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Demande d'écoute, quelques questions ~

Demande d'écoute, quelques questions ~


Anonyme
Ce sujet est une demande d'aide, écoute et bienveillance sont de rigueur

Bonjour/Bonsoir à ceux qui liront ce petit sujet.

Comme indiqué, j'aimerais parler de mon passé et surtout posé mes questions en vrac, je me dis que peut-être en parlant, en lâchant mon pavé ici, j'aurais des avis extérieurs qui pourront m'être utile. Enfin, je l'espère en tout cas.

Hum, commençons par le commencement ? (Je ne vais pas aller dans de grands détails, juste des grandes lignes)

Pour commencer joyeusement, j'ai toujours été maltraité par mon père, il jouait beaucoup sur la psychologie avec moi mais malgré tout, il y a eu quelques (trop à mon goût) violences physiques également. Tout le collège, je l'ai passé en ayant été persécuté, harcelé et nouveauté ! On a même usurpé mon identité à des fins assez horrible pour ce moment-là. Entrée au lycée, joie ! Ou pas d'ailleurs, j'avais décidé d'accepter un peu plus ouvertement mon homosexualité, rebelote, harcèlement sur plusieurs mois. N'en pouvant plus, je suis entré dans un monde inconnu qu'était la dépression (2013). Je me suis scarifié (oui pas bien, je sais...), j'ai arrêté les petits déjeuner et j'ai fini par même arrêter le déjeuner. Malgré ça, je reste un minimum optimiste (j'avais encore un minimum d'espoir), et je tentais d'aider de bonnes amies à ne pas sombrer dans ce même monde.

Rien ne s'est jamais calmé et la révélation à ma famille de mon orientation n'a rien arrangé. Je m'enfonçais chaque jours un peu plus dans la dépression. J'ai finalement contacté un psychologue qui ne m'aider pas tellement. J'ai été hospitalisé suite à la découverte de mes scarifications par le psy. Quelques mois plus tard, j'ai fait ma première TS, hospitalisé à nouveau, plus un signalement aux services sociaux, à qui j'ai dû mentir. (Gentilles menaces de mon père) Un peu plus tard, une nouvelle TS par strangulation (non signalée) Rien n'allait bien, je me sentais comme un moins que rien, une merde. J'essayé de positiver en me disant que mon orientation n'était pas anormale mais que c'était les gens qui l'étaient. J'ai changé de lycée. Au début tout allait bien, puis, j'ai encore perdu un être cher à mon coeur. Une de mes meilleures amies s'est suicidée. Les scarifications n'en sont revenues que de plus belle.

[J'avais perdu ma grand-mère l'année précèdente] J'ai tenté de vivre tant bien que de mal avec. J'ai été aggressé dans un bus par rapport à mes différences. Et peu après, j'ai fait de nouveau une TS, hospitalisation. Octobre, mes parents me mettaient à la porte, avant de finalement me récupérer afin de mieux souffrir. J'ai enchaîner deux hospitalisations avant de fuguer de l'hôpital, me rendant bien compte qu'ils n'étaient pas là pour m'aider. Finalement, j'ai réussi à trouver quelqu'un qui m'a écouté et aidé.

Dans ce grand combat que j'ai livré à la fin de mes 17 ans, j'ai quand même perdu une mère et deux soeurs. Grande souffrance ~ Il y a 8 mois, j'ai une autre très bonne amie qui s'est également suicidée. (J'en étais encore plus proche, j'ai beaucoup plus de mal à m'en remettre)

Il y a deux ans, j'ai fait quelques choix qui font que j'ai quitté ma région d'origine pour quelqu'un et qui font qu'aujourd'hui j'y suis "coincé". Je déprime toujours mais j'ai réussi à ne plus reprendre les scarifications (Grâce au fait que je me sois accroché à deux projets, qui, aujourd'hui, se concrétisent un peu plus). J'ai le sentiment d'être tiraillé entre le monde où je suis actuellement et ma famille adoptive...

Je tiens à préciser que de 2013 à 2015 j'ai également écrit des textes sur ce que je ressentais. Maintenant, je me pose des questions, suis-je normal ? J'ai l'impression qu'il ne faut pas que je parle de ce passé. Que ce passé fait en quelque sorte fuir les gens ~

Ajoutons à ça le fait qu'à cause de ma dépression et de mon problème au dos, je n'ai aucun avenir professionnel. Et là, on peut dire que quelqu'un qui ne peut pas travailler en fait fuir plus d'un. Pourquoi ?

Pourquoi ai-je ce sentiment d'être rejeté ? D'être une erreur ? Pourquoi j'ai ce sentiment de ne pas avancer, de solitude ? Ce sentiment de ne pas être compris ? D'être utilisé ?

J'écris ce sujet un peu en vrac, mais j'ai eu (enfin) le "courage" de le poster, certes en anonyme mais posté. Merci à ceux qui seront "être à l'écoute".


Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements

"Pourquoi ai-je ce sentiment d'être rejeté ? D'être une erreur ? Pourquoi j'ai ce sentiment de ne pas avancer, de solitude ? Ce sentiment de ne pas être compris ? D'être utilisé ?"

Peu ou prou les dépressions s'installent sur des terrains plus fragiles, par l'accumulation de soucis apparaissant sans solution, dans un environnemment social et familial qui peut être difficile, entouré d'amis plus compréhensifs mais ayant les mêmes problèmes et aussi plus fragiles, etc. On peut se remettre à flot par différents artifices mais avoir du mal à avancer.

Si j'ai bien compris les termes "utilisé" et "coincé" que tu emploies exprime un sentiment de dépendance qui te gène ?



Anonyme

Oui, j'avais vu ça ~ Puis au vu du temps, je la considère un peu comme éphémère, ou comme quelque chose avec quoi je vais devoir vivre ~

Non, pour le "coincé", je parlais plutot de la région puis le "utilisé" pour faire gros, c'est comme unr impression d'être un torchon.


Djgay
Homme de 33 ans
Paris

Bonjour,

Avant tout je pense que personne n'est inutile, et personne n'est un torchon. Tout le monde a droit au respect, on est tous des êtres humains et qui sont ils les personnes qui se permettent de juger ?

Je connais la dépression et bien que chaque situation soit singulière, il y a toujours des similitudes dans le ressenti des choses. Même si rien n'est facile bien entendu, je pense que tu devrais essayer de rencontrer des personnes qui ont un bon fond et qui respectent les autres. Pour cela il y a plusieurs moyens : sortir dans la communauté lgbt où tu ne seras pas jugé, aller dans des associations (tu y trouveras du réconfort et cela te permettra de te sentir "utile"), et je pense que pour cela le mieux est de se rapprocher de Paris si tu y es loin, afin de ne pas te sentir étouffé.

Cela n'effacera jamais ton passé ni ta tristesse, mais cela te permettra d'aller de l'avant et de te sentir soutenu et réconforté , ce qui est très important.

En tout cas ne baisse pas les bras, il y a des personnes qui valent beaucoup mieux que celles que tu as côtoyées jusqu'ici. Courage à toi !


Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements

Dans notre monde on est tous plus ou moins exploités et jetables comme des torchons. Après il faut que cela reste acceptable, rentable. Et dans le cas contraire il faut évaluer le risque de se retrouver dans une situation pire encore. C'est un "copain" ou une institution désintéressée qui t'aide ?

Si j'ai bien compris ta situation - dont il me semble avoir lu je ne sais plus où une situation similaire, un problème de dos t'empèche d'exercer le métier que tu as appris. As-tu envisagé une reconversion ?


Katarzyna18
Femme de 20 ans
Beziers

Suis-je normal ? oui à 100%

Pourquoi ai-je ce sentiment d'être rejeté ? parce que t'avait survecu des choses très difficiles

D'être une erreur ? t'es pas un erreur ,je t'assure que tu trouvera bonheure

Pourquoi j'ai ce sentiment de ne pas avancer, de solitude ? parce que il est t'il possible que à la force de pense de ton passé et/ou futur t'es pas concentre sur moment present

Ce sentiment de ne pas être compris ? D'être utilisé ? t'avait vu le monde sombre , c'est comme d'avoir enfer ou un demon dans la tete , meme des annees apres quand " la maladie disparu" des fois on déprime, des fois on va mieux des fois moins ect ect ça peut etre une des causes puis ça peut etre separation avec enturage,ça peut etre pas d'avoir une perssonne quelle comprent tes sentiment

Selon moi tout dans la vie est possible dans la vie et rien n'arrive pas son raison bref je tu soite d'amour,bonheur,de tout quoi tu aidera dans la vie d'etre bonne personne

(et désolé pour des erreurs , je écrit super mal des fois xp )


Iloee
Homme de 36 ans
Ailleurs dans les monts du forez

**J'ai le sentiment d'être tiraillé entre le monde où je suis actuellement et ma famille adoptive...

**Je tiens à préciser que de 2013 à 2015 j'ai également écrit des textes sur ce que je ressentais. Maintenant, je me pose des questions, suis-je normal ? J'ai l'impression qu'il ne faut pas que je parle de ce passé. Que ce passé fait en quelque sorte fuir les gens ~

**

Ajoutons à ça le fait qu'à cause de ma dépression et de mon problème au dos, je n'ai aucun avenir professionnel. Et là, on peut dire que quelqu'un qui ne peut pas travailler en fait fuir plus d'un. Pourquoi ?

**

Pourquoi ai-je ce sentiment d'être rejeté ? D'être une erreur ? Pourquoi j'ai ce sentiment de ne pas avancer, de solitude ? Ce sentiment de ne pas être compris ? D'être utilisé ?****

Déjà bravo pour le courage dont tu fais preuve en étant encore ici et à t'exprimer là..

Ensuite tu as plein de questions, et le fait de poser la question d'être normal, me semble à côté de la justesse de poser cette question "est-ce normal de pouvoir endurer ce que tu as vécu sans le vivre justement tel que toi tu l'as vécu ?" autrement dit, beaucoup de tes états, de tes fuites et de tes actes découlent de ces failles d'enfance liées à tes relations parentales...et familiales pour commencer. Tu as fait ce que tu as pu avec les moyens que tu estimais à ta disposition, n'est-ce pas ?

Aujourd'hui les choses sont encore différentes, mais ce n'est pas pour cela que tu n'as pas les séquelles et les failles qui te font avoir des sentiments et des émotions en lien avec tout cela. Les sentiments de solitude sont liés au rejet que tu as subi dans l'enfance...et tout découle de ce rejet. L'enfant qui a vécu cela, n'est pas guéri et il vit cela en toi, car l'être adulte que tu es, ne prend pas clairement position entre le passé et le présent, il ne prend pas non plus en responsabilités ce qui lui revient et ce qui ne lui revient pas (les actes de tes parents ne sont pas de ton fait par exemple..le fait de l'avoir subi te rend-il responsable pour autant ? le méritais-tu ?)

Il y a des tas de questions auxquelles Toi tu te dois de répondre, puis tu te dois de te consoler, de t'aimer et de t'accorder la place que d'autres ne t'ont pas donné ou offerte ! C'est comme ça que tu pourras avancer.

Quant aux questions sur le passé de souffrances, ça peut être un frein aux relations si justement ce passé est encore un poids personnel t'empêchant d'avancer et donc de pouvoir construire avec l'Autre des relations équilibrées et saines des deux côtés...le problème n'est de savoir si tu peux l'évoquer ou pas, la véritable question est "En suis-je guéri pour construire ce que je souhaite pour moi-même et avec les Autres ?"

Pour le travail c'est idem, c'est lié à quoi ? Une incapacité physique/mentale...les gens ne devinent, les faire cheminer sur ton propre parcours peuvent les amener à être compatissants et compréhensifs, c'est à toi de trouver la manière la plus authentique d'en discuter et non lacher de but en blanc "je ne travaille pas, et je ne travaillerai plus jamais" tu vois ?!

Saches que tu n'es pas une erreur, tu peux trouver plein de sens et de force dans ton vécu, tu peux découvrir un être tout simplement insoupçonné sous les couches de souffrances et de l'oubli. Tu es un être unique qui a le droit et le devoir d'être aimé et écouté, et de pouvoir en donner les partages en réciproque.

Bon courage encore à Toi

Iloé


Beeshop
Homme de 28 ans
corbas

C'est con à dire mais ce n'est qu'une passade, qui dur depuis longtemps j'entend bien, mais ce n'est pas un état dont tu ne sortira jamais. Prend du recule sur ta situation, regarde ce que tu as traversé, tu es toujours debout, tu chancelle peut être mais avec une bonne béquille tu avanceras, avec une force que tu ne soupçonnais pas, tu va la sentir monter en toi petit à petit, quand on traverse autant d'épreuve on en ressort blindé, prêt à tout encaisser, alors accroche toi a ça, persévère, trouve ta place dans la société, continue de faire des rencontres en ne cachant rien de ton passé, tu finira par trouvé quelqu'un qui t'aimera pour ce que tu es.



Anonyme

Bonjour,

Je vais tenter de répondre autant que possible. En tout cas, merci à vous qui avez répondu.

Citation de Djgay #280407

Je pense que je suis d'accord, on y a tous droit, puis c'est vrai que les gens ne sont pas les mieux placés pour juger.

J'ai bien l'impression que les gens ayant un bon fond se font bien rare... Je suis effectivement pas si loin que ça de Paris. Je prends note de tes conseils. Je comprends, de toute façon mon passé est encré en moi quoiqu'il arrive. Merci beaucoup, ça aide.

Citation de Lindos #280408

Je crois que je n'ai pas compris ta première question. Après, j'ai toujours été trop bon (trop con), je pense plus aux autres et à leur bonheur qu'au miens ou quoi. C'est sûr qu'il faudrait que j'évalue plus les situations afin d'éviter pire encore...

D'après mon médecin traitant ce n'est pas que le problème de dos, c'est un tout. Et je n'ai appris aucun métier en particulier. Pour éclairer la situation, j'ai dû arrêter le lycée quand j'ai quitté le domicile familiale, impossible pour moi d'y retourner, j'ai tenter de trouver des métiers, des emplois mais sans expérience, sans diplômes et sans permis de conduire, c'est assez difficile... J'ai même tenter les formations d'orientation qui ne m'ont absolument pas aidé.

Citation de Katarzyna18 #280411

Merci beaucoup pour ton message, ça aide de lire ce genre de choses. J'espère que tu as raison.

(T'en fais pas, j'ai compris xD)

Citation de Iloee #280433

Merci..

En gros, ça doit être à peu près ça. Sur la fin, oui, j'ai tenté de me défendre, de faire avec les seuls moyens à disposition. J'imagine qu'un passé tel que celui-là ne laisse pas indifférent, y'a des "séquelles" qui mènent à des réactions ~

Ma question par rapport à ce paragraphe serait plutôt : comment peux-t-on se remettre de ça ? (Question qui n'a pas besoin de réponse) Je veux dire, 18 ans en gros de maltraitances, on s'en remet pas du jour au lendemain, je pense. Donc oui, je dois sûrement avoir cet enfant qui n'a pas guéri et l'adulte un peu paumé. Sûrement. (Je crois avoir compris où tu voulais en venir.)

Je crois que j'e l'ai souvent entendu ce genre de phrases. Mais pour le moment, ça reste difficile.

Justement, ce poids, je ne peux pas m'en débarassais, je ne fais que vivre avec, je sais même pas si un jour je pourrais m'en débarasser. Je pense être en désaccord avec moi-même là-dessus. J'arrive, malgré ce poids, à construire des choses pour moi et avec les autres (Je ne parle pas forcément de copains ici) mais en relisant ce que tu disais plus haut, est-ce stable et équilibré ? Je ne sais pas.

C'est marrant mais ça je l'ai su que récemment et je suis pas aussi directe quand j'en parle. D'ailleurs, j'évite assez souvent ce sujet-là mais message compris. Pour ramené ça à autre chose, je vais rarement voir les gens pour leur dire "Hey, j'ai été suicidaire et je déprime encore pas mal, on fait connaissance ?"

J'ai dû mal là-dessus. Pourtant j'ai quelques amies qui m'ont souvent dit que j'avais été courageux et fort pour quelqu'un dans une si mauvaise situation. Après, oui, peut-être que c'est vrai, peut-être que j'ai un truc enfoui sous toutes ces couches... J'imagine que tu as raison, on a tous le droit d'être aimé... J'ai pas compris le sens de ta phrase par contre " et de pouvoir en donner les partages en réciproque."

Merci.

Citation de Beeshop #280449

Je te remercie beaucoup de ce message. This means so much for me. J'espère que tu as raison et qu'effectivement, j'en ressortirai plus fort ~J'espère aussi que je pourrais effectivement parler de ce passé sans que ça entrave quoique ce soit.

Encore merci à vous tous, ça aide énormément.


Iloee
Homme de 36 ans
Ailleurs dans les monts du forez

Citation de Anonyme #280488

Bien sûr qu'on ne peut se séparer de "ce poids" du jour au lendemain, c'est un travail sur soi, ce n'est pas d'un coup de baguette magique..mais ce travail comme tout voyage commence par un pas, l'envie de comprendre, l'envie de savoir pourquoi, comment...

et puis de fils en aiguilles, on se permet de se comprendre, de se saisir et de se consoler, de se pardonner, de pardonner aux autres de les comprendre, puis d'avancer parce que la véritable responsabilité revient à celui qui adulte continue de trainer des poids de souffrances.

Ensuite " le sens de ta phrase par contre " et de pouvoir en donner les partages en réciproque."" c'est qu'une fois que tu te connais, et te donnes de l'amour, du respect alors seulement tu peux réellement et profondément partager cela avec les autres, tu es équilibré, et tu recois ce que tu veux donner, donc du respect, et de l'amour ;)

Bon courage à toi



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