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Le mal de vivre ( ou pas )

Place aux débats - 03/06/2019 à 13:34 - 26 Participations

Le mal de vivre ( ou pas )

Ce sujet est un débat, échangez et partagez dans la bonne humeur

Bonjour tout le monde.

Y-a-t-il des gens sur ce site qui souffrent d'une sorte de mal-etre constant ou chronique, depuis leur naissance?

Des gens fragiles, en perpétuelle remise en question, plus ou moins mal dans leur peau, ayant une estime d'eux-meme trés facilement soumise aux aléas de leur cercle social?

Pour ma part, j'ai le sentiment d'une lutte depuis toujours sur ces points. J'ai souvent l'impression de progresser, puis de retomber finalement à peu prés au meme point, comme si mes progrés étaient en fait illusoires. Comme je suis interloqué et envieux des gens pleins d'énergie créatrice face à la vie, et qui ne semblent jamais remettre en doute le bien fondé de leur personne ni la joie qu'ils éprouvent à avancer dans leur vie.

Merci pour vos contributions sur cette thématique.


7 votes

Meilleure réponse

Non Mimoza, tu n´es pas le seul.

Et c´est à la fois éreintant pour soi, et épuisant pour l´entourage qui voudrait juste nous voir épanoui.

Mes dernières avancées sur ce sujet viennent à considérer que nous avons dû intégrer, très certainement assez jeunes, que ce que nous étions n´était pas assez, ne convenait pas.

Afin de pallier à ce manquement, la stratégie du "je me juge h24 pour observer ce qui ne va pas chez moi, pour ensuite le corriger " a été mise en place par le cerveau. Or le jugement est quelque chose qui éloigne de la vie, et de la sensation d´être vivant. Nous avons tous vécus, par exemples, ces moments particuliérement désagréables de compagnie avec des gens particulièrement critiques sur les autres et qui nous mettent mal à l´aise, nous faisant alors épier tous nos gestes en leur présence, ce qui bloquent spontanéité et naturel.

Comme on pense ne pas être "assez bien ", il nous faut donc " progresser " pour arriver au stade où nous serions "potables " donc assez biens pour les autres.

Or, tous les minis "progrès " réalisés semblent ne jamais tenir dans la durée. Pourquoi ? Parce qu ´il est impossible de faire progresser un humain. Un humain est une forme finie. Un humain est déjà complet.

Ce qui est bien sûr différent du fait de progresser dans un domaine, une activité, un savoir-faire etc.

Les gens qui vivent pleinement leur vie eux ont ce savoir inné qu´ils sont déjà suffisant. Donc ils investissent leur énergie ailleurs.

A contrario les gens qui sont dans la perpétuelle remise en question accordent une immense partie de leur énergie à essayer de voir comment ils pourraient se rattraper de la mauvaise copie qu´ils sont. D´autant plus qu´on les désigne, a posteriori, comme des " des êtres fragiles ", et amplifiant leur faible estime d´eux-mêmes initiale.

Bref le bas de gamme. Donc ça prouverait bien qu´ils devraient être corrigés de quelque chose.

Impossible alors de savourer la vie lorsque l´on pense être moins que les autres, alternant parfois des moments de sensation d´être au-dessus. Forcément jamais au centre.

L´intelligence étant, à la base, la seule arme défensive des êtres humains, tous les comportements d´hyper réflexions sont des réflexes de protection de l´individu.

Protection de quoi ? de la sensation d´être moins, donc la peur de la faiblesse. De la vulnérabilité.

Donc de la non-acceptation d´être juste un être humain. Ni plus ni moins.

Le développement personnel de notre époque est florissant pour cette même raison. Personne n´arrive jamais à se développer ni à trouver de réponses à ses ( non) questions, et donc les livres se vendent, les stages se remplissent, les vidéos s´accumulent. Il n´y a jamais de fin. Parce que rien ne donne de résultat au fond. Car il n´ y aucun résultat à obtenir.

Pour l´illustrer de façon coquasse, c´est comme si un labrador faisait des pattes et des pattes pour devenir " un meilleur labrador qui ne l´est ", pour progresser dans sa labradoritude...

Tout le monde rigolerait bien, avouons le.

Le degré ultime de ces théories d´amélioration de l´humain est limite de finir en ascète, détachés de ses émotions, la´paix en soi etc. Bref, tout simplement ne plus être un humain.

Le plus gros problème dans tout cela, c´est de détruire la croyance initiale de " ne pas être assez ", qui conduit à vouloir " s´améliorer ". Ca c´est vraiment très dur.

Car c´est une mauvaise habitude prise. Et les habitudes ont la peau dure.


8 votes

Belle analyse Keiros.

Donc tu renverrais toutes ces difficultés sur le plan purement éducationnel. C'est une possibilité. Il est évident que l'éducation a une part de responsablilité. Fameux combat entre l'inné et l'acquis. Bien qu'ayant reçu une éducation plus que douteuse, j'ai tendance à me convaincre que ma faiblesse est en grande part innée, et qu'elle aurait pu etre contre-carrée grace une éducation adaptée, et non l'inverse ( ou cette faiblesse serait entièrement acquise à cause d'une éducation destructrice). Mais c'est peut-etre ce que l'on a voulu me faire croire, afin de se déculpabiliser..Auquel cas tu aurais raison Keiros.

Merci en tout cas pour ta participation positive et trés éclairée.


2 votes

C'est quand je vois ce genre de témoignage que je remercie ma capacité d'inhiber, d'arreter de penser et de lacher prise. Et pourtant je suis issu d'une famille d'anxieux, je le suis moi meme, mais plutot que de me remettre perpétuellement en cause j'ai plutot misé au début sur la carapace et la solitude. Pas besoin des autres quand ils nous empoisonent. Le soucis c'est que du coup j'ai du apprendre à exprimer ce que je ressentais vu que je pensais ça inutile aux autres et penser à rendre la carapace plus souple.

Je pense comme le dit Keiros qu'il faut accepter qu'on est humain. Ce qui implique qu'il n 'existe pas de stratégie de fonctionnement idéale, on peut juste chercher à briser les habitudes pour s'équilibrer/ se sentir mieux.


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Salut MImoza

"Y-a-t-il des gens sur ce site qui souffrent d'une sorte de mal-etre constant ou chronique, depuis leur naissance? "

Il y a obligatoirement des gens qui répondrons positivement à ta question. Mais comme pour tous nous avons nos périodes positives (ou les bonnes nouvelles sont plus nombreuses que les mauvaises) et les périodes négatives où l'on accumule les ennuis.

La vie n'offre pas la même part de périodes positives et négatives à tous (nous sommes tous plus ou moins chanceux) et certains accumulent les défaites plutôt que les victoires...même en faisant preuve de "positivisme" et en essayant de mettre toutes les chances de leur côté... il y a une limite à la tolérance de chacun, de résister à la "galère".

D'autres personnes (cas contraire) accumulent les victoires et les avantages...et ne se rendent pas compte de leur chance....voir se plaignent tout le temps

Il faut de tout pour faire un monde...même si ce dernier est loin d'être parfait, il faut savoir se contenter de se que l'on a, en se disant qu'il y a pire comme situation!

Cordialement

Stéphane


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Bizarre... J'avais envie d'écrire une chose pareille aujourd'hui. Mais comme toujours, je ne le fais jamais (et c'est ce mal être qui me bloque souvent).

Je me vois très bien dans ta description, Mimoza. Mal-être constant? check. Fragilité? check. Remise en question tout le temps? check. Estime de soi facile à tomber en ruines? check...

Pour mon cas, c'est une combinaison des deux: un caractère qui s'est développé depuis la naissance et qui a modelé en quelque sorte mon enfance, puis une éducation dont je n'ai jamais évalué le côté destructif et qui m'a poussé à faire des choix pour tenter de réparer ce que je peux, pour constater finalement que beaucoup de choses sont irréparables après des années de lente dégradation. La fragilité, la faiblesse et l'anxiété sont des opinions que je fais constamment sur moi-même. La fragilité, parce que je suis toujours très sensible au moindre stimulus qui tente de me tirer en dehors de ma zone de confort. La faiblesse, c'est parce que je suis toujours impuissant à gérer mes émotions, mes réactions et à me défendre face à ces stimulus. Et puis, l'anxiété, c'est parce que je réfléchis mille fois à tout pour tenter de comprendre comment sortir de cette boule destructive qui m'empêche de m'améliorer même un petit peu. Moi, je suis très envieux de ceux qui peuvent donner une valeur à eux-mêmes, et qui osent se défendre au lieu de se retirer de toute situation gênante.

Adopter une philosophie de vie cynique m'a aidé un peu. Mais ce n'est pas une solution permanente.

Bon, je ne sais pas ce que tu cherches à travers ce débat, mais ça m'a donné au moins le courage de me défouler. Donc, merci :)


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Je ne crois pas qu’il faille s’inquiéter, déjà un cinquième des étudiants traînent un état anxio-déprimé, et chez les gays et probablement LGBT+ cette proportion est sans doute supérieure, puisqu’on dit que la moitié ou pensé à un moment ou un autre au suicide. Il pourrait même avoir débat sur un lien entre une fragilité précoce dans un monde de brute, et le rejet de son identité sexuelle ou des obligations liées à son genre. A l’inverse, se sentir trop différent ou trop seul pour affronter la concurrence au sein de la (sur)population humaine ne peut que conduire à adopter une posture essentiellement combative, ou au contraire un profil bas. Avec dans ce dernier cas l’inconvénient des dégâts quasiment irréversibles des peurs et déprimes prolongées, de surcroît à des moments critiques du développement, favorisant un terrain fragile et une chronicité de ces états. Bref que son origine soit l’oeuf ou de la poule, toujours est-il l’hypersensibilité, l’émotivité, les manifestations des peurs telles que l’anxiété, les états déprimés, et les addictions, sont ses amis proches de beaucoup de gays ^^

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BarelyInsane ,« Adopter une philosophie de vie cynique m'a aidé un peu »

Excellent ^^. Sans aller jusqu’à une philosophie de vie, je trouve que la plupart des sociétés, des cultures, des communautés sont éligibles à un regard cynique et tendre ^^ (jusqu’à concurrence des règles martiales qui doivent faire passer en majeur la protection des siens, si tant est qu’on les identifie...).

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Bon après il existe des tas d’autres méthodes plus ou moins efficaces, telles que celles rééquilibrant par des moments de plaisir (mais les déprimés accèdent plus difficilement au plaisir), ou par des moments valorisants (typiquement en donnant un euro à un mendiant ou servant deux repas dans un restau du coeur…), ou de lâcher prise (typiquement une séance de massage, d’hypnose ou de méditation), ou par construction d’illusions (typiquement en se convertissant à une religion ou écoutant un discours politique), ou encore en provoquant des hallucinations (typiquement par l’alcool, mais ces méthodes sont addictives et nécessitent d’augmenter la dose jusqu’à la mort).

Raconter sa vie fonctionne assez bien aussi, mais ce n’est pas toujours donné car les professionnels de l’écoute sont chers (les curés gratuits contre une petite excitation ...cérébrale ^^, c’est finit !).


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****ll est des périodes où nos projets ne semblent jamais vouloir aboutir. Où tout stagne !

Lâchez prise !

Confiance ! vos projets mûrissent ! Mettez-y de la légèreté ! Ils ont tout à y gagner !

Je viens ici vous prêcher patience et lenteur. Je réalise bien m’inscrire à contre-courant de notre société échevelée. J’assume (sourire).

Il existe dans la vie des périodes qui peuvent durer des mois, voire des années, où l’on a l’impression que tout stagne. En règle générale, je vous entends piaffer, quand cela vous arrive ! Et pour avoir moi-même traversé de telles phases, et moi-même, maugréé tant et tant… j’ai envie de vous tendre la main.

Stop ! Cessez donc de vous traiter de tous les noms ! Cessez de vous juger ! Vous êtes en train de grandir spirituellement, c’est en train de mijoter en vous ! Comme pour toutes les autres croissances, bougonner ne sert à rien. Je n’ai jamais entendu parler de développement accéléré par des protestations… Un(e) gamin(e) qui se houspille pour mesurer 1m80 ne prendra pas un cm de plus, ni de moins, que prévu par sa nature ! et au rythme de celle-ci ! Pareil pour d’autres types de mûrissement.

Me permettez-vous de vous trouver attendrissant(e), comme ledit/ladite gamin(e) !

En général, ce que vous cherchez à améliorer, c’est votre vie ! Et… vous ! Vous guignez vers plus d’authenticité ; vous aimeriez laisser plus de place à votre grand cœur, mettre l’amour au centre ; être utile… etc. Et vous vous étonnez de la lenteur : avec d’aussi beaux projets, avec votre cœur gonflé de tendresse, avec vos éventuelles découvertes de vos capacités profondes… mais pourquoi ça traîne ?!

Alors, je ne sais pas pour vous précisément, mais je peux vous dire ce que j’ai constaté.

Souvent, vos projets lambinent parce que vous y mettez trop de pression, trop de tension ! Vous vous cravachez, vous êtes raides comme des piquets ! vous oubliez d’avoir, ne serait-ce qu’une once, d’indulgence envers vous ! Au lieu d’accueillir le flux de la vie, vous êtes si contracté(e) que vous ne le voyez tout bonnement pas se dérouler, avec ses joyeuses propositions. Propositions que vous oubliez donc de saisir, puisque vous ne les captez pas…

De surcroît, votre raideur vous épuise ! Et vous voilà, sans énergie, à vous fustiger encore, de votre soi-disant paresse ! Un projet est toujours énergétivore ! Même sans ajouter de tension ! Alors, prévoyez de nombreux temps morts, où, en surface, vous seriez végétatif/ve… Il en est des obstacles à franchir ! La peur de l’échec, la peur de la réussite ! eh oui !, le syndrome de l’imposteur (pas de féminin connu !! et pourtant !!), vous savez celui/celle qui se croit prétentieux/se de briguer une place, un rôle… D’après mon expérience, ces obstacles se passent mieux en dormant ! ou en méditant... Là, vous débranchez, et votre psyché peut travailler, et avancer à grands pas.

Et puis, peut-être n’êtes-vous pas encore au cœur du projet qui vous correspond au iota près. Peut-être, y a-t-il des variantes oubliées, que vous ne pouvez percevoir, puisque trop crispé(e) sur les échéances ! Peut-être n’êtes-vous pas avec les bonnes personnes ? peut-être voyez-vous trop petit ? et vous faudrait-il rêver à une autre échelle…

Il arrive aussi fréquemment que les apparents retards vous protègent d’embûches que, tout feu, tout flamme, vous ne percevez pas du haut de votre "immaturité" ! Et, ainsi, à votre insu, tandis que mûrit votre affaire, vous êtes épargné(e). Vous n’allez pas objecter à cela quand même ?!!

Considérez l’endroit où vous êtes "scotché(e)", comme le terrain idéal d’expérimentation de vos activités futures. Si vous êtes là, c’est que c’est là votre place. Là que vous grandissez ! Je vous renvoie à l’histoire de Philippe Néri dont le projet était de pacifier son petit caractère ! Voyez par rapport à votre projet, ce que vous êtes en train d’apprendre, d’engranger comme informations. Vous serez surpris(e) dans quelque temps de constater que c’était exactement ce dont vous aviez besoin. Par exemple, vous souhaiteriez aider les personnes, et vous réalisez que vous avez des inimitiés si fortes que vous ne pourriez être d’aucune aide à ce type de personnes si elles vous consultaient professionnellement. Ou bien, vous donnez tant que vous vous oubliez, et votre vie actuelle vous le rappelle : Toi d’abord ! On ne peut aider que lorsqu’on est en forme, et, à peu près, au clair de notre propre vie… etc.

Et puis, je vous en prie, ne vous comparez pas à autrui. Vos projets sont différents puisque ce sont les vôtres. Votre épanouissement est différent. Votre croissance est différente. Là encore, ne vous méjugez pas, ne vous houspillez pas ! Allez relire le conte du jardin du roi. Et déployez-vous en douceur et confiance, pour être la plus belle/le plus beau possible !

En ces temps agités, je vous suggère, plus que fortement, de ne rien entreprendre si vous ne sentez pas un Oui puissant, et sans une ombre de doute, monter du fond de vos entrailles ! Si tel est le cas, foncez donc.

Sinon, cessez d’entraver le cours de votre maturation intérieure, en voulant tout contrôler, tout prévoir. Laissez-vous mûrir, laissez-vous grandir ! tandis que vos projets se mitonnent tout tranquillement, en vous et autour de vous !

Vous aurez des rides de contrariété en moins ! et du temps en plus… pour profiter de la vie !! Confiance !

Certain(e)s d’entre vous, à la lecture de ce texte, m’ont confié, un brin dépité(e), un poil agacé(e) : "Mais moi, je n’en ai pas de projet ! Alors ?!" (Profond soupir !) " Que veux-tu que je fasse !!"

Comment ?! tu n’as pas de projet ! Mais le projet, c’est toi, voyons ! Tu as le projet de te trouver, de trouver ta joie, de te déployer, de t’offrir au monde ! Personne d’autre ne peut avoir un aussi joli projet ! Toi seul(e) peut le mener à bien ! C’est le projet de toute vie ! au-delà, bien au-delà, de toute autre considération ! Le plus ambitieux, le plus vivant, le plus joyeux !

A toi de jouer !

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Source : Lhibiscus


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"je vous suggère, plus que fortement, de ne rien entreprendre si vous ne sentez pas un Oui puissant, et sans une ombre de doute, monter du fond de vos entrailles ! Si tel est le cas, foncez donc."

Je ploussoie, c'est mauvais pour la santé de se retenir.


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Je ne pense pas que l'auteur cherche spécifiquement de la motivation parce que sa vie stagne et n'évolue pas. J'ai l'impression qu'il veut comprendre pourquoi sa vie ressemble symboliquement à l'héros absurde de Camus. Pourquoi, comme Sisyphe, malgré toutes les motivations et les tentatives pour soulever la pierre, il finit par revenir à la case de départ.


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Bien vu Barelynsane.

On s'écarte un petit peu du sujet, bien que tous ces commentaires soient tout de meme pertinents.

Qu'est-ce-donc qui a eu toujours tendance à nous mettre en retrait, en spectateurs mals assurés du flux de la vie?

Cette fameuse fragilité que l'on nous rabache?

Ou bien un caractère un peu trop féminin qui fut sans cesse contré durant l'enfance. J'ai tendance à penser que la clé se situe là. Car cette meme sensibilité féminine aurait pu accomplir plein de belles choses si on lui avait laisser un minimum d'espace, de valorisation et de confiance. D'amour en somme.


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Ouch . Là tout d'suite les mots me manquent . Merci à vous .


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Découvrir la sensibilité des un(e)s et des autres sera toujours source , pour moi , d'un grand chamboulement . L'hypersensibilité peut être mal vécue , plus en ce qui me concerne . Là où elle a longtemps été une fragilité , elle est désormais vécue comme une grande force . Vous parvenez à mettre des mots , là où moi je me contente de traduire des ressentis .(via la musique , par exemple) . Vos mots font pourtant "échos" , de tous . Plus que de "mal de vivre" , j'ai plus envie de parler de "mal être" . Dont les raisons foisonnent . J'entends aussi ce qui est vécu comme cyclique , un coup ça va un coup ça ne va plus . Avec le temps , ce Grand Huit des humeurs s'estompe . Si si ... La sensibilité vraie rendra toujours vulnérable . Pour autant , avec le temps on apprend aussi à déjouer ce qui est susceptible de heurter . Les grands sensibles finissent souvent par passer pour de "grands glaçons" . On érige des murailles pour se protéger . Elles peuvent pourtant se fissurer . Jamais sous conditions , juste par confiance :-)


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Citation de BarelyInsane #301027

Je dirais que ça c'est habituel, tout le monde est logé à la même enseigne.

Après pour le faire il y a des gens plus au moins seuls, plus ou moins favorisés, qui peuvent relever leur pierre plus ou moins haut, qui doivent la relever plus ou moins souvent, parfois même tous les jours pour survivre.

Le point critique est l'énergie vitale, l'envie de recommencer. Et puis il y a des méthodes pour y parvenir, y compris de réduire le risque que la pierre retombe.

Quand tout est épuisé, notamment par la vieillesse qui épuise les forces et l'envie, c'est la fin.


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Citation de mimoza #301030

Qu'est-ce-donc qui a eu toujours tendance à nous mettre en retrait, en spectateurs mals assurés du flux de la vie?

Cette fameuse fragilité que l'on nous rabache?

Ou bien un caractère un peu trop féminin qui fut sans cesse contré durant l'enfance. J'ai tendance à penser que la clé se situe là. Car cette meme sensibilité féminine aurait pu accomplir plein de belles choses si on lui avait laisser un minimum d'espace, de valorisation et de confiance. D'amour en somme.

Je ne pense pas que la sensibilité féminine serait la cause directe de cette fragilité. Les deux sont liées, mais pas par causalité.

Je pense que ce mal de vivre est une conséquence naturelle du comportement social de l’humain. Je pense qu'une partie est innée. Une autre est acquise. J'essaie de m'expliquer avec mes propres constats qui ne reflètent pas forcément la réalité des choses, avec sûrement de longs paragraphes comme d'habitude :) Le but est de mettre ce mal-être en perspective dans le grand ordre des choses.

Nous sommes des mammifères, des animaux avec un comportement social. On est donc tiraillés entre un comportement égoïste hérité d'une longue évolution de Proie vs. Prédateur, et d'un comportement coopératif venant d'une coévolution des individus dans des unités sociales. Les deux comportements sont contradictoires, et on est le fruit de ce conflit. Une théorie de neuroscience sur le développement du cerveau humain nous suggère que le celui-ci est le produit d'une série de céphalisations successives, comme si notre cerveau est une imbrication (idée réfutée mais donnée que pour illustration) de plusieurs couches : reptilienne = purement égoïste, mammaire = moitié-moitié et humaine = orientée social. Comme toute espèce vivante, la nature nous dote avec des variations : elle produit donc des individus avec des degrés de docilité, d'hostilité, d'égoïsme et d'altruisme variés. Pour récapituler, on a tous des inclinaisons vers l’égoïsme et vers l’altruisme, vers la docilité ou vers l’hostilité, et ces inclinaisons dépendent des prédispositions génétiques.

Cela explique quoi ? quel est le lien entre le conflit égoïsme-coopération incrusté dans nos cerveaux avec le comportement sociétal complexe des êtres humains ? Il faut comprendre avant tout la nature de ce conflit qui, à mon sens, est la partie innée dont j’ai parlé avant.

Un individu égoïste possède une forte capacité de méfiance (par méfiance, j’entends la méfiance psychique qui n’est pas forcément comportementale). L’individu égoïste est le premier produit de la nature, comme beaucoup de reptiles, certains insectes et oiseaux. Il cherche par tous les moyens à survivre, lui et lui seul, et n’accorde pas de confiance même aux individus de son groupe. Il se bat même avec ces individus, très nombreux, pour survivre et se reproduire. L’avantage ici est que l’individu égoïste évite facilement des situations qui le mettent en péril : partager les ressources, s’occuper des petits, être dupé par une émotions, etc. L’inconvénient est qu’une telle vie est à la fois épuisante car rester en état de méfiance nécessite de l’énergie, et stressante puisque c’est le stress qui pousse l’individu à réagir face aux dangers. Cela explique pourquoi la plupart de ces animaux vivent en isolation, sont toujours en état d'alerte et s'appuient sur des compétences très améliorées pour survivre (poison, vitesse, attaque brutale…). Depuis la disparition des dinosaures, l’émergence et l’évolution des mammifères s’est reposée sur le comportement social, car il n'était pas nécessaire d'être en alerte 24/24 si on est en troupeaux. C’est même avantageux de s’entraider pour survivre. On vit avec moins de stress. En plus, on peut faire attention à nos petits, au lieu de pondre 36000 oeufs et les laisser aux aléas de la nature. Tout cela sert à s’octroyer un avantage essentiel : réduire la consommation d’énergie et du stress. Il y a toutefois un inconvénient. Pour éviter l'épuisement lié au comportement égoïste, il faut atténuer le niveau de méfiance : il faut donc accorder la confiance aux autres ! La confiance peut être donc expliquée comme une atténuation de l'état d'alerte lors qu'on juge à travers nos stimuli que le risque de danger est trop faible pour qu’on se mette en mode combat-ou-fuite. Le problème, c’est qu’on ne peut pas faire confiance à tout. On serait dupe, comme le corbeau dans les fables. La nature avait donc fait de son mieux pour équilibrer nos niveaux de méfiance, d’une façon naturelle à travers des années d’évolution. C'est cet équilibre-là qui nous permet aujourd’hui de ne pas être alerté par un petit oiseau qui vole à côté de nous, mais alerté par un léopard qui court vers notre direction ; "faire confiance" à un scarabée qui transporte son bousier sur terre, mais pas au gros moustique qui vole au-dessus de notre tête pour nous piquer ; à une maman ou à un ami proche, mais pas à l'étranger en capuchon qui se dirige vers nous. Par exemple, à travers une sélection artificielle, on a "atténué" le niveau d'alerte chez les loups les plus dociles pour obtenir ce qu'on appelle un chien. On voit donc que le conflit égoïsme-coopération s’est traduit au niveau comportemental à un conflit de méfiance-confiance. On est donc tous dotés avec des niveaux de méfiance et de confiance calibrés par la nature, et chaque personne a ses propres paramètres calibrés.

Maintenant, comme cela se traduit au niveau comportemental dans une société humaine ?

Depuis notre enfance, on est programmé à faire confiance à nos mères, et à fuir les autres et courir de tous les dangers. Le domaine de confiance du petit est très étroit et ne dépasse pas le cadre de ses parents. Avec le temps, on développe ce qu'on appelle un attachement : c’est une réévaluation de tous les niveaux d'alerte. L’enfant développe un attachement envers ses parents, puis envers ses membres de familles, de ses amis, etc. C'est comme ça que l'enfant ne fuit plus ses oncles distants, les voisins, et puis les gens qui lui donnent une sucette...cette réévaluation est similaire à ce qu'on vit comme adultes lorsqu'on rencontre des nouvelles gens, et qui deviennent des amis intimes par la suite. Mais l'attachement acquis à la première période de l'enfance est très particulier, car c'est la première tentative de l'humain de faire une telle réévaluation. Cette étape cruciale de croissance, si elle est foutue, mène à une perte de repères : l’individu ne peut plus ajuster ses niveaux de méfiance d’une façon normale. Par exemple, dans la théorie contemporaine de l'attachement, on diagnostique qu’un déséquilibre aux premiers mois de l'enfance mène parfois à un trouble réactif de l'attachement : les niveaux de méfiance soit repartent à 100% : on parle du cas inhibé où l'enfant ne peut plus faire confiance à qui que ce soit (illustré dans l'histoire effrayante de la petite Beth Thomas), ou à 0% : et là, l'enfant est en complète désinhibition et peut tolérer tous les abus (ce qu’on appelle le trouble d’engagement social désinhibé, ou DSED en anglais). Cette maladie clinique n’est qu’un exemple, et je l’ai citée pour illustrer un cas extrême lorsque la gestion du conflit méfiance-confiance est en désordre complet. La partie acquise est une extension de cette gestion sur toute notre vie, y compris la partie essentielle de l’enfance. Comment ?

Comme j’ai dit, on part tous avec des niveaux d’alerte plus élevés et on les atténue après évaluation. Là où ça devient compliqué, c’est lorsqu’on se pose devant une dissonance forte qui nous oblige à relever les niveaux de méfiance. Par exemple, connaitre que son gentil voisin était en fait un pédophile provoque une forte dissonance qui cause une accumulation de stress. On réévalue donc nos niveaux de confiance : on se méfie donc du voisin. Cet exemple reste quand-même "survivable", c.-à-d. il ne se développe pas en malaise. Quand cela se développe en un vrai mal-être, c’est lorsque la résolution du conflit interne reste inefficace pour anéantir le stress provoqué par la dissonance. En voici un exemple : un adolescent gay a à priori confiance en l'amour et la protection que ses parents lui accordent, confiance établie et prouvée depuis l’enfance. Lorsque cet adolescent se heurte à la vérité que ses parents détestent l’homosexualité, la confiance longuement établie est remise en question. Premièrement, la forte dissonance cause le stress, et pour tenter de l'anéantir, l'adolescent cherche des solutions. Il ne peut pas devenir à 100% méfiant de ses parents, car cela causerait plus de stress (abandonner la famille signifie une rupture de l’attachement). Il choisit donc un compromis : il peut cacher la vérité en se faisant l’illusion que les choses se régleront par la suite (ainsi se développent les croyances surnaturelles). La déception engendrée par l’échec de cette promesse illusoire fait réémerger le stress, et maintenant la solution semble inefficace contre le stress présent. Selon si son caractère est naturellement plus docile qu’hostile ou l’inverse, l’adolescent choisit d’attaquer (se révolter contre la structure familiale et contre les normes et les tabous) ou de fuir (se retirer en optant pour une isolation mentale ou comportementale). Le retrait est choisi lorsqu’on juge que l’offensive ouvrirait une boite de pandore, des nouveaux problèmes avec leurs stress. Cet exemple est ce que j’appelle un conflit de conditionnement. Ce n’est pas un conflit de méfiance-confiance à gérer en gérant une dissonance simple à résoudre comme le cas du voisin pédophile, c’est un conflit qui se développe et corrige avec l’isolation sans être parfaitement résolu (i.e. stress disparu). C’est une expérience que le temps grave dans notre esprit, une tournure vers un conditionnement des prochaines réactions dans des situations similaires.

Ici, j’ai parlé de l’adolescent gay pour illustrer un seul cas isolé dans l’espace et dans le temps. Lorsque des déclencheurs similaires amorcent des conflits (viol, rupture, agression, rejet parental, licenciement…), l’isolation s’amplifie et le stress aussi. Comme je l’ai expliqué dans la théorie de l’attachement, l’âge auquel ce conflit est provoqué influence l’impact final sur la personne. Pour utiliser ton exemple, Mimoza, un garçon avec un caractère féminin se heurte depuis un âge précoce à un conflit entre "IDEE 1 = je suis né comme ça, et je ne fais pas de mal à personne" avec "IDEE 2 = la société, y compris ma famille ou mes amis, réprimande le comportement hors norme". Une forte dose d’hostilité pousse ce garçon à s’insurger contre la société, c.à.d. IDEE 2, ce qui est difficile car la société tente à le conditionner en atténuant son hostilité (rééducation, séances de reconversion…). Il est donc plus probable que le garçon qui tente toujours de résoudre sa dissonance choisisse le compromis : il met ses niveaux d’alerte à des seuils élevés (i.e. inhibe sa confiance), mais suit le chemin de l’isolation pour éviter les situations de stress intense. Il peut même sous la pression de la dissonance cognitive éviter l’IDEE 2 et changer l’IDEE 1 qui devient : "je suis un monstre, ce que je suis fait mal aux autres". Ce conflit corrigé mais non résolu devient un conflit de conditionnement. La prochaine fois où un stimulus provoque un conflit similaire, le même état d’esprit conditionné émerge sans que le stimulus soit exactement le même (voir une pièce théâtrale caricaturale mettant en scène un homme déguisé en femme, et tout le monde se met à rire, provoquerait le même conflit et fait émerger l’état d’esprit de l’enfance dure du garçon efféminé). Cet état d’esprit se transforme en un point de faiblesse et une source de fragilité où le stimulus provoque son apparition sans qu’on sache vraiment pourquoi. En émergeant plusieurs fois, il devient un point de référence. Et donc après toutes les tentatives qu’on espère faire pour résoudre ce conflit, le fait que ce point de référence réémerge dans nos esprits nous donne l’impression qu’on revient à la case de départ, qu’on n’évolue pas, ou qu’on fait des cycles. Bien sûr, ceci reste un seul exemple, la réalité est qu’on est confronté à plusieurs conflits, chacun nous impactant et/ou nous conditionnant, et le tout contribue à notre personnalité.

Tout ça semble glauque comme explication : dire que certains aspects de notre personnalité sont intrinsèques ou qu’il est tard de changer certaines choses. J'ai essayé de parler des causes comme je les comprend. Comme un cynique, j'expose l'absurdité de certaines vérités avec une désinvolture qui ne cherche pas spécifiquement des solutions. Mais pourtant je ne suis pas pessimiste. Une première étape consiste à fouiller dans son esprit pour comprendre la source de ses conflits. Il faut ensuite déterminer pourquoi on avait choisi une telle ou telle décision pour résoudre ce conflit, et voir si on peut changer l’issue en optant pour une autre décision. Si ce n’est pas possible, on se moque de la condition humaine, car rire des absurdités de la vie est une illusion raisonnable pour ne pas trop y penser.


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Ton explication est claire et très intéressante, notre niveau de confiance ne peut pas complètement échapper aux réflexes de notre condition humaine et au conditionnement consécutif à notre propre histoire.

Mais les sociétés, les cultures ne sont pas idiotes non plus, pour exister dans leur environnement elles ont atteint un équilibre qui anticipe l’essentiel de ces contingences individuelles, soit en les normalisant y compris hiérarchiquement, soit en les occultant de l’espace public, soit en les éliminant tout court. Le souci c’est qu’il y a presque autant de méthodes d’assimilation que de cultures, et c’est notamment vrai concernant les genres et sexualités.

Je me faisais cette réflexion en lisant que le président des Philippines, homophobe convaincu, affirme que l’homosexualité est une maladie dont il se serait lui-même «soigné». Les Philippines sont l’exemple de cultures insulaires quasiment océaniennes et primitives ayant été christianisées tardivement, où l’homosexualité des garçons avant le mariage n’était pas le problème, que le catholicisme n’avait pas vraiment réussi à contrôler (les bons prêtres comme les diplomates en avaient-ils vraiment la volonté mdr). Donc que le président ait été homosexuel avant de se marier n’aurait rien d’invraisemblable. Par contre, que l’ouverture orient-occident ait entraîné des abus, introduit le fléau du Sida que cette bisexualité à largement dispersé dans la population, et introduit par la suite un intégrisme religieux réactionnel, certainement. Et que sa posture en découle, soit probablement partagé par une bonne partie de la population, c’est aussi vraisemblable.

L’union faisant la force, un individu peut aussi bien se joindre à la meute que d’en avoir peur, et même la conduire pour avoir bonne conscience.


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Oui. J'ai parlé essentiellement du comportement d'un individu dans son contexte social parce que le sujet était orienté dans ce sens. Traiter la société d'une façon similaire serait difficile et nécessite une approche plutôt sociologique. L'évolution des normes et des cultures nécessite la prise en compte de l'interdépendance entre les membres de cette société. Mais évidemment, l'individu ne voit pas la totalité de la société. Il ne la connait qu'à travers le métarécit qu'il reçoit (stéréotypes, anecdotes, histoire, croyances, médias...). Il réagit donc selon cette perception sans pour autant tenir compte des complexités de la structure sociale. C'est pour ça que je pense que de toute manière qu'une culture ou une croyance n'affecte un individu qu'à travers sa perception lui-même d'elle : on revient à une dissonance cognitive entre la nature vécue (homosexualité) et la croyance ou la culture implantée (croyance = vérité, culture = normes autoritaires, mais cette croyance ou culture condamne l'homosexualité). Il y a plusieurs façons pour réagir à cette dissonance : isolation, réinterprétation de la croyance, des normes pour trouver un compromis, rejet des normes ou de la croyance, ou rejet de la nature : on contrôle ses désirs, un conditionnement par punition ou autres peut aider, et on prétend qu'on est guéri !


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J'ai zappé un peu tous les commentaires , trop longs à lire pour l'heure . Quand tu parles , Mimoza , d'éducation destructrice , éducation est un mot en trop . C'est son absence qui a des effets ravageurs , sauf à être non pas dans l'éducation mais dans le "dressage" . (l'unique but étant de rendre docile , plus que "d'éduquer")

La sensibilité n'est pas une histoire de genre , elle est humaine , juste humaine .

*" ... Y-a-t-il des gens sur ce site qui souffrent d'une sorte de mal-etre constant ou chronique, depuis leur naissance?

Des gens fragiles, en perpétuelle remise en question, plus ou moins mal dans leur peau, ayant une estime d'eux-meme trés facilement soumise aux aléas de leur cercle social?

Pour ma part, j'ai le sentiment d'une lutte depuis toujours sur ces points. J'ai souvent l'impression de progresser, puis de retomber finalement à peu prés au meme point, comme si mes progrés étaient en fait illusoires. Comme je suis interloqué et envieux des gens pleins d'énergie créatrice face à la vie, et qui ne semblent jamais remettre en doute le bien fondé de leur personne ni la joie qu'ils éprouvent à avancer dans leur vie..."*

Il y a encore dix ans en arrière , j'avais le même ressenti . Une saine colère , me permettant de mettre/voir les choses (qui blessent) dans une autre perspective ,m'a permis de m'interroger comme tu le fais aujourd'hui . Sensibles , on encaisse . Vient un jour où le ras-le -bol s'exprime , enfin . Un vrai ras l'bol , une grosse colère . Pas (plus) cette volonté de vouloir toujours tout temporiser , à force de gentillesse . Gentillesse qui finit par être gonflante aussi , pour soi pour tous . Un fonctionnement qui enferme ... A vouloir trop prendre soin des autres , on ne prend plus soin de soi . En apprenant à devenir un peu égoïste , on se rend bien plus service à soi , et par voie de conséquence aux autres . A se faire du bien , on devient plus agréable avec tous . On en guérit de ce "vide intérieur" qui nous rend "triste à mourir" . Même si parfois ^^ . C'est une certitude .

La sérénité a aussi son prix :-)


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Salut Jeanne.

Ce que tu dis est trés vrai. Tu as pu réguler ton comprtement d'une façon positive et stable apparement.

Comme le disait Keiros, c'est un problème d'équilibre à trouver, quelquechose qui parvient à etre stable. On oscille souvent entre le trop et le pas assez. En tout cas, on est trop soumis à l'intellectualisation de notre comportement. Au lieu d'etre dans la spontanéité, d'égal à égal avec les autres, on s'auto-jauge en permanence. Parfois on a le dessus (en excès) , parfois on l'a pas (en excès aussi). Pour ma part, ce n'est pas un excès de gentillesse. Il y a longtemps que j'ai appris à la doser comme il faut. Je serais plutot trop sur mes gardes et trop méfiant!


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Bonjour.

Ce que tu ressens, je le ressens moi aussi. Et je dois bien avouer que c'est le genre de chose qui te pourris la vie. Dans mon cas ca m'empêche clairement d'avancer. Le fait de me remettre sans cesse en question, de toujours me demander ce que les autres vont penser de moi quand je sors ou quand je parle. J'en finis par ne sortir que pour le boulot et les courses, le reste du temps je reste cloitrer chez moi a me morfondre et a m'en vouloir d'être ainsi et de ne rien faire pour que les choses changent un peu. Ca crée des manques, le manque de contact social déja, je n'ai plus d'amis puisque je ne sort plus ou ai refusé de sortir et finis par lasser le peu d'amis que j'avais. Sans compter que je me compare souvent aux autres, c'est un tord je le sais bien mais c'est plus fort que moi.Et puis le manque amoureux aussi, je me sens incapable d'être en couple, parce qu'incapable d'assumer déjà, et puis ca peut paraitre exageré mais je ne vois pas ce qu'un mec pourrait trouver d'interessant chez moi. je ne suis pas sans cesse dans le negatif, en tous cas face au gens je laisse croire que tous va bien, a mon avis les gens qui me vois sont loin de se douter que je vais aussi mal interieurement.Bref tout ca pour dire encore une fois que je te comprend, et que j'espère que les choses pourront s'arranger pour toi ;)


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Message touchant Mike. On en parlera en mp.


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Citation de mike6230 #301340

J'ai l'impression de vivre la même chose que toi. Tout va bien en façade pour le reste c'est autre chose!


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Citation de mimoza #301249

Hey , Mimoza^^

Oui et non . J'ai pu réguler sur le long terme . Ce qui ne m'a pas empêchée d'être déstabilisée parce que malmenée . (et il y a bien des façons de malmener quelqu'un) . Pour pouvoir se réparer , il faut aussi apprendre à se remparer . Comprendre qu'être un peu égoïste n'est pas négatif . Alors oui , la méfiance nous quitte rarement . Mais quand enfin ça arrive , on ne peut qu'être heureux^^ . C'est sûrement ce qui nous expose le plus mais c'est aussi ce qui nous apporte le plus : cette très grande naïveté , jamais dans le calcul . Il parait qu'elle se nomme aussi "sincérité" ... ;-) (la fuite , lorsqu'elle est consciente , est aussi une forme d'égoïsme protecteur)^^


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En ce jour d'anniversaire, 48 ans de vie dans ce monde, je me permets d'intervenir seulement pour exprimer ma réalité.

Je connais très bien ce sujet du mal vivre qui découle du mal être.

Tout individu né est constitué d'un corps plus ou moins en bonne santé. Et d'un esprit là aussi plus ou moins équilibré, pour l'avoir expérimenté.

Oui je suis un accident de la vie ! Je n'étais pas prévu au "programme".

De ce fait, il m'a fallu des décennies pour comprendre et accepter qui je suis et pourquoi je suis encore en vie même dans un état parfois limite.

Et je tiens à la vie. Ce qui n'a pas toujours été le cas quand je me sentais désarmée devant l'ampleur de la reconstruction ou le croyais-je seulement...

La vie, notre âme l'a choisi et c'est un combat de tous les instants que de trouver l'équilibre.

À nous de nous écouter, de savoir communiquer, de montrer de la bienveillance à notre entourage qui la plupart du temps est dans l'ignorance la plus totale et incapable de comprendre notre état.

Le mal être n'a pas de place là où l'esprit positif et l'amour triomphent.


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Bsr,

Si si le mal être ça arrive, mais faut dans ce cas s'entourer de beaucoup d'amis avec qui faut encourager beaucoup d'activités (sortie soiree, sport, manger, cinema, balade), ça occupe et ça fait gagner confiance en soi peu à peu.

Mon avis.

Porte-toi bien.


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Salut tout le monde.

Ce que je comprends de ce qu'expose Mimoza est que son mal-être est un état constitutif (prématurément acquis ou inné peu importe) et que par conséquent il n'est pas passager. C'est un ADN. Les discours positifs n'ont que peu d'impact sur cet état de fait. Les discours qui enjoignent les timides, les mal-aimés, les dépressifs, les fragiles, les phobiques des autres à sortir, à rencontrer physiquement des gens, à se bouger, à faire des activités sportives, à s'engager en milieu associatif sont perçus (je parle de mon cas) comme, au mieux, risibles, au pire comme des injonctions insultantes tellement elles sont en décalage. Le fait de rencontrer des gens pour soi-disant se changer les idées ne les a jamais fait s'évaporer. Qu'on se pose mille questions à la seconde sur notre comportement, notre posture physique, notre discours (quels mots choisir et pourquoi ceux là ?), notre élocution ou que sais-je, est très lourd à porter et envahit en grande partie le champ mental qui ne peut plus "lâcher prise" puisqu'il est justement retenu et accaparé.

Alors quoi ? Je pense qu'on est contraint de vivre avec ça. Un état constitutif donc permanent ne se change pas. En revanche, ce qui peut être modifié, c'est la perception qu'on a sur lui. Je suis comme ça ok, comment je vais vivre avec ? Et pour accepter un handicap (celui ci est surtout social), il faut en faire son allié et trouver des moyens de se l'acaparer et en faire une originalité, une qualité voire une fierté. La remise en question permanente peut éviter certains écueils, elle signe une certaine finesse d'esprit aiguisé à force d'être ressassée puis intégrée. Elle ne doit pas nous empêcher de vivre, seulement elle retarde un peu les choses : les événements seraient vécus avec un léger décalage et moins sur le moment. C'est comme si on appliquait un filtre à tous les domaines de la vie. Mais un filtre laisse tout de même passer des choses.

Personnellement, j'ai cessé d'envier les personnes qui vivent "à fond" les choses, qui sont d'une spontanéïté suspecte, les bavards, les exubérants, les "à l'aise" qui laissent penser que toi, tu passes à coté de quelque chose, que sans eux, c'est plus fade. Chacun est selon lui. Le mimétisme a rarement porté des fruits extraordinaires. Ces gens là peuvent être des moteurs par leur brillance solaire, leur élan vital mais jamais ils ne doivent devenir des modèles. Et qui sait si tu n'es pas un modèle pour eux ?


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