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La famille ça peut être compliqué quelques fois...

Lo1987
Femme de 32 ans
22/09/2019 à 21:51
Ce sujet est une demande d'aide, écoute et bienveillance sont de rigueur

Bien le bonsoir,

Si je m'adresse à vous, c'est essentiellement je pense parce que j'ai besoin d'encouragement pour ne pas "laisser sombrer" mon frère...

Pour vous contextualiser un peu la situation:

Disons que mon frère et moi (adoptés tout les deux, plus ou moins le même âge soit 32 ans), on a eu une petite enfance heureuse, beaucoup de moments privilégiés avec nos parents, d'époustouflants voyages.. Nos 10 premières années ont été un pur rêve! :)

Et puis petit à petit, mon père s'est laissé envahir par ses démons, à savoir son mal-être et surtout son addiction à l'alcool (en combinaison avec des somnifères, anxyolitiques et anti-douleurs). Cela a plongé toute notre famille dans une chute vertigineuse dont on a encore du mal à se relever au jour d'aujourd'hui. Mon frère, ma mère et moi avons été témoins de sa descente aux enfers, on a subi ses colères, assister à ses lendemain de misères. Il y a eu de la violence, principalement psychologique, mais phyisque aussi quelque fois, trop de fois. Après une violente altercation entre lui et moi, le juge a prononcé une injonction d'éloignement. Malheureusement, son éloignement du domicile n'a pas suffit à nous protéger de ce qu'il était devenu. Mensonges, manipulations, culpabilisation, chantages au suicide (et quelques tentatives aussi, quoique toujours bien calculées), comas éthyliques,... Ce genre de choses qui ne devraient se produire que dans les films!

Depuis un an, il a été mis sous tutelle (il est à présent sérieusement atteint du syndrome de Korsakov), s'il n'est plus une menace physique pour nous, il reste une charge, je suis d'ailleurs sa personne de confiance. Je ne suis jamais parvenue à couper définitivement les ponts avec lui, ce n'est pas faute d'avoir essayer. Je pense que quelque part je me sens encore redevable envers lui. C'est lui qui est allé me chercher en Colombie, avant d'être un zéro, il a été mon héros pendant plus de 10 ans. Je conserve une sorte de loyauté malsaine, probablement alimentée par ses discours et ceux de ma grand-mère paternelle (une sorte de "mère-juive" prête à tout pour sauvegarder la réputation de son fils prodige).

Bref, ça c'est le climat dans lequel on a évolué mon frère et moi.

Et récemment, je me suis rendue compte que mon frère aussi souffrait de problèmes d'addiction... Je savais qu'il "se défonçait" en soirée depuis quelques année mais je n'avais aucune idée de l'ampleur du phénomène, peut être étais-je naive mais je le croyais quand il me disait que ce n'était que récréatif et qu'occasionnellement.

Je suis allée me renseignée chez Infor Drogues, une ASBL qui vient en aide aux toxicomanes et à leurs proches. J'y suis allée d'abord pour moi, pour m'informer, pour ne pas tomber dans le jeu de manipulation dans lequel mon frère tente de nous faire entrer. Je continuerai d'y aller pour voir aussi ce qu'en tant que soeur je peux faire pour l'aider. D'expérience je sais que malheureusement les proches de personnes souffrant d'addiction sont souvent trop impliquées émotionnellement pour être d'une réelle aide...

Si je fais appel à vous, c'est pcq aujourd'hui j'hésite quant à l'attitude à adopter avec mon frère. Je ne le reconnais plus et je ne suis même pas sûre d'avoir encore une quelconque influence sur lui. Pour l'instant le dialogue est mis sur pause. Je lui en veux trop que pour avoir une conversation constructive. Notre mère a 70 ans, après tout ce qu'on a vécu avec notre père, je lui en veux terriblement de nous faire revivre cela.

Et en même temps, je ne veux pas tout mélanger, mon père est mon père, mon frère est une autre personne. Il reconnaît qu'il a "merdé" mais il ne veut pas changer ses habitudes ni son entourage. J'espère me tromper mais pour moi cela veut dire qu'il risque de recommencer...

Si j'hésite autant à m'engager pleinement pour aider mon frère, outre le fait que je ne sais pas comment m'y prendre (lettres, films, livres, musique, jeux vidéos p-ê??), c'est aussi pcq je ne vais pas hyper bien moi-même.

Il y a 5 ans j'ai été victime d'un accident de voiture assez violent, justement causé par une personne saoûle endormie au volant (ironie de la vie, bonsoir!). Depuis cet accident, on m'a diagnostiqué une bipolarité (enfin, au début on parlait de sévère dépression post-traumatique). J'apprends au jour le jour à composer avec cette nouvelle donne. Je ne me plains pas, le jour de l'accident j'ai vraiment cru que mon heure était arrivée, tout ce que je vis depuis, c'est du bonus... :)

Sauf que, depuis que ce diagnostique a été posé, ma mère et mon frère ont tendance à me prendre pour une sérieuse handicapé mentale, c'est comme si j'avais perdu toute crédibilité à leurs yeux.. Lorsque je dis qqch qui dérange, j'ai droit à des "As tu bien pris tes cachets?" ... Oui je les prends, je suis ma thérapie aussi. J'ai accepté mes troubles mentaux, mes amis me soutiennent et parviennent eux à continuer de me faire confiance. A présent il me reste à le faire accpeter par mon entourage proche...

Pour la 3ème fois depuis l'accident, j'envisage de retourner dans une institut psychiatrique (avant le cas de mon frère, l'été a été particulièrement pénible, dépression d'un ami, suicide de ma cousine et détection d'un cancer chez une tante, je suis très proche de ces trois personnes).

J'avoue ne pas trop savoir par où commencer.. aider mon frère où m'aider moi-même en priorité. Ecrit comme ça, ça paraît évident que je devrais commencer par aller me soigner, me reposer, mais j'ai sincèrement peur que si je vais dans ce centre, j'y fasse un bilan de ma relation avec mon frère et que celui-ci soit négatif.. J'aime mon frère, mais après l'épisode de mon père je m'étais juré à moi-même que plus jamais je n'assisterais à la déchéance d'un proche. L'aider oui, le regarder s'auto-détruire, non.

J'ai peur aussi que si je vais dans ce centre, ma mère ne se sente abandonnée, à part avec moi elle n'ose parler à personne du problème d'addiction de mon frère..

Ce que je recherche ici, c'est des personnes ayant connu des situations difficiles (qu'elles soient similaires ou non à la mienne), et qui sont parvenues à remonter la pente grâce au soutien de leur famille. Je n'ai pas besoin qu'on juge mon père, mon frère, ni moi... J'aimerais juste entendre/lire, qu'il est possible avec l'amour de ses proches de se sortir du pétrain.. Que même si ce sera long et pénible, c'est possible qu'il s'en sorte et que je puisse réellement lui apporter une aide...

Je suis désolée pour la longueur de ce post, j'ai tendance à être assez prolixe à l'arrivée de l'automne.

Merci pour votre attention, merci pour vos éventuelles réponses! :)


Date de publication : 22/09/2019 à 21:51
#311400
Kendany
Homme de 24 ans
22/09/2019 à 23:00

Salut Lo1987.

Ha oui effectivement c'est du lourd . Je comprend ce que tu peut ressentir. J'ai aussi eu un pére alcolique et pervers narcissique qui a fait une trés mauvaise crise de la quarantaine. Et qui comme tout bon PN qui ce respectent, a bien pris son pied à nous défoncer notre estime et onfiance en nous pour les jours à venir. En plus scolairement c'était pas trop ca. J'ai vécu beaucoup de rejet et de persécution. sinon c'est bizarre car mon frére à une période c'est mis a tanquer le lycée et à fumer des joins tout comme ton frére. Au moins il n'a jamais était au point de devenir addicte. Sinon ma souer à eu un accident tout comme toi ( bonjour les similitudes ) Elle a le dos cassé et du coup elle est à l'AH. Bon sinon elle n'est pas bipolaire mais elle a été dépressive dans le passé. Bon aprés ton frére est déjà dans un centre pour les addictions toxiques. Don je pense que tu peut faire confiance aux gens qui travailllent pour aider les gens comme ton frére. c'est déja une bonne chose. Si ton frére c'est mis a fumée c'est peut être une réaction du à la maltraitance qu'il a vécu dans le passé avec ton pére. Aprés pour le reste je crois que voir un bon psy vous ferait du bien à tous. Si ce n'est pas déjà le cas. Et normalement je prie pour vous que vous ne rencontrez pas d'autres problémes. Si tout va bien je pense que les choses devraient s'arranger.

Ensuite dans ma famille ont est heureusement trés soudé. Mon pére est mort en mai 2018 et depuis nous avons des problémes de surenettement dans la famille. Ca nous a tous achevé. Ma mére qui était déjà dépressive à cause de son burn out au travail c'est mise a avoire des idées suicidaire. Du coup on est tous soudé autours d'elle pour l'aider et nous sortir de ce surendettment. Donc oui la preuve. On peut trés bien remonter grace au soutien de la famille au moins. On est tous logé à la même anseigne et on s'entraide comme on peut.


 1 vote #311405
Plume
Femme de 34 ans
22/09/2019 à 23:12

Bonsoir Lo1987,

L'addiction est une problématique complexe.. les maladies psychiatriques aussi.. Tu vis une situation bien compliquée à décortiquer.

Après, la seule chose que je peux te dire, c'est qu'on ne peut se sauver que soi-même et qu'on ne peut pas forcer les autres à reconnaître ses problèmes et à trouver cette motivation pour s'en sortir. Du coup, je pense que si tu te sens prête a t'aider toi-même, c'est par là qu'il faut commencer .. Si tu en ressors plus forte, tu auras plus d'armes et de recul pour soutenir ta famille.

Ton frère est probablement un héro et un zéro en même temps.. l'humain est multiple et l'addiction peut faire sombrer les meilleurs et les plus courageux d'entre nous. L'addiction rend toutes les relations malsaines a partir du moment où il y a un déni..

Et ce n'est pas l'amour d'une famille qui peut sauver quelqu'un pour moi.. Si ton frère se bat un jour pour s'en sortir, c'est qu'il se sentira prêt pour le faire (un peu comme tu as l'air de l'être toi à cet instant). Mais ça ne dépend pas de toi.. Si tu penses porter cette responsabilité, tu vas t'épuiser en vain. Concentre toi sur ce qui dépend de toi (ton bien être), c'est la chose la plus utile à faire dans un premier temps.

Ton frère a besoin d'un addictologue et ta maman d'un accompagnement vis a vis de cette problématique. Il vaut mieux que tu ne joues pas tous ces rôles..

Bon courage à toi,

Plume


 2 votes #311409
Membre désinscrit
23/09/2019 à 02:09

La vie ne t'a pas épargnée ! Je n'ai rien vécu de tel, mais je me permets quand même de proférer des conseils :

1) Laisse ton frère tranquille (il est grand) mais fais lui comprendre que tu seras là pour lui si jamais il a besoin d'aide

2) Concentre toi sur ton rétablissement

#311426
Mimoza
Homme de 46 ans
23/09/2019 à 08:19

Salut Lo87.

Je rejoint un peu l'avis de Dimanche.

Tu me sembles t'investir un tout petit peu trop pour les autres. Je te conseillerais de prendre un peu de distance, de t'occuper bien de toi, et tu n'en seras que plus forte pour encadrer un peu ta famille par la suite. A l'age que vous avez tous maintenant, chacun doit assumer à peu prés sa vie. Vous avez eu assez de problèmes comme ça avec votre père à un age ou vous étiez encore probablement dépendants de lui.

Merci pour ton témoignage en tout cas et bon courage pour stabiliser tes problèmes personnels d'humeur (fait attention aux neuroleptiques, ils ne doivent etre en principe que trés temporaires ! sinon, gare à l'addiction. )


 1 vote #311432
Jeanne00
Femme de 57 ans
23/09/2019 à 21:20

@Lo - Ton témoignage est très courageux , je n'en dirais pas plus ici .^^ - Si ce n'est que tu as ce don très particulier de relater sans pathos et que l'écriture soigne . Je ne dis rien parce que ton témoignage dit déjà beaucoup . Tu aimerais des réponses tout en sachant qu"elles ne peuvent venir que de toi . C'est en celà que l'Ecriture prend toute sa place ... S'il n'y avait que des solutions aux problèmes , les problèmes n'existeraient plus - C'est d'apprendre à vivre avec qui est difficile - Certaines choses sont immuables , incontrôlables . On n'aime pas moins quelqu'un qui part à la dérive , on se sent juste démuni(e) ...


 1 vote #311481
Lo1987
Femme de 32 ans
23/09/2019 à 23:57

Merci à chacun pour votre contribution, ceci était mon tout premier post sur un Forum et je ne regrette absolument pas de vous avoir demander votre opinion, conseils, encouragements! :)

Il est vrai qu'en relisant mon post on pourrait facilement m'imaginer "trop investie" envers les autres, ne sachant pas dire non et me laissant déborder par les problèmes des autres...

Je pense que c'est parce que je vous ai juste expliqué les "soucis du moment", mais qu'on s'rassure tout de suite, il ne se passe que très peu de jours où je pleure plus que je ne ris..

Très vite j'ai appris à rire de mes problèmes et tenter de les relativiser, il y a toujours pire que soi-même. Certes l'humour est un mécanisme de défense, un peu le "syndrome Chandler" (pour les amateurs de Friends) mais jusqu'ici sur moi il a fait ses preuves. Je suis une grande partisane de l'humour dramatique, tragi-comique, noir et je pense pouvoir dire que j'ai pas mal d'auto-dérision... Le rire est selon moi un anti-dépresseur naturel. :)

Et on dirait pas comme ça, mais j'ai aussi eu beaucoup de chance dans ma vie, je pense sincèrement que pour chaque évènement négatif je peux vous en citer au moins deux doublement positifs! J'ai aussi eu la chance de combiner vie professionnelle et voyages, ce qui me permet de me mettre dans ma bulle quelque fois et de vivre un peu moins pour ma famille et un peu plus pour moi. J'ai vécu et conservé des amitiés formidables sur 4 continents, un ami me propose justement de venir me ressourcer chez lui dans le Sud de la France! :)

J'ai aussi la chance de sincèrement aimer la vie et tout ses plaisirs simples, je n'ai pas (plus) de phases d'auto-destruction et je pense que c'est assez salvateur. Même quand je suis au plus bas, je sais que c'est cyclique, que ça va passer. Je n'ose imaginer la souffrance de ceux qui connaissent une dépression et n'en voient pas la fin... Ma bipolarité fait partie de moi mais ne me définit pas. Au final c'est une case cela aussi...

Bref, tout ça pour dire que je connais mes limites et je n'oublie pas de vivre pour moi-même avant tout.

Je compte prendre vos remarques en considération, et en fait continuer ce que j'ai commencé. A savoir chercher des conseils auprès de professionnels, continuer ma thérapie avec mon psychiatre, y rajouter probablement le soutien d'un psychologue aussi. Prendre le temps qu'il faut pour me regénérer avant de pouvoir posément parler à mon frère. Voir où il en est, lui assurer mon soutien pour le jour où il décidera de se soigner et lui expliquer calmement les raisons de mon opposition silencieuse et de mon éloignement en attendant ce moment.

Je suis bien consciente que mon amour pour lui ne suffira pas à le sauver, on ne peut pas aider quelqu'un qui ne désire pas être secourru et j'ai conscience que je suis loin d'être apte à soigner une addiction et que ceci n'est pas mon rôle. Toutefois, je tiens tout de même à lui signifier que je suis là pour lui. Je ne serai pas en paix avec moi-même si dans qques années la situation venait à empirer et que je n'ai pas au moins essayé de lui tendre la main...

Un grand merci et une plaisante soirée à chacun! :)


 2 votes #311511
Lo1987
Femme de 32 ans
24/09/2019 à 00:20

@ Kendany : effectivement les similitudes sont nombreuses, un peu troublantes même! :)

Je te remercie particulièrement pour ton message. Je n'ai jamais posé l'étiquette de PN sur mon père mais il est clair que lorsque je lis des articles là-dessus je l'y retrouve... Je suis sincèrement désolée pour les difficultés mentales que rencontre ta Maman et qu'en plus des souffrances et peines s'ajoutent des problèmes financiers. Tout mon courage pour ta soeur et j'espère que ton frère est dans une meilleure passe.

Je n'ai heureusement pas connu de "rejet ou d'exclusion" mais mon frère oui. Et de fait je pense que sa consommation (de cocaïne) est très probalement liée aux souffrances qu'il a enduré au sien de notre foyer et à l'école...

Ton message de famille soudée dans la même galère m'a réconfortée et c'est surtout cela que j'espérais trouver, je t'en remercie vivement!

@ Jeanne00: Merci pour tes encouragements concernant l'écriture. Cela aide et soulage énormément il est vrai. Combinée à une grande soif de musique, elles me sont réellement des alliées redoutables! Paradoxalement c'est mon père qui m'a toujours encouragé à écrire. Je ne m'y suis remise que depuis 2 ans et je vois sincèrement une différence! :)


 1 vote #311514
Jeanne00
Femme de 57 ans
24/09/2019 à 00:21

... ^^


 0 vote #311516
Kendany
Homme de 24 ans
24/09/2019 à 14:15

Citation de lo1987 #311514

👍


 0 vote #311543


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