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Je n'arrive pas à accepter mon homosexualité

Je n'arrive pas à accepter mon homosexualité

Vega92
Non binaire de 33 ans
Paris
Ce sujet est une demande d'aide, écoute et bienveillance sont de rigueur

Bonjour à tous,

je vais aborder un sujet qui a déjà été publié sur ce site néanmoins chaque cas étant unique j'écris ces lignes pour parler de mon cas. depuis peu de temps je vis de plus en plus mal le fait de ne pas accepter mon orientation homosexuelle. Je suis un jeune parisien d'origine marocaine. Plus jeune j'ai toujours vécu une homosexualité à travers des relations purement sexuelles. Étant musulman et farouchement attaché à l'idée de la famille je me suis marié, j'ai eu un enfant et ai divorcé en raison des tromperies que j'ai causé à mon ex épouse auprès d'hommes. Ce divorce fut extrêmement violent car mon homosexualité à été déclaré au grand jour et surtout j'ai eu énormément de mal à me relever de la séparation avec mon enfant. J'ai mis du temps à me remettre de cette séparation qui en soit anéantissait l'idéal que j'avais créer et dans lequel je ne me sentais pas forcément mal heureux, au contraire. Maintenant, et pour je ne sais quelle raison, j'en suis venu de plus à m'interroger sur moi même et à détester de plus ma sexualité homosexuelle. Je ne me pause pas la question du coming out vu que ma famille est au courant et que chez moi la loi du silence règne et que ma famille s'est montrée extrêmement bien veillante avec moi durant mes dernières épreuves. Ce qui me torture et de ne pas m'accepter moi même et non de ne pas parvenir à l'assumer aux yeux de mes proches. Mes amis homo parlent peu du cheminement de leur acceptation vu que leur problème à toujours été d'être accepter par les autres. Je vis dans un inconfort permanent qui aujourd'hui me fait glisser dans une dépression et me.fzit perdre toute estime et confiance en moi...


Ancien membre
Utilisateur désinscrit

Bonsoir,

Toute histoire est différente, comme tu l'as rappelé, donc comparaison n'est pas raison, mais d'expérience personnelle, détester son orientation sexuelle semble être une voie sans issue. J'ai beaucoup souffert du déni, même si je vivais (sans doute) une situation bien moins difficile que la tienne et que cette situation appartient en grande partie au passé. Mais j'ai appris qu'à ne pas s'accepter, on se fait souffrir encore davantage. Il y avait peut-être un peu de fatalité la première fois que j'ai bien voulu reconnaître que j'étais homosexuel, "Oui je suis comme ça, oui je suis différent des autres, alors que je n'ai rien demandé...", mais quel soulagement de le reconnaître, de ne plus être son propre bourreau, de ne plus se dire qu'on ne supportera pas une telle vie. J'imagine que le temps aide à s'accepter, je te souhaite également de passer par des milieux plus bienveillants, ça aide aussi d'être soutenu, parfois! J'ignore si ce message t'aidera, mais on connaît tous des moments de détresse, et chaque fois que j'en suis témoin, même si je suis un témoin distant et anonyme, ça me fait de la peine...


Vega92
Non binaire de 33 ans
Paris

Bonsoir Gxalior

Merci pour ton message qui m'aide par les mots que tu poses sur ma situation et qui pourront à terme faire bouger les lignes ... Ça peut m'aider car je vois les chose de manière assez négative et bénéficier du regard constructif et objectif des autres ne peut être que bénéfique. Je ne suis pas encore sûre d'avoir l'énergie nécessaire pour mener ce combat avec moi-même mais vos observations ne peuvent que contribuer à mûrir ma réflexion... encore merci ;)


Djgay
Homme de 33 ans
Paris

Bonjour,

A mon sens, qu'on le veuille ou non, l'environnement dans lequel on vit influence le plus profond de la personnalité et donc l'acceptation de la sexualité. Même si ton entourage accepte les choses, il est possible que ton environnement plus périphérique crée une pression au plus profond de toi même sans que tu t'en aperçoives.

Je suis issu d'un endroit où l'intolérance est de rigueur, et le simple fait de le savoir a influencé pendant de très longues années ma vie, ma personnalité et m'a conduit à enterrer ma sexualité,alors même que je savais pertinemment que je n'étais pas en tort.

Même s'il est très difficile de me mettre dans ton exacte situation, d'expérience je pense que tu devrais travailler sur ton environnement général pour mieux accepter qui tu es. Les sorties dans le milieu gay, les rencontres (de qualité) avec la communauté, et un plus grand éloignement avec toutes les personnes qui peuvent avoir une quelconque influence sur toi me semblent être importants. Il y a souvent beaucoup de tri à faire mais c'est utile.

Personnellement je ne parle plus à toutes les personnes que je sais homophobes, je reste éloigné des endroits où j'ai pu souffrir et je fréquente beaucoup les clubs gay. Depuis cela, je me sens beaucoup mieux et en paix avec moi-même.

J'espère que tu parviendras à rendre positif ton environnement car c'est souvent là où on ne s'en rend pas compte que se trouvent les éléments les plus douloureux.

Je te souhaite le meilleur, je sais que c'est difficile mais tu as tout mon soutien le plus sincère.


MayJune
Non binaire de 22 ans
La Roche sur Yon

Bonsoir Vega,

Je viens bien tardivement sur le sujet mais le titre m'a interpellé.e alors je voulais y laisser un petit message.

Je ne peux pas comparer mon coming-out et ce qui en a découlé mais je peux parler de comment s'est passée mon acceptation, qui pour le coup, a été plus difficile que mon C.O par la suite.

Quand j'ai eu un coup de coeur sur une fille pour la première fois pour moi ça a été assez compliqué parce que j'avais peur du regard des autres, qu'on me pointe du doigt ou qu'on me juge. Alors j'ai gardé ça pour moi un moment. J'ai fini par lui avouer un jour mais notre relation a plus ou moins été secrète, ma mère s'en était douté alors je n'ai pas pu le cacher bien longtemps. C'était ça le plus blessant pour moi, c'était d'essayer de rentrer dans cette case qui se devait de plaire aux autres. Le fait d'en parler avec quelques amis et mon père après m'a libéré et m'a permis à me sentir bien mieux parce que je savais que je ne pouvais me contenter d'être simplement avec des hommes.

Évidemment je suis conscient.e que ce n'est pas la même situation, il est tard peut-être que ça ne mène nul part (la fatigue haha) mais je voulais juste dire tout ça parce que ça a été difficile pour moi aussi au début à l'accepter. Je ne sais pas si ça pourra t'aider mais voilà. Et j'espère vraiment de tout mon coeur que tu arriveras à trouver la force pour surmonter tout ça.


Vega92
Non binaire de 33 ans
Paris

Mayjune & Djgay

Je prends conscience de l'environnement dan lequel je vis n'est pas forcément celui le plus propice à mon développement. J'ai fais le choix de vivre dans la même ville que toute ma famille et auprès de tout l'entourage avec lequel j'ai grandi. Je percevait cela comme un grand confort.

Le quitter pourrais être un soulagement mais je m'aperçois qu'une fois de plus mes peurs sont plus fortes que moi. Mon Coming out doit être l'aboutissement de mon cheminement vers l'acceptation et non le départ. Je suis parfaitement conscient de la prison psychologique dans laquelle je me suis enfermé moi même.

J'ai des amis gay avec lesquels je sors beaucoup et j'ai déjà eu des relations avec des mecs vraiments bien. Je ne me cachait pas comme si je vivais des doubles vies totalement opposées avec la volonté profonde de faire en sorte qu'elles ne se confrontent jamais. Je ne vis jamais les choses pleinement car une fois chez moi je suis pris d'un sentiment de culpabilité qui me paralyse. j'ai coupé les ponts avec énormément d'amis car je vis dans l'évitement alors que jamais personne n'a été désobligeant à mon égard. Je pense même qu'ils auraient accepté ma vie. Je ne crains pas leur regard mais plutôt le regard que je porte sur moi même. Je crains de tout regretter et au final tout perdre. Étant déjà perturbé par ma situation je ne souhaite pas conjuger avec autrui. Je conçois que je ne pause pas de problématique claire me concernant mais vos observations m'apportent beaucoup par la profondeur de vos expériences respectives.

Aujourd'hui je suis à un carrefour et il va me falloir choisir une sortie pour cesser de tourner en rond.


Alainkid
Homme de 47 ans
NANTES - SAINT NAZAIRE

Salut Vega,

Tout à déjà été dit, ici tu ne seras pas seul, nous te soutenons !

D'après ce que j'ai pu lire, à partir du moment ou tu rentreras réellement en acceptation tu te sentiras LIBRE SOULAGE. Fais toi aider par quelqu'un à côté de chez toi, des professionnels sont là pour ça, je t'assure !!

Courage ! Tu vas y arriver !


Elkaa
Femme de 38 ans
Rebourguil

7 remerciements

Bonjour Vega92

J'ai l'impression que tu mets sur le compte de ton homosexualité ton divorce et l'éloignement douloureux avec ton enfant qui en a découlé. Tu aurais trompé ton épouse avec des femmes, aurais-tu remis en question ton orientation sexuelle ?

Le probleme n'est pas ton orientation mais de réussir à vivre en accord avec ce que tu es. C'est être infidèle avec soi-même qui mène au fond du gouffre, nous fais prendre des décisions qui se payent un jour ou l'autre. Non ?

Plutôt que d'intellectualiser, peut-être as-tu encore besoin d'évacuer beaucoup d'émotions négatives, de douleurs liées à la séparation. Accueillir sans jugement, la colère, la tristesse, le sentiment d'injustice, la honte, etc... qui te plombent peut-être même sans que tu t'en rendes compte ?

Je te souhaite du courage et de garder confiance en toi, en ta valeur intrinsèque, quelles que soient tes attirances amoureuses, sexuelles.


Timofort
Homme de 45 ans
Brest

Bonjour vega,

tu penses que t'éloigner de ta famille va régler ton problème ? Pourtant, tu dis qu'elle s'est montrée bienveillante à ton sujet.

Est-ce que ta difficile acceptation d'être gay n'a pas été aggravée par la prononciation de ton divorce, sachant que tu as été forcé de tout déballer devant le juge ? N'est-ce pas ce moment pénible qu'il faudrait que tu travailles pour mieux l'assimiler ? De plus, tu dis avoir été séparé de ton enfant, ce qui est un moment extrêment dur qui a pu aussi jouer sur le rejet de toi-même.

Je pense qu'il ne faut pas rejeter ce qu'on est, que tu dois pleinement accepter ta véritable nature, nature que tu ne pourras jamais ignorer. Celà se fera par un travail sur toi-même qui demandera du temps.

En plus de continuer à discuter ici, je te conseille également de participer IRL aux réunions ouvertes de l'association Contact dont les bénévoles sont très bien formés à l'écoute. Tu pourras confronter ton expérience avec d'autres personnes et pourquoi pas trouver un réconfort à être entendu.

Bonne chance et au plaisir de te lire.


Vega92
Non binaire de 33 ans
Paris

Bonjour

Effectivement mon divorce à clairement fait tout basculer. La violence de la situation à été le point de départ de tout mes tourments. Avant cette etape j'arrivai à conjuger tous les aspects de ma vie sans que cela ne me cause le moindre tracas. Je vais assimiler vos messages afin d'entamer une mise au point et tirer des conclusions afin de vivre ma vie de manière apaisée et surtout sans choc ni traumatisme que ce soit pour moi ou pour les miens.

Merci à vous tous !!


Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements

Tout a été dit et je sais pas si je vais t'être d'un grand secours.

Déjà l'urgence serait de savoir si les éléments de déprime que tu exprimes sont des signes de dépression. On ne connait as le timing de ton histoire, mais ton divorce a l'air récent, ton projet de vie s'est écroulé, tu as beaucoup souffert de la séparation avec ta fille, tu te coupes d'amis qui ne voudraient pas de mal, tu identifies un manque d'estime nouveau, tu dis perdre ton énergie, etc.

Cet état est réversible, l'écoute que tu trouves sur ce forum va dans le bon sens, mais une dépression pourrait se révéler coriace et ne serait pas à négliger. En tout état de cause elle serait le cas échéant à identifier et à traiter de façon médicale.

Dans le contexte traditionnel de ta culture familiale, avoir des relations purement sexuelles avec des hommes avant le mariage, et même après, n'était pas nécessairement vu comme de l'homosexualité. Certes la tradition part en vrille, l'homosexualité devient publiquement un enjeux politico-culturo-cultuel et source d'opprobe et de tensions, et puis on est dans le contexte français où on se promet fidélité devant monsieur le maire, et où les enfants sont rattachés à leur mère en cas de soucis. Bref ce qui pouvait fonctionner dans le contexte traditionnel ne fonctionne plus, il faut choisir son orientation et son conjoint, ce qui peut être cornélien on le sent bien au fil des conversations sur les forums (sans doute la raison pour laquelle émerge le polyamour).

Donc de nos jours c'est vrai qu'à un moment il faut se résoudre à se coller une étiquette. Apparemment on te l'a collé d'emblée sans te demander ton avis, ce que tu as du mal a accepter. D'un autre coté cela a le mérite d'être fait, mais écorche ton désir de paternité que tu avais déjà bien engagé.

A ce point une chose est sure, tu as un enfant, que je suppose que tu as reconnu. Autrement dit dans le demi siècle qui vient la solidité de cette relation avec cette enfant qui deviendra une adulte dépendra principalement d'elle et toi, même s'il ne faut pas se cacher que ton ex femme et sa famille peuvent savonner le parcours. Mais cela dépendra tout de même beaucoup de toi, et c'est donc une responsabilité à ne pas négliger puisque tu apparais très sensible aux attachements familaux (ce qui est on ne plus naturel). Avoir un horizon est toujours bon quand on déprime, même si celui-ci peut sembler lointain.

Le point suivant que je voudrais aborder, c'est que lorsqu'on s'engage dans l'univers des gays il vaut mieux tisser autour de soi un réseau affectif gay ou gay-friendly, qui ne soit pas purement sexuel. Dans ton cas il ne se substituerait pas à ton réseau familial dont tu dis qu'il t'a soutenu et a donc prouvé sa solidité, mais peut vivre en parallèle. Il n'y a pas que chez les gays que la maison de la vie puisse avoir des étages qui se construisent les uns au-dessus des autres, sans ascenceur, ou souvent en panne, et avec un escalier que tu serais un des rares à emprunter. Apparemment tu as déjà des potes ou amis gays, et le frein à consolider ces liens ou en creer de nouveaux apparait être ton désespoir.

Tout semble ramener ce point de blocage, une certaine déprime difficile à mesurer précisément sur ce topic parce ce tu es visiblement très pudique, mais techniquement surmontable, sachant que derrière tu as de vraies perspectives pour au moins cinquente ans (si Dieu le veut !)


Soleilmoon
Femme de 49 ans
montpellier

hello

je pense que le fait de ne pas accepter son orientation sexuelle est du fait de la honte due a la religion bien souvent, et c'est cela qui cause bien des tourments, certains le cachent pour ne pas etre rejetés de leur famille, d'autres a qui on a promis l'enfer se resignent et essaient de vivre dans la "norme", certains le cachent pour sauver leur vie, j'avoue que tant que les mentalités n'auront pas évolué, sa ne sera pas facile pour certains....

En tant que maman si ma fille m'annonce qu'elle aime une fille , et bien je l'accepterai, en lui disant que c'est les sentiments qui nous guident et si elles s'aiment et bien je n'y verrai pas d'inconvenient bien sur...

Je n'ai jamais rejeté ou juger quelqu'un parcequ'il ou elle est homo, pour moi la bêtise et l'intolerance ne sont ni une question d'origine ni de religions.....

une petite chanson pour illustrer Mecano "une femme avec une femme" je ne comprenais les paroles de la chanson quand elle est sortie et apres je l'ai trouvé super émouvante....https://www.youtube.com/watch?v=BqmrPG75Tm4



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