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Lutter contre ses propres préjugés et réflexes

Lutter contre ses propres préjugés et réflexes

Pinson
Femme de 34 ans
Bruxelles
Ce sujet est un débat, échangez et partagez dans la bonne humeur

Comme beaucoup de gens, j’ai grandi dans une famille hétéro-normée.

On y trouvait une vision assez simple de la vie de couple : un homme, une femme, chacun dans un rôle relativement prédéfini. Ainsi, on observait madame aux fourneaux, monsieur dans le canapé… Parfois monsieur aux fourneaux, mais madame à la vaisselle. Madame s’occupait des enfants, monsieur était présent et participait, mais nettement moins activement. Monsieur tripotait madame, exposait des images de belles femmes, madame laissait faire sans que cela semble la gêner. Madame faisait le ménage, monsieur les courses. Monsieur avait la télécommande, madame rouspétait parfois sur le programme ou le zapping intensif.
Bref, tout ce qu’il y a de plus « classique ». Le partage des tâches homme-femme n’était pas très équitable, mais il y avait entre eux du respect, de l’amour, et bref, c’était ce que j’appellerais le « couple traditionnel ».

Il y régnait une certaine « homophobie de base »… Rien de grave… Des petites remarques nauséabondes, parfois quelques piques par-ci par-là. Principalement contre les couples homme-homme, d’ailleurs. Des stéréotypes étaient véhiculés, l’accent mis sur l’anormalité de ces couples gays. Sans grande virulence, sans méchanceté, sans grande ouverture non plus, cela dit. Des choses qu’un enfant entend et qui, petit à petit, s’impriment comme vérités… Au point qu’il ne reconnaisse comme seule vision acceptable et possible de sa propre sexualité que celle acquise au fil des ans… jusqu’au jour où… Au point aussi qu’il se retrouve, malgré lui, porteur de ces messages négatifs.

Tout cela m’a « hétéro-formatée ».

Il me faut aujourd’hui lutter contre…
- cette logique incrustée en moi comme quoi « le couple hétéro c’est la norme » (aaaah, le sacro-saint couple hétéro, but ultime de la vie de tout un chacun, du moins des gens dits « normaux »…),
- ces réflexes hétéro-normés qui sont installés profondément, jusque dans mes pensées (exemple : ce retour régulier de la vision de moi dans les bras d’un homme, alors que j’ai (enfin) bien compris que mes attirances me poussent ailleurs),
- ces préjugés contraires à mes valeurs, mais qui sortent sans que j’aie le temps de ravaler mes paroles (exemple : cette aptitude néfaste à constater à voix haute, alors que je suis réellement convaincue de l’inutilité de cette remarque, de son absurdité et de son aspect irrespectueux de la liberté individuelle, qu’Untel est « pédé comme un phoque » ou « très « efféminé »),
- ces idées préconçues qui sont miennes et qu’il me faut casser (tous ces stéréotypes que je sais globalement faux sur les gays, lesbiennes, leurs « aspects physiques » ou leurs « façons de vivre »...).

Je dois admettre que je porte en moi ces années de formatage. Ce rejet de ce qui est hors-norme-hétéro. Ces remarques puantes. Je ne partage pas le moins du monde toutes ces idées, mais elles sortent par ma bouche, elles s’insinuent dans mes pensées. C’est dingue, non ?

Briser ce formatage, c’est une lutte de tous les instants… !

Et donc merci BeTo d’exister, parce que ça m’aide, lentement mais surement, à contrer tout ça… Plus je fais entrer dans « ma norme » des choses qui, jusque là, n’en faisaient pas partie, moins il y aura de place pour ces éléments que je veux bannir…

(Alors ? Rassurez-moi... Je ne suis pas la seule à devoir combattre mes préjugés et réflexes ?)

CaptainTevi
Femme de 49 ans
Villejuif
Bonjour Pinson,
Non, tu n'es pas seule à vivre ce genre de lutte intérieure.
Issue d'une famille raciste et homophobe, je dois toujours, (à 48 ans !) lutter contre ce genre de chose.
Beurk beurk beurk.
Depuis quelques temps, j'ai compris que lutter ne sert à rien, car ça revient toujours. Ce que j'essaie de faire, c'est laisser venir les idées puis les analyser pour essayer de les déconstruire. Du coup, ces idées-là viennent toujours, mais au lieu de me faire culpabiliser, j'arrive mieux à les faire taire en douceur.
Je ne sais pas si c'est très clair, tout ça.

Pinson
Femme de 34 ans
Bruxelles
Si, c'est très clair, rassure-toi :) ! Merci... !

(Et je n'ai pas abordé ici l'aspect "racisme", mais là aussi, il y a de la lutte... et peut-être encore davantage qu'avec l'homophobie !)

Ancien membre
Utilisateur désinscrit
C'est drôle, tu lances un sujet sur les préjugés et tu nous sors un gros cliché. Si ça t'intéresse, chez moi c'était l'inverse : père cuisto et maniaque et mère bordélique. Par contre, de temps en temps elle se mettait en tête de faire "un plat", et là, toute la maison était retournée parce que "maman fait un [truc super sophistiqué]", et on avait intérêt à aimer ça et à ne taire aucun compliment ;)

L'idée d'avoir une norme personnelle qui s'élargit me met mal à l'aise : tu ne peux pas tout accepter dans ta norme (si non c'est plus une norme), donc forcément, si tu te réfères à ta norme pour juger, tu excluras toujours une partie de la population. La tolérance, c'est accepter des choses qui ne sont pas dans notre norme. C'est différent d'étendre sa norme : on comprend que ça a par définition une dimension plus immédiate, absolue et universelle, et puis ça t'évite de te renier pour intégrer des choses qui ne te ressemblent pas.

Par exemple, ça me choque que tu rejettes ce désir d'être dans les bras d'un homme sous prétexte que tu es attirée par les femmes. L'un n'empêche pas l'autre et ça ne te rend pas moins lesbienne. Je sais pas, le prochain coup que tu le verras, tu pourras demander à ton papa un gros câlin et ça te fera peut-être du bien ^^

J'ai remarqué ça avec le féminisme aussi : certaines voient le mal partout et vont faire un caca nerveux, par exemple, quand je leur tiens simplement la porte. Je tiens aussi la porte à mes potes, c'est juste de la politesse de ne pas leur envoyer dans la gueule, mais parce qu'elles associent ce geste à de la galanterie et que la galanterie est un héritage du patriarcat, je m'en prends plein la gueule.

Quand te bourres le crâne avec des idées sociologiques, tu vas avoir tendance à ignorer la dimensions personnelle et intime des gens, or on n'est pas des statistiques, si non on mesurerait tous 1m70. D'ailleurs, si tu créais une chimère dont toutes les caractéristiques physiques et comportementales correspondaient à la moyenne des français, celle-ci ne correspondrait en toute probabilité à personne !

Pour ne pas préjuger, ça aide de se dire que la personne en face est un individu, pas le représentant d'un groupe quelconque.

Pinson
Femme de 34 ans
Bruxelles
"C'est drôle, tu lances un sujet sur les préjugés et tu nous sors un gros cliché."

Hmm... C'est pas faux... Mais disons que le cliché familial que je décris est un modèle largement répandu dans les années... euuuuh... bref, tu m'as comprise, je suppose.

"L'idée d'avoir une norme personnelle qui s'élargit me met mal à l'aise. (...) La tolérance, c'est accepter des choses qui ne sont pas dans notre norme."

Effectivement. Bien vu. Je prends bonne note ;-) !

"Ça me choque que tu rejettes ce désir d'être dans les bras d'un homme sous prétexte que tu es attirée par les femmes."

Ah non, mais là, c'est juste que je n'ai pas été dans les détails ! Si je dis les choses de façon plus complète, ça donne ceci :
Par habitude, il m'arrive, par exemple lorsqu'être attirée par les filles me semble galère, de m'imaginer en couple avec un gars, coucher avec lui, etc. Ça, je connais, c'est facile. Mais au fond, c'est contraire à mes désirs, et donc "me voir dans les bras d'un homme", ça n'a plus de sens, c'est juste une habitude, un réflexe, que je dois chasser. C'est parce que je suis hétéro-normée que cette image me revient régulièrement...
Bref, faut voir "être dans les bras d'un homme" autrement qu'au sens propre. Bien sûr, un câlin, ça n'engage à rien, ça peut faire du bien, mais là n'est pas le propos, c'est l'aspect "vie de couple" que je voulais mettre en évidence ici, le fait que dans ma tête, je dois être en couple avec un homme, et que j'ai beau me dire qu'en fait, ça n'arrivera plus, mon cerveau continue à m'envoyer l'indication que, pourtant, c'est ce qui est "normal".

Ancien membre
Utilisateur désinscrit
Tu es mieux placée que moi pour dire ce qui te plaît et ce qu'il te faut, mais je pense que tu fais peut-être une erreur en interprétant ça comme une intégration des normes hétéro.

Le conditionnement, c'est inconscient, donc tu ne peux pas être consciente d'être conditionnée. Quand on dit prendre conscience d'un conditionnement, souvent, c'est que le conditionnement nous a été suggéré et que l'on a accepté cette réponse (qui a le bon goût d'être logique, à défaut d'être vraie). C'est le rapport que j'ai voulu faire avec le féminisme qui attribue la mauvaise cause à certains comportements. Je pourrais aussi le faire avec la psychanalyse, qui peut aller jusqu'à induire de faux souvenirs.

Je comprends que c'est confortable pour toi, car plus facile, de sortir avec un homme hétéro, et je comprends aussi que c'est pas ce qui te fait vibrer, mais cette attitude ou ce demi-fantasme, tu peux l'attribuer aussi bien à une sorte de flemme de chercher un partenaire et à un refus d'être seule. Et peut-être que cette idée ne te plaît pas, car après tout, ça ne se fait pas qu'à ton détriment : ton mec du moment va en souffrir fatalement. Et puis tu peux aussi refuser l'idée que tu ne supportes pas d'être seule (dictat de la vie en couple versus le célibat, qui est une pression plus forte pour les femmes, et que tu rejetterais comme tu rejettes la norme hétéro). Ça, ce serait une bonne raison d'expliquer une attribution causale extérieure à toi : donc ton environnement, et la norme hétéro est un bon bouc émissaire.

Note que je ne dis pas que c'est ce qui se passe dans ta tête. J'en sais foutre rien, mais c'est une explication possible. L'intérêt de prendre conscience de ça, si ça s'avérait être exact, serait de ne pas t'enchaîner à un biais de jugement dans le but de te libérer d'une influence de la société, parce que ça n'arrangerait rien (en tout cas, si tu aspires à la liberté et à la connaissance de toi).

-
j'ai réédité le message plusieurs fois pour plus de clarté

LittlePink1
Femme de 31 ans
MONTPELLIER

1 remerciement
Intéressant comme sujet ....
Car moi étant bi, parfois je me surprend à penser (parfois en pleine action avec une femme) "mais c'est pas normal" .. alors que je suis la première à penser que y'a pas de "normalité" mais j'ai toujours une petite pensée comme cela .. ça me destabilise parfois ..

Et j'apprend à mon fils qu'il y a différent forme de couple, que y'a pas de "normes" même si on vois davantage de couples hétéros partout, à la télé, dans la rue etc..

Ancien membre
Utilisateur désinscrit
Pour ne pas créer de dissonance entre ce que tu dis à ton fils, ou à toi-même, et ce que tu ressens (parce que tu la sens peser sur toi la pression de la société), je pense que c'est plus facile et plus sain d'admettre qu'il y a une norme, mais de sensibiliser au fait que la normalité ce n'est pas une valeur, mais un chiffre : c'est le nombre de gens qui adoptent une pratique par rapport à une population.

- Ce que tu fais avec une fille, si tu considères uniquement la population de BeTolerant, c'est carrément la norme.
- À l'inverse, ta façon de t'habiller, si tu considères l'ensemble des animaux sur Terre, c'est carrément pas normal du tout ! Et vivre en couple aussi d'ailleurs. Qui a décidé qu'il fallait vivre en couple et s'habiller ? Certainement pas les renards et les coccinelles !

Les êtres humains sont une minorité sur Terre mais ils ont décidé de s'habiller, de former des couples, de faire cuir leurs aliments. Ils ne sont pas normaux du tout. Du coup, par rapport à l'ensemble des animaux, le fait d'être en couple avec une fille ou bien un garçon, est-ce que ça fait une grande différence ?

Élargissons encore plus : la majorité des trucs dans l'univers, c'est pas vivant, ça bouge pas. On n'est pas normaux quand même de bouger, d'avoir une vie, des sentiments... Qu'est-ce que ça change dans le fond si 0,000000000001% de la matière dans l'univers couche avec une fille ou un garçon ? :p Dieu, ça lui en touche une sans faire bouger l'autre...


Aussi, c'est bien de se rappeler que ce qui est normal n'est pas obligatoirement ce qui est vrai ou bien ou juste.

Un exemple amusant c'est cette façon alternative de lasser ses chaussures

https://www.youtube.com/watch?v=XPIgR89jv3Q

Cette méthode n'est clairement pas pratiquée par la plupart des gens. Elle n'est pas normale du tout, et pourtant, objectivement, elle est meilleure : tu fais exactement le même noeud, plus vite, et ça demande pas plus de dextérité. C'est mieux, mais c'est anormal ! Tiens donc... Et si être avec qui on veut ça peut être mieux pour nous même si c'est anormal ? Hummm...


Et encore, c'est bien de se rappeler que la majorité bouge et qu'elle n'a pas toujours raison.

À une époque, la majorité des gens pensait que le Soleil tournait autour de la Terre. C'était normal de le penser, et quelqu'un qui aurait soutenu le contraire aurait été rabroué. On lui aurait dit "mais dis-donc le simplet, tu le vois pas se lever tout les matins et se coucher tous les soirs le soleil ? Eh Michelle ! Tu l'as entendu ? Il dit qu'on tourne autour du Soleil l'autre ! Ahaha ! Le con !". Aujourd'hui si quelqu'un soutient en société que le Soleil tourne autour de la Terre, il va passer un mauvais moment...


Moi je trouve ça bien de ne pas renier la normalité mais d'essayer de la décortiquer et de la comprendre.

Pinson
Femme de 34 ans
Bruxelles
@ LittlePink

Je comprends que ça te déstabilise ! Comment tu gères, surtout "en pleine action" ?!


@ Lampadaire

Loin de moi l’idée de faire ici un débat sur ma propre orientation, mes éventuels doutes, etc. Si tu veux, je peux répondre à tes remarques en MP, mais ici, ce n’était pas le but !

Quant au conditionnement, si si, tu peux t’en rendre compte, au moment où ce que tu as toujours cru et admis ne correspond plus à ce que tu es et acceptes… Et où tu constates que, pourtant, ces choses sont en toi d’une façon si forte que tu ne parviens pas à t’en détacher totalement. Là, tu peux en prendre conscience. Et tenter de te déconditionner, petit à petit…

Ce « débat » porte plutôt la difficulté de faire s’accorder :
- ce que je (me) dis, par réflexe et habitude, conditionnement et formatage, reflet de la norme sociétale, …
- et ce que je « veux » penser véritablement, par réflexion, ouverture d’esprit, adéquation avec ce que je suis et mes valeurs, …

Et du coup, sur les stratégies que l’on peut mettre en place pour y parvenir…

(Cela dit, j’aime bien tes dernières remarques sur la normalité, etc., c’est intéressant, même si c’est un autre débat, selon moi !)

Ancien membre
Utilisateur désinscrit
J'espère ne pas paraître grossier, mais l’orientation des gens ne m'intéresse pas :p

Je critique beaucoup le fait de blâmer un formatage social, parce que ça nous décharge de notre responsabilité personnelle vis-à-vis de nos préjugés.

Même si c'était vrai qu'ils sont le fruit d'un conditionnement inconscient (ce qu'il me semble impossible à établir pour les raisons évoquées, et ce que tu me dis ne me convainc pas, mais je ne vais pas développer ici), le mécanisme qui nous a fait gober ces conneries, c'est notre propre faiblesse mentale, Le mécanisme qui engendre l’homophobie est le même que celui qui engendre la croyance dans la théorie du complot ou dans les ovnis. Et se protéger de ces biais, apprendre à les reconnaître, c'est la meilleure des défenses. Il n'est pas utile d'avoir un remède dédié à l'homosexualité pour combattre l'homophobie. Le remède aux préjugés c'est une bonne hygiène mentale.

LittlePink1
Femme de 31 ans
MONTPELLIER

1 remerciement
Pinson : Je gère, c'est juste une pensée qui va et qui viens de temps en temps .. puis je me dis "arrête de penser et vis ton attirance et ton désir !"

Oaime
Homme de 47 ans
Lyon

3 remerciements
Nous sommes né.e.s, avons grandi, été éduqué.e.s, vivons dans un contexte culturel avec effectivement un certain nombre de modèles "normés" dominants dans tous les domaines du comportement humain. Et nous sommes les fruits de ce bain culturel, familial, communautaire, politique, cultuel, scolaire,...
A partir du moment où nous reconnaissons certains de ces modèles comme sclérosant et excluant à titre individuel comme collectif, nous devons nous construire les nôtres avec à la fois une notion d'ouverture et de tolérance.
Spontanément, nous sommes la plupart à nous dire, nous penser, nous revendiquer sincèrement non-raciste, non-misogyne, non sexiste, non-homophobe, etc... Et pourtant, nous ne sommes pas à l'abri de comportements, pensées, paroles racistes, sexistes, misogynes, etc... comme le décrit très bien Pinson.
Et il nous faut effectivement en prendre conscience, les déconstruire, les regarder sous toutes leurs coutures afin d'en comprendre les ressorts profondément inscrit dans notre inconscient à la fois collectif et personnel.
C'est le travail d'une vie, la voie de la sagesse, ni plus ni moins...

Ancien membre
Utilisateur désinscrit
Tiens, il y a une vidéo que j'avais beaucoup apprécié sur le sujet (du moins sur une facette du sujet)

https://www.youtube.com/watch?v=OlgI2R8EHK0

Bon après, un travail d'une vie, etc. je ne veux pas débattre de ça, mais je ne trouve pas très difficile de se dire qu'on n'accepte plus dorénavant que de juger sur pièce, sans surinterpréter et sans inférer des choses. Inspirons-nous de la démarche scientifique. Elle est le chemin qui nous rapproche le plus de la vérité et nous éloigne le plus de nos erreurs de jugement.

Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements
"Il me faut aujourd’hui lutter contre…
- cette logique incrustée en moi comme quoi « le couple hétéro c’est la norme » (aaaah, le sacro-saint couple hétéro, but ultime de la vie de tout un chacun, du moins des gens dits « normaux »…),"

Ca c'est facile, suffit d'avoir une pensée horizontale plutôt que verticale : considérer que la terre est plate et que toutes les cultures présentes et passées sont possibles.

"ces réflexes hétéro-normés qui sont installés profondément, jusque dans mes pensées (exemple : ce retour régulier de la vision de moi dans les bras d’un homme, alors que j’ai (enfin) bien compris que mes attirances me poussent ailleurs)"

Il ne faut s'interdire aucune pensée, y compris celle d'être dans les bras d'un homme (je suis gay et sais de quoi je parle mdr).

"ces préjugés contraires à mes valeurs, mais qui sortent sans que j’aie le temps de ravaler mes paroles (exemple : cette aptitude néfaste à constater à voix haute, alors que je suis réellement convaincue de l’inutilité de cette remarque, de son absurdité et de son aspect irrespectueux de la liberté individuelle, qu’Untel est « pédé comme un phoque » ou « très « efféminé »)"

A mon sens il faut se garder de tout excès dans un sens comme son contraire. Par exemple dans le monde extrême oriental, avec un point d'orgue au Japon, il est impoli d'exprimer à voix haute une pensée négative. Résultat les pensées négatives s'accumulent à l'intérieur comme les selles lors d'une occlusion intestinale, et c'est risqué.

"ces idées préconçues qui sont miennes et qu’il me faut casser (tous ces stéréotypes que je sais globalement faux sur les gays, lesbiennes, leurs « aspects physiques » ou leurs « façons de vivre »...)"

Les stéréotypes sont souvent des déformations et amplifications, mais il y a rarement fumée sans feu. Pour moins de fumée ou plutôt de vapeurs suffit de verser moins d'eau sur le feu.



Ancien membre
Utilisateur désinscrit
Très intéressantes question Pinson même si pour ma part ces réflexes ne sont pas (et n'ont jamais vraiment été "ma" norme). Merci Lindos et Lampadaire de vos Lumières. Il y a en effet un risque d'anti-norme aux normes comme le refus de la gentillesse au nom du refus du sexisme. Magic Jack est un type anormal physiquement et pourtant très rationnel !


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