ai commencé à le faire pendant le projet de loi de mariage pour tous, dont les débats m'avaient à la fois déprimé et passionné, et en tout cas chamboulé plein de conceptions que j'avais sur moi-même et la société. Bref, je suis du genre à estimer que tout le monde doit être libre de disposer de lui comme il l'entend, et comme il le doit puisque, comme chacun sait, on ne choisit pas sa sexualité. C'est un principe que j'aime voir appliqué autour de moi... mais que je suis parfaitement incapable, à l'heure actuelle, d'appliquer à moi-même. Et ce pour différentes raisons, je crois, que je vais tâcher de vous présenter. Aujourd'hui, j'estime en fait que mon rapport à ma sexualité constitue le dernier maillon d'une longue chaîne "dépressive" que j'ai presque fini de surmonter, d'une suite d'épisodes pas très joyeux de mon existence.

En fait, ce problème est intimement lié à un autre, qui m'attriste particulièrement, ou sinon me met en colère (sourde) quand j'y songe (et j'y songe souvent, croyez-moi) : je suis seul, et je n'ai jamais connu personne. Passons le sentiment d'humiliation que ressentirait n'importe quel personne qui, à mon âge, est puceau et n'est jamais sorti avec personne : ça ne m'est pas spécifique ; ça fait mal, oui, mais ça n'est pas le fond du problème. Je suis quelqu'un d'assez apprécié des autres, sans vouloir me jeter de fleurs : j'ai des qualités (altruisme, humour, recul par rapport à soi, réflexion, gentillesse, curiosité, etc.) que je me reconnais, et aujourd'hui, parce que ça m'a pris suffisamment de temps pour construire la personne que je suis, j'estime être quelqu'un de bien. Par ailleurs, si ça n'a pas toujours été le cas je le reconnais, j'ai repris un peu confiance en moi en cette première année de fac, et j'ai aussi repris soin de moi. Physiquement, et là encore je ne m'amuserais pas à m'auto-gratifier, je suis au moins correct, et on m'a plusieurs fois (et de plus en plus récemment ?) laissé entendre que oui, je suis plutôt beau.

Ce qui n'arrange rien à l'affaire parce que, si je suis une personne attirante, pourquoi ne suis-je encore avec personne ? Le problème doit bien venir de moi, et il y a peut-être deux facteurs pour l'expliquer... D'une part, j'ai depuis quelques temps maintenant une certaine conviction (pourtant, croyez-moi, j'en ai bien peu), celle que je veux être père et fonder une famille. Je pense ainsi : tout ce que je vis actuellement, tout ce que je collecte de richesses matérielles et immatérielles, ce n'est que l'héritage que je léguerai à mes enfants, je n'y vois aucun autre intérêt sur le long terme. Ca me fait du bien de réfléchir ainsi, et on verra ce qu'il en sera, bien sûr... Ceci étant, une de mes préoccupations se trouve ici : j'estime que ma bisexualité est un rempart à cette conception de mon futur. Je pense être en mesure de vivre amoureusement avec une personne ; sexuellement, non, ou en tout cas le risque de ne pas assumer un mode de vie binaire serait trop grand à mon avis, et je ne veux pas le prendre - pas tant pour moi, mais pour ceux qui n'auront rien demandé, les potentiels enfants donc. Et honnêtement, ça me gonfle vraiment, parce que décidément rien n'est jamais simple dans ma vie, j'ai l'impression. Alors oui, j'ai conscience que je me pose beaucoup de questions, et que j'ai une vision très arrêtée de mon avenir idéal, qui ne sera sans doute pas véritable... Mais ça me bloque.

D'autre part, et là je vais parler rapidement d'un épisode pas glop de ma vie : fut un temps pas si éloigné (j'avais entre 15 et 18-19 ans), où ma vie a pris un tournant... dramatique, disons-le. En gros, mes parents se sont disputés quasi-quotidiennement pendant 3 ou 4 ans, jusqu'à divorcer (ouf) en décembre 2015. Quand je leur en parle, eux ne se souviennent pas, ou feignent de l'avoir oublié, mais moi je m'en souviens parfaitement : le ton est parfois monté très, très haut, et des paroles pour le moins inquiétantes ont régulièrement fusé durant ces engueulades ; ça pouvait se finir par l'un des deux qui cognait les murs, ou qui se barrait des heures dans un état pas possible sans prévenir personne de sa destination. Donc eux ne veulent pas s'en souvenir, mais moi je m'en souviens bien : tout ça aurait clairement pu s'achever par un meurtre, j'en suis toujours hautement convaincu. Au milieu de ça, j'avoue avoir conservé une colère qui ne s'est jamais estompé avec la situation : colère d'avoir cru dans leurs promesses d'agir au mieux, colère d'avoir accepté leurs excuses pour les voir recommencer le soir-même... colère d'avoir été laissé pour compte, trahi, malmené en somme, pendant des années. Pourquoi je vous raconte ça ? Parce que j'ai pris sur moi, à cette période, de ne plus exister, autant que possible. Parce que c'était devenu insoutenable, et parce que par "bonté", je me disais que laisser de la place à mes propres problèmes au milieu de tout ça, c'était signer notre arrêt de mort à tous. Aujourd'hui, j'en suis revenu, de cette réflexion débile... Mais elle m'a accompagné durant tout ce temps, et j'ai agi comme j'ai pu, de toute façon.

Le truc, c'est qu'une fois qu'on a arrêté d'exister, tout sujet personnel que l'on aborde avec quelqu'un, toute confidence que l'on se décide à livrer, revient à briser un tabou et à lutter contre un "bon sens" que l'on s'est construit soi-même. Parler de soi à autrui, non pas parler du film qu'on a aimé (encore que, on est dans le domaine des goûts et c'est personnel...) ou de la soirée qu'on a faite la veille, mais bien de sa nature profonde, de ce qu'on est : pour moi, cela revient encore à une sorte d'aberration, un rêve en même temps qu'une crainte. C'était inconscient jusqu'à il y a encore quelques jours, en fait, et j'imagine que ça a pu jouer dans le fait que je suis seul dans la vie (sentimentalement, hein - comme dit plus haut, j'ai des amis et des amies). Les gens ressentent peut-être cette difficulté à parler vraiment de moi, cette culpabilité qui planne au-dessus de chacune de mes confidences, et dont je peine à me dépatouiller (même si j'y travaille). Il y a quelques mois de ça, une camarade de fac a utilisé le prétexte d'un commentaire Facebook pour m'adresser la parole en MP, et au bout de quelques jours j'ai fini par comprendre, même si je peinais à y croire, qu'elle est amoureuse de moi. Bon, pas moi, et je pense qu'elle commence à le comprendre, mais ça n'est pas vraiment la question : on continue de se parler quotidiennement et c'est plaisant comme ça, on partage beaucoup de trucs (musique, cinéma, etc.). Et je lui ai parlé de moi, de ma vie et de mes problèmes, de façon assez poussée. Et j'ai ressenti quelque chose de fort, pas forcément vis-à-vis d'elle, mais une sorte d'aperçu de ce que je pourrais ressentir en ouvrant mon coeur à quelqu'un que j'aimerais et qui m'aimerait. Ca a balayé tous les soupçons que je commençais à avoir sur moi-même, concernant un potentiel aromantisme qui expliquerait commodément mon éternel célibat : non, je ne suis pas fait pour être seul, décidément.

Voilà pourquoi je parlais de "dernier maillon d'une chaîne 'dépressive'". C'est comme si, dans ma vie, j'avais travaillé pour tout réparer : je ne rentre pas dans le détail, mais tout ce que mon père n'a pas su m'apporter, tout ce que le climat familial évoqué plus haut a détruit en moi, tout le mal qu'on a pu me faire, en bref. Et que, si près de m'aimer comme je suis, d'avoir pansé toutes mes plaies une par une, la vie me renvoyait en pleine gueule que je n'ai pas le droit au bonheur. Il y a une phrase que je trouve très juste : the price of existence is eternal warfare... ça y ressemble, en tout cas. Cette solitude me pèse, parce qu'elle me ramène à une différence que je n'ai pas encore pu pleinement assumer et comprendre faute d'expérience, faute d'avoir pu ouvrir mon coeur à l'autre. Et plus le temps passe, plus ça m'est pénible de ce point de vue : en fait, c'est le seul problème qui continue à prendre de l'ampleur, tandis que tous les autres s'estompent ou ont déjà disparu.

Eh bien, si vous avez pu venir à bout de ce pavé, félicitations. Si vous avez le courage de trouver un truc à répondre, si vous êtes passé par ce genre de questionnements, n'hésitez pas à répondre, ça m'aidera très certainement à avancer !

PS : J'ai vu qu'il existe plein d'autres sujets similaires, mais pour une question de lisibilité du post et des réponses éventuelles j'ai préféré ouvrir un topic.

Auteur : Layla1524
Layla1524 - 18 ans
De Rennes
  il y a 2 mois


De ce que j'ai compris, tu as eu une longue période d'instabilité, tu te cherchais. Mais ce que je ne comprend pas c'est ce que tu souhaites faire maintenant, tu as l'air d'avoir évolué en bien. ????
Je pense pas que tu cherchais une réponse de la part de quelqu'un mais juste un moment ou tu puisse parler sans gêne ????
Auteur : VanilleXena
VanilleXena - 28 ans
De Sivry
  il y a 2 mois


Bonjour à toi,

Ce n’est pas grave pour le pavé au moins, cela permet de donner de plus ample détail sur ta situation amoureuse. Et d’avance désolée pour le mien.

La première question que je poserais est pourquoi dit tu « je crois » dans le chapitre ou tu te présentes ? Cela donne une impression d’incertitude. Parfois, arriver en deuxième année peut-être une autre source de stress pour divers éléments mais je vais te laisser travailler sur tes deux mots.

Effectivement, découvrir qu’on est bisexuel est loin d’être facile. Pour moi, je le vois et mon le fais voir comme une anormalité pour une majorité on ne peut pas être dans les deux. Ce qui fait en somme que socialement, on le vit mal. Pour ma part, j’ai rapidement assumé parce que je suis hors norme sur beaucoup d’autre détail mais je peux le comprendre. J’aurais une autre question est-ce que tu as réellement refoulé ou simplement pas prêté attention car peu de relation et/ou d’attrait pour les autres sur un plan sentimental ? Et qu’est ce qui te fait penser, t’as donné le tilt sur une bisexualité ? Je te pose ces questions car j’ai découvert tardivement ma bisexualité aussi à 22 ans quand je me suis retrouvée jalouse d’une de mes amies parce qu’elle avait quelqu’un. En somme, je m’étais toujours pensée ouverte dans le sens où je pouvais « donner mon avis » sur les filles, mais comme chez moi ma mère ne parle pas de ce qui est attirant ou pas, seul mon père le faisait,...

Heureusement que ce n’est pas un détail important pour ta famille.

Est-ce que tu te sens bien dans tes combats ou à ta place ? Je te pose aussi cette question parce que j’ai tenté ce genre de combat et pour certains hétéros, je m’attendais à certaines réflexions mais ce qui m’avait le plus blessé à l’époque était la réaction des homos qui ne montrait pas de tolérance vis-à-vis de la bisexualité. Hors c’est un droit et comme tu le dis, on ne choisit pas sa sexualité (sauf certains cas particulier bien qu’il faudrait voir le degré de conscience et si c’est fait de manière inconsciente cela peut-il s’appeler choisir ? C’est une question de philosophie psy ça mais c’est encore différent). Et être bi n’est pas être indécis ou refoulé une sexualité « unique » même si je n’aime pas ce mot. Je m’explique pourquoi une sexualité « unique ». Je connais des hétéros qui se sont revendiqué bisexuel parce que c’était la mode ou pour contrarié leur famille/proche ou même des homos. Oui oui ! Mais là c’est encore une autre chose. On peut être bi et savoir ce qu’on veut. A voir si ton problème ne se situe pas sur ce plan la aussi.

Sur le fait d’être encore jeune et puceau à ton âge, c’est peut-être aussi en relation. Mais pour moi, ce n’est pas un souci, certains le considère pas comme un souci puisque j’en connais qui le sont encore à 26 ans et pourtant ne sont pas aromantique, ou quoique ce soit mais attendent juste ce « truc » et veulent être certains que ce soit bien le « truc » qui fait. Comme s’ils attendaient de reconnaître quelqu’un. Plus ou moins manière parfois inconsciente. Mais je reviens à tes paroles c’est que tu dis que ton problème est intimée lié à celui-ci mais que ce n’est pas le fond... Il y a là quelque chose à travailler. Selon moi. Par la suite, tu dis aussi t’être reconstruit au final (après des détours), il y a peu de temps, et quand on te lit, cela fait penser que cela se rapproche de ta découverte vis-à-vis de ta bisexualité. Sachant que les personnes qui se cherchent et se construisent on des relations ou trop fréquente ou pas parce qu’elles se cherchent. (Et que l’intérêt sentimental pour un autre ne saurait être présent et parce que l’autre le ressent).

Je ne connais pas bien la loi en France, j’avoue ne plus savoir si elle est passée ou pas mais je sais qu’en Belgique être un père de famille est tout à fait possible même en sortant avec un homme. Peut-être aussi te tracasse-tu fort d’un legs à retransmettre au tiens que tu pourrais retransmettre à des enfants proches. Et là, entre l’histoire du divorce de tes parents. Faut-il rechercher une relation là-dedans ? Surtout lorsqu’on lit la suite.
Je crois aussi que vouloir être père ou mère de famille se posent à toute personne célibataire ayant déjà cet envie. Et peut créer quelques conflits internes plus important lorsqu’on nous a bercé avec des programmes « enfant = papa + maman » en n’étant pas hétéro. Mais cela est possible et ne fera pas de ton/tes enfants des dégénérés, des cas sociaux, des psychopathes ou je ne sais quoi. Ils peuvent être très bien équilibrés. Cela dépendra simplement de l’éducation qui lui a été donné et certains dirons de prédisposition à la naissance (Au dernières informations, les psy... sont encore en « bagarre sur le sujet).

D’un autre côté, il est clair que tu t’es senti de prendre part au divorce de tes parents vu que tu estimais ne pas laisser de place à tes problèmes. Je voudrais te demander de réfléchir sur quel était ses problèmes pour toi ? Purement dans le cadre du divorce ? Sentimental ? Autres ? Et peut-être que tu pourras aussi avoir une réponse sur ton célibat puisqu’au final cet époque ne remonte qu’a un ou deux ans. De nouveau dans les environs de ta découverte de la bisexualité.

Le fait d’arrêter d’exister et d’indiquer que tout sujet personnel aborder avec quelqu’un, qu’une confidence revient à livrer un tabou ne tiens qu’à toi. C’est plus une façon dont tu le vis mais en soit je le comprends. Cela peut aussi sous-entendre que tu développes une certaine méfiance voilée par rapport à des individus vis-à-vis de ce qui s’est passé. Ce qui est compréhensible. Encore ici, je remarque un frein face à ce que tu es, tes relations sur un plan sentimental.
D’un autre côté en te lisant, tu ne sembles pas vouloir ou pouvoir, je ne sais pas trop ou imaginer ouvrir ton cœur à quelqu’un que tu n’aimerais que un plan d’amitié comme tu as fait avec cette fille. Et parfois la découverte de l’amour passe par une amitié qui évolue sur un temps, sur des confidences, des rires et des sourires. Il n’y a pas toujours ce coup de foudre.

Effectivement, dans ce que je te lis, tu as travaillé à tout réparer, y compris ta famille et leurs erreurs et je comprends pourquoi tu parles d’une chaîne dépressive. Je parlerais moi d’un certain burn-out, provoqué par une surcharge de ton mental. Dans ce que je lis, tu charges beaucoup, sans déchargé, tu sembles prendre beaucoup pour toi-même si cela ne t’es pas destiné. Je ne suis pas sûre que tu as pensés toutes tes plaies et peut-être que c’est ce que la vie te renvoie, ou peut-être même toi-même. Peut-être n’a tu pas simplement bien pensé tes plaies et que cette révélation te les rouvre.

Peut-être que faute d’expérience tu as peur mais comme pour toute première fois : Ouvrir ton cœur, découvrir une relation avec un homme, découvrir une relation avec une femme. Chaque première fois est un stress mais il en faut toujours une. Et peut-être que ça joue dans ta solitude. Nous sommes tous différent et chacun même dans ses relations est différent même en ayant une sexualité semblable. Peut-être faut-il que tu prennes le temps aussi de te découvrir toi et tes émotions parce qu’au final, il me semble qu’elles ont bien été souvent mise de côté.

Dans ce que tu soulèves pour moi, aucun des problèmes n’as disparu parce qu’au final tout se relie dans les dates relativement proches.

Je connais certains questionnements, certaines choses que tu as vécues et je me reconnais dans certaines autres. Je n’ai pas vécu tout ce que tu as vécus mais j’en ai vécu d’autre, je n’ai pas ressenti ce que nous avons en commun de la même manière que toi et je n’ai pas encore la réponse à certaines de mes questions. Je sais juste que c’est là que je dois appuyer pour réfléchir. Certaines épreuves mettent du temps pour se reconstruire parfois de l’aide d’une personne connue ou d’un inconnu, d’un amis, d’une personne à travers un écran ou d’un professionnel et parfois simplement de soi-même. Toi seul peut-être le seul à déterminer parce que toi seul te connais mieux quiconque et avant même tout autre chose, plus que n’importe quiconque qui pourra entrer dans ta vie, sur sera toujours ton seul atout parce la seule personne qui est capable de t’aider c’est toi-même. Les autres ne sont qu’un soutien ou ne te montre que des clés. Et tu es le seul qui ressent réellement, les autres ne peuvent faire que preuve d’empathie plus ou moins forte.

Désolée aussi pour mon pavé mais j’espère que tu auras le courage de tout lire. Mais je voulais te répondre le plus précisément possible.

 3 personnes l'ont remercié pour son aide, sa patience et son écoute.
Auteur : Telema
Telema - 20 ans
De Nantes
  il y a 2 mois


Citation de Layla1524
De ce que j ai compris, tu as eu une longue période d instabilité, tu te cherchais. Mais ce que je ne comprend pas c est ce que tu souhaites faire maintenant, tu as l air d avoir évolué en bien. ????
Je pense pas que tu cherchais une réponse de la part de quelqu un mais juste un moment ou tu puisse parler sans gêne ????


En fait si, j'espérais une réponse mais je me disais que les chances étaient assez minces (se coltiner un pavé pareil... je peux comprendre). Là je n'ai fait que passer totalement par hasard, et donc merci pour vos réponses :)
Ça fait donc un mois que j'ai posté ça, et je suis toujours dans une période d'instabilité, en fait. J'aimerais y accorder moins d'importance, et dans un sens c'est un peu le cas - les cours ont repris - mais n'empêche : j'y pense dès que mon esprit est au repos, quoi. Je me réveille avec, je m'endors avec, et parfois j'en rêve depuis quelques temps. Autant dire que le repos est tout relatif... D'autant que j'ai collé mon premier râteau quelques jours après avoir ouvert ce topic (parce que juste pas amoureux), et je me suis ramassé comme un vilain boomerang dans la tronche, tous mes questionnements ont refait surface et j'ai eu quelques très mauvais jours sur le coup.

Et pour te répondre concernant "ce que je veux faire maintenant"... Assez banalement, trouver quelqu'un qui me fasse sortir de ce flou, qui comble ce manque affectif. Rencontrer quelqu'un, en bref. Mais là, ça me paraît difficile. Je ne suis pas prêt à faire de coming out hors d'un cercle très restreint (qui, d'ailleurs, s'est élargi de mon père depuis l'ouverture de ce topic) ; j'y ai vaguement pensé pendant les vacances, et puis non, décidément, ça me paraît impossible. Beaucoup trop d'homophobie banalisée, de blagues douteuses, non, décidément non. Pas encore. Aussi, j'ai songé à passer par un site de rencontre du style BeTolerant, mais héhé, ça implique de montrer sa gueule, d'être potentiellement retrouvé par des gens "qui ne sont pas au courant", et du coup ça me tente moyen. Pourtant à ce stade, c'est peut-être le seul moyen ? Je ne sais pas.

Citation de VanilleXena

La première question que je poserais est pourquoi dit tu « je crois » dans le chapitre ou tu te présentes ? Cela donne une impression d’incertitude. Parfois, arriver en deuxième année peut-être une autre source de stress pour divers éléments mais je vais te laisser travailler sur tes deux mots.


Mmh, j'ai tendance à abuser des "peut-être", "je crois", etc. C'est un truc assez pénible chez moi, que j'essaie d'éradiquer, mais voilà. ^^ Je ne suis pas spécialement stressé, enfin pas plus que d'habitude par cette L2, dans la mesure où j'ai honorablement géré la L1, et que là je me suis mis au travail dès le début. J'ai sans doute l'angoisse lointaine du monde du travail qui arrivera à terme, mais elle n'a du coup pas grand rapport avec un problème de sexualité.

Citation de VanilleXena
J’aurais une autre question est-ce que tu as réellement refoulé ou simplement pas prêté attention car peu de relation et/ou d’attrait pour les autres sur un plan sentimental ? Et qu’est ce qui te fait penser, t’as donné le tilt sur une bisexualité ?


Merci de me faire part de ton expérience, effectivement la stigmatisation des bisexuel(le)s sous prétexte "qu'on peut pas être les deux", qu'on est "un gay qui s'assume pas", est parfois pesante.
Pour répondre à ta première interrogation, je crois que j'ai vraiment refoulé mais... j'ai eu très tôt une impression de "retard" sur le plan sentimental, aussi. Ça n'était pas vraiment du désintérêt, j'ai éprouvé de l'attirance sexuelle et sentimentale pour des gens, mais l'idée de concrétiser m'a toujours semblé très abstraite, comme si je n'étais pas concerné. Et aujourd'hui je vis cette idée comme une fracture, bien évidemment, par rapport aux autres (les fameux). Mais le refoulement et ce "désintérêt" sont sans doute liés.
Ce qui m'a donné le tilt, je l'ignore. C'est allé de paire avec les premiers moments où j'ai compris que je n'étais pas un hétéro excitable par des garçons ^^' C'est con à formuler, mais c'était un peu ça. À partir de là, j'ai commencé à associer des choses simples comme trouver un tel ou une telle beau ou belle, avec cette sexualité.

Je ne cite pas tout le paragraphe suivant pour réduire le pavé, mais je réponds quand même : non, je ne suis pas un hétéro qui joue les bisexuels 😉 Il y en a sans doute, quoique je n'en connaisse aucun, mais ça n'est pas mon cas.

Citation de VanilleXena
Sachant que les personnes qui se cherchent et se construisent on des relations ou trop fréquente ou pas parce qu’elles se cherchent. (Et que l’intérêt sentimental pour un autre ne saurait être présent et parce que l’autre le ressent).


C'est tout à fait en relation, oui. Je m'isole probablement sur ce plan parce que c'est un point de ma personnalité qui me fragilise. Pour le reste, être ce que je suis à 20 ans n'est pas spécialement une honte, non... Mais il y a la pression sociale, celle de ses potes, des anecdotes de soirées (vraies ou non), et pour parler trivialement la discussion des étudiants (hors cours) tourne souvent autour du cul. Si bien que je suis rappelé à ordre presque constamment, en fait.

Pas le temps de répondre au reste maintenant, mais merci pour ton pavé !



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